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Caractéristiques de l’asthme non-T2 : les résultats de la cohorte RAMSES

L’asthme non-T2 présente des mécanismes inflammatoires moins bien compris avec l’absence de biomarqueurs spécifiques et moins de progrès thérapeutiques que dans l’asthme non-T2 La prévalence de l’asthme non-T2 est estimée entre 25 % et 50 %, mais cette estimation reste incertaine.

Caractéristiques des patients non-T2 dans la cohorte RAMSES

Sur un total de 2 046 patients, seuls 162 (8 %) étaient bionaïfs à l’inclusion et durant le suivi, dont 44 (2 %) répondaient aux critères d’inclusion stricts d’asthme non-T2 sur l’ensemble du suivi (éosinophiles <150/μL et FeNO <20 ppb). Ces patients étaient majoritairement des femmes (72 %), d’un âge moyen de 53 ans, et avaient un IMC médian de 27 kg/m2 (20 % présentant un IMC >30%). Parmi eux, 4,5 % étaient des fumeurs actifs. Ils avaient moins de comorbidités ORL (polypes nasaux 13 %), une prévalence du reflux gastro-œsophagien de 61 %, un syndrome d’apnées du sommeil dans 18 % des cas, et un taux d’anxiété/dépression de 25 %. Leur score moyen ACT était à 16. Ces patients conservent une fonction ventilatoire relativement préservée (VEMS moyen : 84 %). L’imagerie thoracique révèle des anomalies bronchiques (syndrome bronchique ou bronchectasies mineures) dans 67 % des cas, sans autre pattern spécifique. Ces patients ont un risque accru d’hospitalisations en soins intensifs (41 %) et d’intubation. Les patients non-T2 nécessitent souvent une approche thérapeutique différente. Ils sont plus souvent traités par des bronchodilatateurs à longue durée d’action (LAMA), du montélukast, des macrolides, ou encore des corticostéroïdes au long cours et également par de la thermoplastie bronchique.

Une histoire de l’asthme atypique

Dans cette cohorte, l’asthme non-T2 se caractérise surtout par un début précoce, avec un âge moyen d’apparition de 14 ans (48 % avant 12 ans). Ce début précoce, fréquent dans ce sous-groupe, reste inexpliqué par des antécédents de prématurité.

Comparaison avec d’autres cohortes

Les caractéristiques observées dans la cohorte RAMSES sont cohérentes avec d’autres études. Par exemple, dans ISAR 1, avec un algorithme strict, l’asthme non-T2 a une prévalence de 1,6 %, avec une majorité de femmes (81 %), un âge moyen plus jeune (39 ans) et un début d’asthme précoce (6 ans). Dans UKSAR (Jackson, Thorax 2021), où les critères d’inclusion étaient moins stricts, les patients présentaient également un asthme précoce et un IMC élevé. Enfin, dans la cohorte FASE-CPHG, avec un seuil éosinophilique plus élevé (<300/μL), la prévalence était beaucoup plus importante (47 %), mais les caractéristiques des patients différaient.

À retenir

L’asthme non-T2 est une entité rare et hétérogène. Son phénotype marqué par un début précoce, nécessite d’être mieux caractérisé.


D’après la communication « Caractéristiques de l’asthme sévère non-T2 : étude de la cohorte RAMSES » présentée par Cindy Barnig (Besançon), session CO03 « Asthme » du samedi 25 janvier 2025

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L’asthme, sous l’emprise de l’environnement

Les phénomènes climatiques extrêmes ont des conséquences majeures dans l’asthme

  • Températures extrêmes : les températures extrêmes peuvent provoquer des exacerbations d’asthme, souvent le jour même avec un effet immédiat 1. Des températures élevées pendant la grossesse entraînent une diminution de la capacité respiratoire, un effet similaire étant observé pour les températures basses, ainsi que du volume courant 2.
  • Précipitations et inondations : les fortes pluies estivales augmentent les hospitalisations pour asthme et dégradent les environnements intérieurs en favorisant la prolifération des moisissures et des acariens.
  • Tempêtes de poussières : ces tempêtes augmentent les hospitalisations pour asthme, les particules inhalées provoquant irritations et inflammation des voies respiratoires 3.

Augmentation des facteurs allergéniques

L’allongement des saisons polliniques expose davantage aux allergènes, aggravant ainsi les symptômes d’asthme 4. L’ozone, dont l’effet est amplifié par les fortes chaleurs, s’avère particulièrement nocif pour les patients asthmatiques 5.

Orages polliniques

Les orages polliniques représentent une menace sérieuse pour les patients atteints d’asthme. L’épisode de Melbourne en 2016 illustre bien ce phénomène : une forte concentration de pollens, associée à des précipitations, a entraîné une augmentation spectaculaire des consultations aux urgences, des hospitalisations et des décès. Les mécanismes exacts ne sont pas encore connus mais ces crises massives sont liées à des pollens fragmentés par les vents violents et inhalés sous forme de particules fines. Les facteurs de risque sont environnementaux (pluies, humidité, températures changeantes, densité de population urbaine) et individuels (asthme non traité, sensibilisation allergénique, et comportement d’exposition).

Perspectives et prévention

Face à ces enjeux, l’identification des sujets à risque, un meilleur contrôle de l’asthme, la formation des professionnels de santé et une meilleure information des populations sont essentiels. Des avancées en médecine de précision, combinant susceptibilité génétique et facteurs environnementaux, pourraient offrir des solutions ciblées. Enfin, l’intelligence artificielle promet de prévenir les crises, bien que sa propre empreinte environnementale doive être prise en compte 6.


D’après la session organisée par le GT G2A
A01 « L’asthme dans la tourmente du climat » et les communications :
– « Vers une nouvelle épidémie d’asthme ? » présentée par Valérie Siroux (Grenoble)
– « Trop chaud, trop froid, trop humide : la météo a-t-elle un impact sur le contrôle de l’asthme ? » présentée par Wiam El Khattabi (Casablanca)
– « Orage pollinique, une menace réelle ? » présentée par
Jeanne-Marie Perotin-Collard (Reims)

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Pollution : quand l’ennemi vient de l’environnement intérieur

La pollution de l’air est un facteur majeur dans le développement des infections des voies respiratoires inférieures. Alors que la pollution extérieure est souvent visible, la pollution intérieure reste sous-estimée, bien que nous passions 90 % de notre temps en intérieur.

Les différentes formes de pollution intérieure

La pollution intérieure regroupe des polluants chimiques et biologiques. Parmi les premiers, le formaldéhyde et le monoxyde de carbone (CO) proviennent des matériaux de construction et des appareils de combustion. Les contaminants biologiques incluent les acariens, responsables de 10 à 20 % des allergies respiratoires, qui prolifèrent dans les environnements chauds et humides. Les moisissures, invisibles à l’œil nu dans certains cas, se développent dans des lieux humides et cachés. Trois genres principaux – Aspergillus, Cladosporium et Penicillium – sont particulièrement courants dans les logements. Les blattes, quant à elles, prolifèrent dans des environnements favorables et sont allergisantes. Enfin, les allergènes d’animaux domestiques, comme ceux des chats ou des chiens, sont une autre source fréquente de sensibilisation.

Adopter de bonnes pratiques pour un intérieur plus sain

Il est essentiel de ne pas fumer à l’intérieur du logement, d’aérer le logement deux fois 10 minutes par jour pour renouveler l’air. L’utilisation de produits chimiques doit être limitée, et il est préférable de choisir des matériaux peu émissifs. Maintenir une température entre 18 et 20 °C et traiter rapidement tout problème d’humidité permet de limiter les risques. L’entretien régulier des appareils de combustion aide à maintenir leur bon fonctionnement.

Des experts pour vous accompagner

Pour identifier les sources de pollution intérieure ou en cas de troubles de santé, il est possible de consulter un Conseiller Habitat Santé (CHS) ou un Conseiller Médical en Environnement Intérieur (CMEI), formés pour évaluer les logements et proposer des solutions adaptées. Des gestes simples peuvent aider à réduire la pollution intérieure et à protéger la santé des occupants


D’après la communication « Quand l’ennemi vient de l’environnement intérieur » présentée par Damien Cuny (Lille), session A06 organisée par le groupe GREPI « Quand l’environnement fait le lit des infections Respiratoires » du vendredi 24 janvier 2025

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Santé planétaire : y a-t-il un point commun entre la fonte des glaces et les latrines antiques ?

Il est peu dire que Philippe Charlier était attendu par un public d’emblée conquis en ce vendredi ensoleillé dans le grand auditorium du parc Chanot à Marseille. Grand orateur, notre confrère légiste, anatomopathologiste, anthropologue et archéologue, avait illuminé la conférence inaugurale du CPLF de l’an dernier à Lille. Il est revenu ce jour avec un topo encore brillant, drôle et étayé sur le risque de la résurgence d’agents infectieux du passé sur l’humain d’aujourd’hui. Répondre à la thématique « Infectiologie : quand l’ennemi vient du passé » fait émerger deux axes de réponse.

Les agents viraux et bactériens du passé, endormis mais pas totalement éteints, représentent un risque théorique pour le vivant d’aujourd’hui

En premier lieu, le réchauffement climatique génère des particularités géologiques, comme l’explosion de bulles de méthane en Sibérie créant des trous béants qui mettent à nu des couches terrestres jusque-là recouvertes. D’autre part, le permafrost (ou pergisol) fond dans une zone nordique très étendue dépassant le cercle polaire. Cette fonte entraine la libération de charges organiques mises en circulation dans l’air et dans l’eau adjacente, et notamment des virus de type Pandora ou Pithovirus.

Quel est le risque infectieux de libération d’agents préalablement endormis à la fois pour la population professionnelle des archéologues, et plus largement pour l’humanité ? La question fait l’objet de plusieurs publications. 1 L’orateur nous invite à lire notamment des papiers concernant des collections anatomiques sèches de nos musées (véritables biobanques de l’histoire des maladies virales). 2, 3
À ce jour, le risque est théorique et la pathogénie n’a pas été démontrée. Citons quand même la preuve de décès d’un enfant et de rennes après la remise en circulation de charbon / anthrax enchassé dépuis le 17ème siècle dans une couche superficielle de permafrost ayant fondu. Heureusement le phénomène est resté local et la dangerosité de cette émanation ne s’est pas répandue.

Ce que révèle le microbiote des latrines de Napoléon ou de la tête embaumée d’Henri IV

En deuxième axe de réponse à la thématique qui lui était proposée, Philippe Charlier a partagé sa passion pour l’étude des latrines, qualifiant même une colonne d’excréments séchés sur une île grecque de « Nirvana ». Évidemment la boutade est sous-tendue par une réalité scientifique : les selles sont une mine d’information sur le microbiote de la période considérée.
Ainsi, lors de travaux archéologiques sur l’île de Sainte-Hélène, la fouille des toilettes de Napoléon, de ses différentes poubelles et de sa baignoire restée intacte sur place a permis d’identifier une flore microbienne extrêmement importante, dessinant les contours des microbiotes intestinal et cutané de notre empereur déchu.

Un travail est en cours sur le microbiome de l’arbre respiratoire supérieur d’Henri IV, via l’étude de sa tête embaumée ayant conservé son tractus respiratoire jusqu’à la naissance de la trachée. Spoiler alert : des découvertes croustillantes auraient été faites. Mais pour les connaître, il faudra réinviter Philippe Charlier. Rendez-vous, peut-être, au CPLF 2026 à Lille alors !


D’après la présentation « Quand l’ennemi vient du passé » présentée par Philippe Charlier, session fil rouge A06 « Quand l’environnement fait le lit des infections respiratoires » du vendredi 24 janvier 2025.

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Quels sont les polluants règlementés en France et dans le monde ?Est-ce que la qualité de l’air s’améliore en France et dans le monde ?

Pr Isabella Annesi Maesano

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Impact de l’exposition aux particules fines sur le cancer du poumon

En se retirant de l’accord de Paris, Donald Trump fait vraisemblablement un choix contestable de santé publique, à contresens de l’histoire. Dès 1950, Sir Richard Doll, en visionnaire, avait pressenti que les deux principaux facteurs de risque de cancer du poumon étaient le tabac et la pollution. Cette dernière fait la part belle aux particules fines de moins de 2,5 µm (PM2.5) que l’on respire en dehors mais également au sein de nos environnements domestiques. Ces PM2.5 ont la faculté d’accéder avec brio à nos alvéoles et s’aventurent jusqu’au sein de nos ganglions médiastinaux. Si le seuil cible d’exposition aux PM2.5 est < 5µg/m3, le français moyen ne ménage pas ses efforts et en respire le double et 100% des franciliens sont exposés à des niveaux supérieurs aux seuils recommandés.

Exposition aux PM2.5 et risque de cancer du poumon

Depuis 2013, la pollution de l’air est reconnue par l’OMS comme un carcinogène certain, responsable d’un nombre estimé de 200 000 décès par an dans le monde. Le lien épidémiologique est désormais clairement établi entre l’exposition chronique aux PM2.5 et un surrisque de cancer du poumon de manière dose-dépendante (+14% pour chaque augmentation de 10 µg/m3). Des données confirmées par l’étude française multicentrique KBP-2020. Alexis CORTOT a de plus rapporté les dangers de l’exposition chronique au feu de bois et aux fumées de cuisson. Selon ses dires et de manière inattendue, l’ail cru pourrait neutraliser ce risque mais il est difficile de savoir si cela émane de son puissant pouvoir antioxydant ou de l’isolement social provoqué par son exhalation…

Et si l’IL-1β était la clé ?

C’est outre-manche que Swanton et son équipe ont développé un programme ambitieux de recherche sur ce sujet. Après avoir confirmé cette association épidémiologique forte, ils ont montré que l’exposition aux PM2.5 était à l’origine d’une réaction inflammatoire médiée par l’IL-1β au niveau alvéolaire (cellules AT2). Ils ont enfin mis en évidence la présence de mutations au potentiel oncogénique portées par les gènes EGFR et KRAS au sein de cellules AT2 du poumon sain. Et c’est ainsi que l’exposition aux PM2.5 favorise l’instabilité génomique et le développement de clones préalablement mutés via la voie de l’IL-1β. Cette brillante démonstration mécanistique modifie radicalement nos préconceptions sur le sujet. La place d’interventions thérapeutiques très précoces, afin de stopper le processus de carcinogénèse reste à définir. L’utilisation du canakimumab (anti-IL-1β) n’a en effet pas montré son intérêt chez les patients atteints de carcinomes pulmonaires invasifs, mais peut-être faudra-t-il en tester l’intérêt à des stades beaucoup plus précoces de la carcinogénèse.

Impact sur la prise en charge du cancer du poumon et son dépistage

En attendant de potentielles interventions précoces, il devient possible d’affirmer à nos patients le lien entre pollution et cancer du poumon et de le prendre en compte de manière effective dans leur prise en charge. Il faut désormais réfléchir collectivement à la manière d’intégrer l’exposition aux polluants dans les scores de risque de cancer du poumon, et ce d’autant plus que le dépistage frappe à la porte.

Ces résultats incitent également à modifier nos comportements du quotidien afin de limiter notre contribution individuelle à la pollution atmosphérique en favorisant des modes de transport bas carbone tels que le vélo, la marche à pied ou l’utilisation des transports en commun tout en prenant garde à limiter au maximum nos expositions domestiques en ventilant nos maisons, ce qui aura également pour intérêt de ne pas laisser stagner le radon qui pourrait s’y trouver…


D’après la communication « Cancers du poumon attribuable à la pollution par particules fines » présentée par Alexis Cortot (Lille), session A05 « Lutte contre la pollution et lutte contre le cancer, même combat ? » du vendredi 24 janvier 2025.

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Coexistence d’apnées du sommeil et d’insomnie : des enjeux spécifiques

La coexistence d’un syndrome d’apnées du sommeil (SAS) et d’une insomnie porte le nom de COMISA (COMorbid Insomnia and Sleep Apnea). Il s’agit d’une entité propre reconnue par la communauté internationale, qui présente des enjeux spécifiques en termes de traitement et de prise en charge, et dont la physiopathologie montre des intrications fortes entres insomnie et SAS.

Le COMISA, une entité fréquente

L’insomnie est caractérisée dans la classification ICSD3 par l’association de symptômes nocturnes (difficultés à initier ou maintenir le sommeil, mauvaise qualité de sommeil) et diurnes (retentissement de l’insomnie). Par ailleurs, la révision de la classification a conduit à introduire l’insomnie comme un symptôme possible de SAS. Le COMISA est une entité fréquente (14% dans la cohorte des Pays de la Loire, et jusqu’à 50 dans la cohorte ESADA, avec ou sans somnolence diurne) 1, 2. Cette entité peut également toucher l’enfant, comme l’a montré une étude exploratoire rétrospective sur 384 enfants ayant réalisé une polysomnographie : le COMISA atteignait 16% des enfants, et ils étaient d’avantage somnolents et fatigués 3.

Cette coexistence fréquente implique de bien rechercher la présence d’un mauvais sommeil de nuit à l’interrogatoire, afin de privilégier la polysomnographie sur la polygraphie, comme le mentionne l’algorithme des recommandations pour la pratique clinique sur le SAS 4

Les conséquences négatives du COMISA

La coexistence SAS et insomnie a également un impact sur le retentissement, avec une moins bonne qualité de vie et d’avantage de dépression en comparaison à l’insomnie seule ou le SAS seul 5,6,7. La durée de sommeil est également le paramètre le plus corrélé au pronostic cardiovasculaire. La survie globale des sujets avec COMISA dans la cohorte du Wisconsin (suivi à 20 ans, 1115 sujets) est moins bonne que celle des sujets SAS ou insomniaques et dans la Sleep Heart Health Study (4160 sujets suivis), la survie cardiovasculaire est moins bonne à 10 ans 8,9.

La séquence de traitement pour le COMISA non définie

Traiter l’insomnie peut améliorer le SAS même sans ventilation à pression positive continue (PPC), en améliorant l’instabilité du sommeil et le loop gain. Il convient donc de traiter les deux entités, mais la séquence de traitement (PPC/orthèse d’avancée mandibulaire (OAM) d’abord, thérapie cognitive et comportementale de l’insomnie (TCCi) d’abord, ou les deux en même temps) n’est pas clairement définie par la littérature et dépend probablement des symptômes au premier plan. Chez les patients sous PPC, il conviendra de regarder l’observance à la PPC avec un œil critique, entre PPC portée sans dormir et PPC portée sur un temps de sommeil court faisant croire à une inobservance. La TCCi permet l’amélioration de l’observance à la PPC d’environ 60 minutes par nuit 10.


D’après la communication « COMISA, insomnie et SAOS » présentée par Sandrine Launois (Neuilly sur Seine), cours de perfectionnement CP07 « Sommeil » du vendredi 24 janvier 2025.

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Nouvelles recommandations dans la tuberculose pulmonaire

Diagnostic

Les nouvelles recommandations pour le diagnostic de la tuberculose préconisent la réalisation de deux crachats pour la recherche de bacille de Koch (BK), idéalement le même jour. Le premier peut être effectué le matin, que le patient soit à jeun ou non. Lorsqu’un examen direct est positif, un test d’amplification génique doit être systématiquement demandé. Toutefois, en cas de faible suspicion de tuberculose, ce test n’est pas recommandé en raison de sa faible valeur prédictive positive et du risque de faux positifs. En l’absence d’expectoration spontanée, il est préférable de recourir à une fibroscopie bronchique avec aspiration bronchique plutôt qu’à un lavage broncho-alvéolaire. Ce recueil doit être suivi d’un crachat post-fibroscopie, idéalement réalisé en salle d’endoscopie. Par ailleurs, le dosage de l’adénosine désaminase est possible dans les liquides pleural, péritonéal, péricardique ou céphalo-rachidien. Le dépistage du VIH doit être systématique chez les patients suspects. Concernant la contagiosité, celle-ci est mieux évaluée lorsque l’imagerie thoracique montre une forme bronchiolaire, et elle atteint son maximum en cas de lésions excavées visibles à la tomodensitométrie.

Traitement

Il est recommandé d’isoler les patients selon trois niveaux de précautions : simples, renforcées ou maximales (nouvelle terminologie). La ventilation de la chambre du patient est essentielle, et un masque FFP2 doit être porté par le patient lorsqu’il quitte sa chambre, sauf en cas de tuberculose extrêmement résistante (XDR), où les sorties sont interdites. Dans les formes excavées avec une forte charge bacillaire ou des lésions étendues, l’isolement doit être maintenu au moins 30 jours après le début du traitement. L’évaluation pour lever les précautions respiratoires est faite à 14 jours d’hospitalisation. En cas de tuberculose XDR, trois cultures négatives, réalisées sur trois jours distincts, sont nécessaires pour confirmer la non-contagiosité.

Le traitement peut être poursuivi en ambulatoire en l’absence de risque de transmission. L’arrêt de l’éthambutol est envisageable avant deux mois si la souche est sensible à l’isoniazide et à la rifampicine (selon des tests génotypiques ou phénotypiques). Chez les enfants atteints de tuberculose pulmonaire limitée, sans cavité ni bacillifère, un traitement de quatre mois est suffisant 1. Enfin, il est recommandé de prescrire de la pyridoxine (vitamine B6) aux personnes à risque sans dépasser 10 mg/jour afin d’éviter les neuropathies liées à un éventuel surdosage.


D’après la session RD02 « Recommandations 1. Tuberculose pulmonaire (Recommandations SPLF-SPILF) » du Vendredi 24 janvier 2025 et les communications :
« Traitement », présentée par Nathalie De Castro (Paris)
« Diagnostic », présentée par François-Xavier Blanc (Nantes)

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Nouvelles recommandations de l’ISHAM pour la prise en charge des mycoses bronchopulmonaires allergiques

L’International Society for Human and Animal Mycology (ISHAM) avait proposé des recommandations pour la prise en charge de l’aspergillose bronchopulmonaire allergique (ABPA) il y a une décennie. Avec les progrès récents en diagnostic et en thérapeutique, une mise à jour s’imposait.

Un groupe international d’experts a élaboré de nouvelles lignes directrices pour la prise en charge de l’ABPA (due à Aspergillus spp.) et de la mycose bronchopulmonaire allergique (ABPM ; causée par d’autres champignons) 1. Ces recommandations ont été établies à l’aide de la méthode Delphi modifiée, permettant de recueillir un consensus défini comme un accord d’au moins 70 %. Elles incluent le dépistage de la sensibilisation à A. fumigatus chez les adultes asthmatiques en milieu tertiaire et chez les enfants asthmatiques difficiles à traiter. Le diagnostic d’ABPA repose sur la présence de conditions prédisposantes, de signes cliniques et radiologiques compatibles, d’une sensibilisation fongique prouvée, d’un taux d’IgE totales ≥500 UI/mL et d’au moins deux critères parmi les suivants : IgG spécifiques, éosinophilie sanguine ou imagerie suggestive. Une nouveauté introduite est l’acceptation d’un taux inférieur d’IgE totales si tous les autres critères sont remplis. L’ABPM est envisagée dans les cas présentant des symptômes similaires, sans sensibilisation à A. fumigatus, mais avec une identification répétée du champignon causal dans les expectorations (ou une fois dans le lavage broncho-alvéolaire). Parmi les avancées diagnostiques, la détection de mucus à forte atténuation au scanner est désormais reconnue comme pathognomonique de l’ABPM et permet de confirmer le diagnostic, même en l’absence de tous les autres critères. Le traitement n’est pas systématique chez les patients asymptomatiques. Pour les ABPA aiguës, une monothérapie à la prednisolone ou à l’itraconazole est recommandée, avec une priorité donnée à la réduction de l’usage systématique des corticoïdes. Les exacerbations récurrentes nécessitent une association des deux. Un critère multidimensionnel a été défini pour évaluer la réponse au traitement. Ces nouvelles lignes directrices fournissent des bases claires pour le diagnostic, la classification et le traitement de l’ABPA et de l’ABPM, contribuant ainsi à l’amélioration des soins et à l’avancement de la recherche. Enfin, il convient de rappeler que les objectifs du traitement incluent la réduction des symptômes, le contrôle de l’asthme, la prévention des exacerbations, la limitation de la progression des bronchiectasies et la minimisation des effets secondaires des traitements.


D’après la communication « Actualités des affections pulmonaires liées à Aspergillus (hors Aspergillose invasive) » présentée par Cendrine Godet (Paris), session CP08 « Pathologies infectieuses » du vendredi 24 janvier 2025

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