Depuis 2016, de nombreuses études se sont intéressées aux trithérapies dans la BPCO. Parmi elles, l’étude randomisée ETHOS 1, publiée en 2020, s’intéressait au taux d’exacerbation annuelle modérée à sévère chez des patients BPCO avec un tabagisme estimé à plus de 10 PA, un VEMS compris entre 25 et 65% et au moins une exacerbation l’année passée. Elle a montré une réduction significative du taux d’exacerbations de BPCO modérée à sévère chez les patients traités par triple thérapie LABA/LAMA/ICS (aux 2 posologies de corticothérapie testées) versus LABA/LAMA et LABA/ICS.

Depuis, plusieurs études post hoc ont été réalisées, analysant par exemple la mortalité toute cause ou l’amélioration fonctionnelle respiratoire. Deux études supplémentaires ont été présentées cette année. La première étudiait le bénéfice de la trithérapie chez les patients fumeurs actifs (n=3495) et anciens fumeurs (n=5014). En effet, le tabagisme est un facteur de risque d’exacerbation et de mauvaise réponse à la corticothérapie inhalée.2 Les résultats présentés ici mettent en évidence une réduction du taux d’exacerbation quel que soit le statut tabagique du patient avec la trithérapie LABA/LAMA/ICS (320 µg) versus LABA/LAMA (RR 0,76 ; IC95% [0,66-0,89] pour les fumeurs actifs ; RR 0,76 ; IC95% [0,67-0,85] pour les anciens fumeurs) et LABA/ICS (RR 0,84 ; IC95% [0,72-0,97] pour les fumeurs actifs et RR 0,89 ; IC95% [0,79-1,01] pour les anciens fumeurs). Concernant l’étude en sous-groupe des patients éosinophiliques, le bénéfice de la trithérapie augmente avec l’éosinophilie sanguine, que le patient soit fumeur actif ou non.

La seconde étude s’intéressait à la consommation de bronchodilatateurs de courte durée d’action (SABA) à proximité des périodes d’exacerbation. Elle a inclus 5609 patients. La première prise de corticothérapie orale, d’antibiothérapie ou la date d’hospitalisation était considérée comme étant le début de l’exacerbation. La consommation de SABA augmentait graduellement de J-30 (3,5 à 3,9 bouffées/j selon les groupes de traitement) à J7 (3,9 à 4,4 bouffées/j) avec une augmentation plus marquée les 7 jours précédents l’exacerbation (5 à 5,5 bouffées/j). Elle diminuait ensuite progressivement pendant les 30 jours suivants. A noter que l’étude n’était pas faite pour comparer l’impact des différents traitements de fond sur la consommation de SABA. Cependant, elle pourrait être un marqueur permettant un repérage et une prise en charge précoce des exacerbations.

Marina Guecamburu, Service des Maladies Respiratoires, CHU Bordeaux, Bordeaux Service des Maladies Respiratoires, CHU Bordeaux,Bordeaux France


P646 – A post-hoc analysis of the effect of smoking status on COPD exacerbation reductions with budesonide/glycopyrrolate/formoterol fumarate in patients with COPD in the ETHOS study. M. Bafadhel, M. K. Han, D. Singh, M. Jenkins, P. Dorinsky, M. Patel

P647 – Rescue medication use before, during, and after an exacerbation of chronic obstructive pulmonary disease: Post-hoc analysis of the ETHOS study. J. Hurst, G. T. Ferguson, K. F. Rabe, P. Darken, M. Patel, P. Dorinsky

  1. Rabe KF, Martinez FJ, Ferguson GT, Wang C, Singh D, Wedzicha JA, et al. Triple inhaled therapy at two glucocorticoid doses in moderate-to-very-severe COPD. N Engl J Med. 2020;383(1):35‑48
  2. Sonnex K, Alleemudder H, Knaggs R. Impact of smoking status on the efficacy of inhaled corticosteroids in chronic obstructive pulmonary disease: A systematic review. BMJ Open. 2020;10(4):e037509
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