
Le registre national japonais PROMISE démontre qu’un pattern de pneumopathie d’hypersensibilité (PHS) au scanner ne signifie pas que le patient a une PHS. La précision terminologique proposée récemment de pneumonie interstitielle bronchiolocentrée (BIP) est un terme plus générique, qui semble approprié pour permettre une prise en charge thérapeutique mieux adaptée.
L’introduction de la pneumonie interstitielle bronchiolocentrée (BIP) comme pattern morphologique majeur dans la mise à jour ERS/ATS 2025 1 suscite un vif débat : ce terme doit-il remplacer le traditionnel pattern de PHS au scanner ? Les résultats du registre national japonais PROMISE, portant sur 2 798 patients, révèlent l’extrême hétérogénéité des pathologies que recouvre ce pattern.
Les chercheurs ont analysé 996 patients dont le scanner présentait un pattern de « PHS typique » ou « compatible avec une PHS » (désormais regroupés sous le terme de BIP au scanner). Les conclusions permettent de prendre position pour cette proposition de changement. Ainsi dans l’étude PROMISE, on note que le diagnostic de PHS n’est retenu que dans 50 % des cas de pattern de BIP, qu’un nombre important de fibroses pulmonaires idiopathiques (FPI) et de formes inclassables sont inclus dans la catégorie BIP au scanner et qu’il existe une discordance entre l’aspect au scanner et celui en histologie. Ainsi, la PHS ne représentait que 46,7 % des diagnostics clinico-radiologiques (et 52,8 % après intégration de la pathologie) des patients avec un pattern de BIP au scanner, près d’un tiers de la cohorte présentant un aspect de BIP au scanner a finalement été diagnostiquée comme une FPI (17,5 %) ou une forme inclassable (18,5 %), chez les patients biopsiés, le pattern de BIP n’a été confirmé que dans 45,3 % des cas en histologie, soulignant la difficulté de prédire l’atteinte bronchiolaire réelle à partir du seul scanner.
Ces données valident la proposition de la nouvelle classification ERS/ATS : le terme « pattern de PHS » au scanner est un abus de langage qui induit un biais diagnostique. L’étude PROMISE confirme, sur une cohorte beaucoup plus large, les observations de Ryerson et al. 2publiées l’automne dernier et qui montraient déjà que 22 % des « patterns de PHS » typiques étaient en réalité des connectivites. L’étude japonaise va plus loin en montrant que la FPI peut fréquemment “emprunter” ce pattern radiologique, rendant la discussion multidisciplinaire (MDD) indispensable pour ne pas passer à côté d’un traitement antifibrotique.
Pierre-Yves Brillet, INSERM 1272, Santé-Médecine-Biologie-Humaine, Université Paris 13 et Service de radiologie, Hôpital Avicenne, Bobigny
D’après la communication de Kondoh Y Spectrum of Radiological Bronchiolocentric Interstitial Pneumonia Patterns in a Large Japanese Interstitial Lung Disease Registry. Am J Respir Crit Care Med 2026; Poster Board # P1995
- Ryerson CJ, Adegunsoye A, Piciucchi S, Hariri LP, Khor YH, Wijsenbeek MS, et al. Update of the international multidisciplinary classification of the interstitial pneumonias: an ERS/ATS statement. Eur Respir J. 2025 Dec 4;66(6):2500158. ↩
- Ryerson CJ, Marinescu DC, Muller NL, Hague CJ, Murphy D, Churg A, et al. Outcomes of a Typical Fibrotic Hypersensitivity Pneumonitis Pattern on Chest Computed Tomography. Am J Respir Crit Care Med. 2025 Oct;211(10):1802-1810. doi: 10.1164/rccm.202411-2215OC. ↩



