MissionATS

Déficit en alpha 1 antitrypsine : les non-fumeurs sont-ils épargnés ?

Le déficit en alpha-1 antitrypsine (DAAT), maladie génétique liée à des mutations du gène SERPINA1, constitue la principale cause génétique de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).  En France, il concernerait 1 à 2 pour 1000 patients atteints de BPCO en France mais est largement sous diagnostiqué. Les sujets atteints de DAAT, notamment les homozygotes ZZ, présentent un risque accru d’emphysème et de trouble ventilatoire obstructif en particulier lorsqu’ils sont exposés à des agressions pulmonaires telles que le tabagisme ou les infections respiratoires.  Cependant, moins de données sont disponibles chez les non-fumeurs.

Suzanne M.Roche (Irlande), a présenté les résultats d’une étude rétrospective menée à partir du registre national irlandais du déficit en alpha-1 antitrypsine (DAAT), incluant 300 patients homozygotes ZZ. L’objectif était d’évaluer la prévalence, les caractéristiques cliniques, fonctionnelles, scanographiques et l’évolution de la maladie chez les patients non-fumeurs. 

Parmi les 300 patients inclus, 115 (38%) étaient non-fumeurs, définis par une consommation inférieure à 100 cigarettes au cours de la vie. L’âge au diagnostic ne différait pas significativement entre les fumeurs et les non-fumeurs (41 ans vs 47 ans, p=0,08).

Au moment du diagnostic, 34% des non-fumeurs présentaient un trouble ventilatoire obstructif (TVO) ; 18% étaient classés GOLD 2, 7% GOLD 3 et 3% GOLD 4. Une diminution de la capacité de diffusion du monoxyde de carbone (DLCO) étaient observée chez 40% d’entre eux. De plus, 50% présentaient des symptômes respiratoires : 51% rapportaient une dyspnée stade 1 sur l’échelle modifiée du Medical Research Council, 53% avaient un score de symptômes COPD Assessment Test supérieur à 10 et 37% un score de qualité de vie de Saint Georges supérieur à 25. Par ailleurs, 25% des patients présentaient une désaturation à l’effort (saturation inférieure à 88%) et environ 1 patient sur 8 parcourait moins de 350 mètres. La présence d’un emphysème était associée à un risque de TVO multiplié par 12,9 (IC95 % : 2,8–69,6), tandis que l’association emphysème/bronchectasies augmentait ce risque d’un facteur 21,9 (IC95 % : 3,3–219,9). Le poids de la maladie variait selon les circonstances du diagnostic. Les patients diagnostiqués en présence de symptômes respiratoires présentaient plus fréquemment un TVO (52%) et des anomalies scanographiques (85%), suivis de ceux identifiés dans le cadre d’un dépistage familial (34% de TVO et 59% d’anomalies scanographiques), puis de ceux dépistés à l’occasion d’une atteinte hépatique (24% de TVO et 32% d’anomalies scanographiques).

L’évolution de la fonction respiratoire a été analysée au cours d’un suivi médian de 8 ans, pouvant aller jusqu’à 24 ans. Aucune différence significative n’a été observée concernant le déclin annuel du volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) entre les patients non-fumeurs (-35mL/an) et fumeurs (-36mL/an, p=0,96), bien que ces derniers présentaient une fonction respiratoire initiale plus altérée. Les auteurs soulignent toutefois l’hétérogénéité de ce déclin, influencé non seulement par le tabagisme mais aussi par les expositions professionnelles, environnementales ainsi que par les exacerbations, qui n’étaient pas documentées dans cette étude. Enfin, les fumeurs présentaient enfin un âge moyen au décès significativement plus précoce que les non-fumeurs (63 ans versus 69 ans ; p=0,0187), ces deux valeurs restant inférieures à l’espérance de vie moyenne en Irlande estimée à 83 ans.

Ainsi, bien que les atteintes cliniques, fonctionnelles et scanographiques soient moins sévères chez les non-fumeurs que les fumeurs, cette étude souligne qu’elles restent fréquentes et cliniquement significatives. Ces résultats soulignent l’importance d’un dépistage précoce et d’un suivi régulier, y compris les non-fumeurs.

D’après la communication orale de Roche S. Severe Alpha-1 Antitrypsin Deficiency – Are Never- Smokers Disease Free ? (Session A16)

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Le GINA 2026 ne manque pas d’AIR

Le rapport GINA 2026, présenté à l’occasion de l’ATS 2026, apporte une nouveauté notable dans la prise en charge de l’asthme de l’enfant. Pour la première fois, la thérapie anti-inflammatoire à la demande (AIR, pour « anti-inflammatory reliever »), associant budésonide et formotérol, est proposée comme option de première intention au palier 1 chez les enfants de 6 à 11 ans, une population jusqu’alors peu couverte par les données randomisées. Cette extension s’appuie principalement sur les résultats de l’étude CARE, publiée dans The Lancet fin 2025, sans pour autant remettre en cause la place du SABA dans l’arsenal thérapeutique.

L’étude CARE, essai randomisé contrôlé en ouvert mené en Nouvelle-Zélande sur 52 semaines chez des enfants de 5 à 15 ans, a démontré une réduction significative du taux de crises d’asthme dans le bras AIR (budésonide 50 μg – formotérol 3 μg à la demande) par rapport au salbutamol seul (0,23 vs 0,41 crise par an ; RR 0,55 ; IC 95 % 0,35–0,86 ; p = 0,012) 1. C’est fort de ces données que le GINA 2026 a intégré l’AIR comme option préférée dès le palier 1 (ou asthme léger), étendant aux enfants de 6 à 11 ans une recommandation jusqu’alors réservée aux adolescents et aux adultes depuis 2019.

Toutefois, nous avions souligné, dans un éditorial publié en réponse à l’étude CARE, plusieurs nuances importantes qui invitent à la prudence avant toute généralisation à grande échelle 2. En premier lieu, la population incluse dans l’essai présentait un profil clinique plus sévère qu’attendu pour un « asthme léger » : un score ACQ-5 moyen de 1,05, un FeNO médian de 41,5 ppb, et 21 % des enfants avaient déjà fait une crise grave dans l’année, un profil qui, selon les recommandations en vigueur, justifie une corticothérapie inhalée de fond plutôt qu’un traitement à la demande seul.

En second lieu, le taux de crises graves (nécessitant des corticostéroïdes systémiques) n’était pas significativement différent entre les deux bras, vraisemblablement en raison du contexte COVID-19 qui a réduit l’incidence des exacerbations. Or, prévenir les crises graves doit rester la priorité en pédiatrie pour protéger la trajectoire de croissance pulmonaire. La corticothérapie inhalée d’entretien à faible dose reste, à ce jour, le traitement disposant du meilleur niveau de preuve pour cet objectif chez l’enfant d’âge scolaire.

Enfin, l’effet-traitement dans l’étude CARE était plus marqué chez les 12 – 15 ans que chez les 6 – 11 ans. Les données spécifiques aux enfants de 6 à 11 ans restent encore limitées pour soutenir une généralisation large de cette stratégie, d’autant que les doses testées dans l’essai ne sont actuellement pas disponibles en Europe. La recommandation GINA 2026 constitue donc une avancée conceptuelle majeure 3, mais son application clinique doit encore être individualisée, en particulier chez les plus jeunes enfants et ceux chez qui la sévérité de la maladie exige un traitement de fond.

D’après la communication orale de Leonard B. Bacharier (Vanderbilt University Medical Center). New Perspectives on the Origins and Management of Childhood Asthma (A81 Pediatric year in review: the magic kingdom of pediatric pulmonary)

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Mission Post ATS 2025

Retour sur  le congrès de San Francisco avec les experts de la Mission ATS 2025

Introduction : Claire Andréjak
Modérateurs : Claire Andréjak- Anh-Tuan Dinh-Xuan

• Damien Basille (Amiens) : Corticothérapie dans les PAC : ce que l’on sait…et tout ce que l’on ne sait pas (encore) 
• Athénais Boucly (Le Kremlin Bicêtre) : Sotatercept dans l’HTAP : une nouvelle ère thérapeutique
• Marina Gueçamburu (Bordeaux) : Évolution de la définition de la BPCO
• Julia Delomez (Amiens)Quoi de neuf pour les nodules ?
• Olivier Le Rouzic (Lille) : De la nicotine à la métatine, l’industrie du tabac s’obstine, mais patine ! 
• Sandrine Pontier (Toulouse) : Avancées thérapeutiques dans le SAHOS 

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Les vidéos par épisodes

PARTIE 1

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Modérateur : Anh-Tuan Dinh-Xuan

• Anh-Tuan Dinh-Xuan (Paris) : Asthme et inflammation : rencontre du troisième type
• Laurie-Anne Pahus (Marseille) : Biothérapies dans l’asthme sévère : perspectives d’utilisation chez les patients peu représentés dans les essais cliniques
• François-Xavier Blanc (Nantes) : Asthme : pour tout savoir sur les nouvelles molécules en développement
• Sixtine Decaux (Paris) : Dysfonction primaire du greffon en transplantation pulmonaire : avancées sur les mécanismes physiopathologiques précoces
• Florence Jeny (Bobigny) : Pneumopathies interstitielles diffuses : avancées et perspectives thérapeutiques
• Christophe Girault (Rouen) : Actualités et Oxygènothérapie à haut débit dans l’IRA
• Marjolaine Georges (Dijon) : Toxiques inhalés : actualités



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