
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) constitue la quatrième cause de mortalité dans le monde. Contrairement à d’autres maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires ou les cancers, la mortalité standardisée sur l’âge liée à la BPCO a continué d’augmenter au cours des dernières décennies.
S. Bhatt (Etats-Unis) a présenté les résultats d’une étude regroupant les données de huit grandes cohortes américaines initialement constituées pour le suivi des maladies cardiovasculaires 1 et s’intéressant à l’impact de la BPCO sur l’espérance de vie et le nombre d’année de vie perdues.
Les participants, âgés de 17 à 98 ans, ont été inclus entre 1983 et 2011 puis suivis jusqu’en 2020. La BPCO était définie par un rapport volume expiratoire maximal en 1 seconde (VEMS)/ capacité vitale forcée (CVF) pré-bronchodilatateur inférieur à 0,70 à la spirométrie initiale.
Au total, 45 886 participants ont été inclus, dont 56,3 % de femmes. L’âge moyen était de 52,4 ans, 48,8 % des sujets étaient non-fumeurs et 21 % des fumeurs actifs. La prévalence de la BPCO était estimée à 17,6 %, majoritairement aux stades GOLD 1 et 2. Au cours d’un suivi médian de 15,2 ans, 13 869 participants (30,2 %) sont décédés. Après ajustement sur l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle, le statut tabagique, le diabète, l’hypertension artérielle et la dyslipidémie, la présence d’une BPCO était associée à une augmentation significative du risque de mortalité (hazard ratio : 1,31 ; IC95 % : 1,26–1,36 ; p < 0,001). À titre d’exemple, chez une femme âgée de 65 ans, l’espérance de vie moyenne était estimée à 21,5 ans en l’absence de BPCO. Elle diminuait à 20 ans en cas de BPCO GOLD 1, 16,4 ans en cas de GOLD 2, 13,1 ans en cas de GOLD 3 et 10,7 ans en cas de GOLD 4.
Par rapport aux sujets sans BPCO, le nombre d’années de vie perdues était estimé à 0,7 an pour une BPCO GOLD 1 ; 2,6 ans pour une GOLD 2 ; 5,1 ans pour une GOLD 3 et 7,1 ans pour une GOLD 4. Fait notable, aucune différence significative n’était observée selon le statut tabagique des patients atteints de BPCO.
Le nombre d’années de vie perdues associé à la BPCO était comparable, voir supérieur pour les stades GOLD 2 à 4, à celui observé avec d’autres comorbidités majeures : hypertension artérielle (2,7 ans ; IC95 % : 2,4–3,0), diabète (4,1 ans ; IC95 % : 3,7–4,4), obésité (0,5 an ; IC95 % : 0,1–0,9) ou tabagisme actif (5,5 ans ; IC95 % : 5,1–5,9).
Ainsi, cette étude montre que la BPCO est associée à une réduction importante de l’espérance de vie, y compris chez les sujets n’ayant jamais fumé. Le nombre d’années de vie perdues liées était comparable à celui observé dans l’hypertension artérielle ou le diabète, soulignant le poids pronostique majeur de la BPCO, souvent sous-estimé.
Marina Gueçamburu, Service des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux, 33604, Pessac
D’après la communication orale de S.Bhatt, Life expectancy in chronic obstructive pulmonary disease (session A16).
- Bhatt SP, Sun Y, Wang Y, Balte PP, Schwartz JE, Cassano P, et al. Life Expectancy in Chronic Obstructive Pulmonary Disease. JAMA Intern Med. 17 mai 2026. doi:10.1001/jamainternmed.2026.0207 PubMed PMID: 42143630. ↩



