



Grégory Reychler, Service de kinésithérapie et de pneumologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCLouvain, Bruxelles
Cet exposé a traité de l’impact croissant des inondations sur la santé respiratoire dans le contexte du changement climatique.
Trois principaux types d’inondations doivent être distingués : les pluies intenses, les débordements de rivières et les submersions côtières. Le réchauffement climatique favorise des précipitations plus abondantes, l’élévation du niveau des mers et des tempêtes plus intenses, augmentant ainsi la fréquence et la gravité des inondations.
Plusieurs événements sont survenus récemment en Europe, notamment les inondations de la vallée de l’Ahr en 2021, les inondations liées à la tempête Boris en 2024 et celles de Valence en 2024. Le rôle des activités humaines est non négligeable, comme l’urbanisation des zones inondables, qui aggravent les risques.
Les conséquences respiratoires sont immédiates pour les personnes dépendantes de dispositifs médicaux électriques ou de traitements nécessitant une continuité des soins. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les regroupements dans des centres d’hébergement favorisent également les infections respiratoires et les exacerbations de maladies chroniques telles que l’asthme ou la BPCO.
À plus long terme, le principal danger provient du développement rapide de moisissures dans les habitations inondées. Ces moisissures sont associées à une augmentation du risque d’asthme, particulièrement chez les enfants, ainsi qu’à une aggravation des symptômes respiratoires. Plusieurs études montrent une fréquence accrue de sifflements respiratoires et de troubles pulmonaires chez les habitants et les travailleurs intervenant dans les logements sinistrés.
Près d’un logement sur cinq présente déjà des problèmes d’humidité ou de moisissures dans certaines études européennes. Le cas d’Awaab Ishak, un enfant décédé au Royaume-Uni à la suite d’une exposition à des moisissures domestiques a marqué un tournant et a conduit à un renforcement de la législation imposant aux bailleurs de traiter rapidement ces situations.
La conclusion est qu’il est important d’agir à la fois contre le changement climatique et contre les mauvaises conditions de logement afin de limiter les conséquences respiratoires futures.
D’après l’exposé de Erol Gaillard.


