



Vanessa Bironneau, Service de Pneumologie, CHU de Poitiers
Environ 5 % de la population mondiale est concernée par l’association asthme et SAHOS. Cette coexistence est d’autant plus forte dans les formes sévères d’asthme.
L’obésité quant à elle est associée à un risque accru d’apnée du sommeil mais également au phénotype d’asthme tardif. Ces 3 pathologies étant très fréquemment associées, il est nécessaire de mettre en place un dépistage précoce.
Physiopathologie
Plusieurs facteurs liés à l’asthme peuvent augmenter la susceptibilité au SAHOS : l’inflammation des voies aériennes supérieures, l’obstruction nasale, l’obésité, le reflux gastro-œsophagien, l’exposition aux corticoïdes, et l’inflammation persistante.
L’asthme présente aussi une variabilité circadienne avec la baisse du calibre bronchique en fin de nuit ou tôt le matin, l’augmentation du tonus vagal nocturne, la diminution du cortisol matinal et la majoration de l’hyperréactivité et des symptômes au réveil.
Le SAOS peut à son tour aggraver l’asthme via l’inflammation plus marquée, l’orientation possible vers un phénotype neutrophilique, le risque accru d’exacerbations et une réponse potentiellement réduite aux corticoïdes.
De plus, l’obésité peut s’inviter dans ce binôme. Il existe des mécanismes partagés entre obésité et apnées, incluant la résistance à l’insuline, l’inflammation, le stress oxydatif, l’hypoxie intermittente, et l’augmentation du risque cardiovasculaire. Les données expérimentales et cliniques suggèrent que l’hypoxie intermittente chronique peut augmenter l’activité inflammatoire pulmonaire, favoriser l’activation de la voie NLRP3 et orienter la réponse immunitaire vers un profil plus pro-inflammatoire, notamment via les macrophages de type M1.
Chez les patients asthmatiques, il faut suspecter un trouble du sommeil lorsque les symptômes nocturnes persistent malgré l’optimisation du traitement de l’asthme. Il faut également l’envisager lorsqu’apparaissent une toux nocturne, des réveils, des difficultés d’endormissement, une somnolence diurne ou une fatigue. La présence de symptômes disproportionnés par rapport au contrôle de l’asthme doit également alerter le praticien.
Prise en charge
Le patient présentant les 3 pathologies associées doit être pris en charge dans sa globalité. Si seul l’asthme est pris en charge, l’effet est limité voire nul sur le SAHOS et inexistant sur l’obésité
A l’inverse, si l’on associe le traitement du SAHOS, cela va améliorer le contrôle de l’asthme, peut réduire les exacerbations et améliore le bien-être global du patient. Ceci justifie de rechercher activement une apnée du sommeil chez tout patient asthmatique obèse. La prise en charge de l’obésité va également améliorer la sévérité du SAHOS et améliorer aussi l’asthme. La chirurgie bariatrique a notamment déjà montré des effets favorables. En revanche, les nouvelles molécules anti-obésité, comme les agonistes du récepteur GLP-1, n’ont pas encore suffisamment de données dans l’asthme.
Conclusion
Les patients présentant un asthme associé à une obésité et un SAHOS, doivent être pris en charge précocement sur les trois plans. L’objectif est d’améliorer rapidement le confort, les symptômes et la qualité de vie, tout en réduisant l’inflammation et le risque de cercle vicieux entre ces maladies, pour une amélioration durable de l’état clinique du patient.
D’après la session : Hot topics: Advanced telemedicine for obstructive sleep apnoea
Application of telemedicine for diagnostic purposes in obstructive sleep apnoea. Marie Bruyneel (Brussels, Belgium)
ERS statement on advanced telemedicine in obstructive sleep apnoea. Johan Verbraecken (Edegem (Antwerp), Belgium)


