



Grégory Reychler, Service de kinésithérapie et de pneumologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCLouvain, Bruxelles
Cet exposé a traité de la communication avec les patients atteints de BPCO avancée et sur l’intégration précoce des soins palliatifs dans leur prise en charge.
La BPCO est une maladie à l’évolution imprévisible, associée à une forte charge symptomatique, à une diminution de la qualité de vie et à des difficultés physiques, psychologiques, sociales et existentielles. Les proches aidants sont également fortement impactés par cette maladie.
De nombreux patients présentent un faible niveau de littératie en santé, ce qui limite leur compréhension de la maladie, de son évolution et des possibilités de soins. Les discussions relatives au pronostic, aux limites thérapeutiques et à l’anticipation des soins sont souvent initiées trop tardivement, alors qu’elles devraient commencer dès le diagnostic.
Plusieurs obstacles à la communication sont identifiés. Du côté des patients, on retrouve le déni de la gravité de la maladie, la méconnaissance des soins palliatifs, l’anxiété face à la mort et parfois une réticence à aborder ces sujets. Du côté des professionnels, les principaux freins sont le manque de temps, la difficulté à choisir le bon moment pour discuter de ces questions et l’idée persistante que les soins palliatifs ne concernent que la fin de vie.
Pour améliorer les échanges, il est utile de mieux connaître les valeurs, les attentes et l’environnement social du patient. Plusieurs méthodes de communication sont disponibles, notamment l’approche « Ask-Tell-Ask » (demander, expliquer, vérifier la compréhension) et la méthode du « teach-back », qui consiste à demander au patient de reformuler les informations essentielles afin de s’assurer qu’elles ont été comprises.
Les quatre dimensions des besoins palliatifs doivent être considérées : physique, psychologique, sociale et spirituelle, au moyen de questions ouvertes et adaptées à chaque situation. Des outils de communication spécifiques peuvent aider les soignants à identifier précocement les besoins des patients et à engager des discussions sensibles.
En conclusion, il n’est jamais trop tôt pour parler des soins futurs. La communication doit être adaptée au niveau de compréhension du patient et de ses proches, et la formation régulière des professionnels est essentielle pour améliorer la qualité de ces échanges.
D’après l’exposé de Els Verschuur.


