
Le lavage broncho alvéolaire (LBA) est considéré comme la pierre angulaire de l’enquête étiologique, notamment microbiologique, de la prise en charge des pneumonies de l’immunodéprimé. Plusieurs études ont montré que le rendement diagnostique du LBA était variable selon le type d’immunodépression, impactant de fait les résultats et faisant réfléchir au positionnement de ce LBA 1,2. Le pneumologue doit donc avoir une place centrale dans la réflexion et pas uniquement être un technicien réalisant le geste.
Le poster présenté par une équipe américaine de la Mayo Clinic Florida a rapporté une étude rétrospective monocentrique incluant des patients immunodéprimés ayant bénéficié d’un LBA pour anomalies scannographiques (aucune donnée sur ces anomalies) entre 2022 et 2024 avec un objectif principal sur le rendement diagnostique comparativement aux patients non immunodéprimés et un objectif secondaire sur l’évaluation de l’impact thérapeutique selon le sous-groupe d’immunodépression.
Parmi 447 patients, on compte 367 immunodéprimés. Le rendement diagnostique (microbiologique) du LBA de la population globale était de 46%, sans aucune différence entre la population d’immunodéprimés (45%) et de non immunodéprimés (46%). L’impact du LBA amenant une modification thérapeutique était très variable selon les sous-groupes d’immunodépression : 19% si hémopathie maligne, 26% si allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (ACSH), 32% si transplantés d’organe solide, 70% des patients sous traitements immunosuppresseurs (connectivites, vascularites…), ces derniers avaient un rendement diagnostique significativement supérieur aux autres sous-groupes d’immunodéprimés (p=0,02).
Même si nous n’avons pas le détail chiffré de la composition du groupe immunodéprimés, cette étude confirme les données déjà connues de l’hétérogénéité des performances du LBA selon le sous-type d’immunodépression. L’étude publiée dans Lung en 2018 retrouvait un rendement diagnostique du LBA à 31% si hémopathie maligne, 26% si ACSH et 43% si corticothérapie au long court(1).
Cette étude renforce l’absolue nécessité pour le pneumologue d’être un acteur central de la discussion dans l’enquête diagnostique des patient immunodéprimés.
Frédéric Rivière, service de Pneumologie, oncologie thoracique et soins intensifs respiratoires, CHU Caen-Normandie, avenue Côte de Nacre, 14000 Caen
D’après la communication orale de : J. Call. Pulmonary fungal infections: modern challenges from medicine’s most enduring legends. Poster 914. Session C27.



