IQOS, cannabis et tabac : cherchez l’intrus

Plusieurs sessions de posters étaient consacrées aux toxiques inhalés, allant de leurs conséquences (aiguë ou à plus long terme) à certains points de vigilance pour accompagner les patients vers le sevrage.

Lors de la session consacrée aux inégalités et à l’accès au soin, Amin Sajjadian (San Francisco, Etats-Unis) a présenté les résultats d’un travail évaluant l’association entre la fréquence de la consommation de cannabis et l’adhésion aux recommandations de prévention. Sur 93 735 répondeurs au Behavioral Risk Factor Surveillance System, 11 525 étaient consommateurs au moins réguliers (une fois dans le mois) de cannabis. Cette consommation était significativement associée à une moins bonne adhésion aux mesures de prévention classiquement recommandées : on peut citer moins de vaccination antigrippale (34,2% vs 46,9% ; odds ratio ajusté : 0,58, IC 95% : 0,53-0,63), de vaccination antipneumococcique avec un effet dose-réponse (38,5% vs 55,2%; odds ratio ajusté : 0,68, IC 95% : 0,61-0,77), et moins d’adhésion au dépistage du cancer du sein (66.5% vs 75.6%; odds ratio ajusté : 0,62, IC 95% : 0,53-0,73). Néanmoins, il n’y avait pas de différence dans la participation au dépistage du cancer du poumon par scanner (16,1% vs 15,0%). Ces résultats constituent une piste pouvant expliquer la mortalité liée à la consommation de cannabis, mais également un argument de plus pour l’intégrer dans l’interrogatoire systématique des patients. Plusieurs hypothèses pour améliorer l’accompagnement vers le sevrage des patients peuvent être tirées de résultats présentés dans la session dédiée au cancer du poumon. Sur son poster, Mindy Conklin (Baltimore, Etats-Unis) analysait le taux de sevrage atteint grâce à la Varénicline (recommandée en première intention aux Etats-Unis) en fonction du type de cigarette consommée (mentholée ou non). Soixante pourcents des caucasiens fumeurs de cigarettes rapportaient un sevrage à 6 mois, contre 10% des afro-américains fumeurs de mentholées. Après conseils pour passer à des cigarettes non mentholées, et en utilisant des substituts nicotiniques mentholés, ce taux atteignait 45%, un argument de plus pour le rôle du menthol dans la dépendance (y compris à la cigarette électronique). Dans la même session, Janaki Deepak (Université du Maryland, Etats-Unis) listait les barrières vers le sevrage chez 499 patients suivis dans un service de tabacologie. Plus que les comorbidités psychiatriques (essentiellement anxiété/dépression chez 68% des patients, trouble de l’usage de substance chez 58% d’entre eux), les patients citaient le stress, les difficultés de transport, les problèmes de couverture sociale, la désinformation, la stigmatisation et l’arrêt de l’inhaleur de nicotine comme les principaux freins au succès. Ces facteurs sont souvent modifiables et à prendre en compte dans les stratégies ciblant les populations les plus fragiles.

D’après les posters Associations of Frequency of Cannabis Use With Receipt of Lung Cancer Screening and Immunizations, Amin Sajjadian (session A31) et Unequal Outcomes: Menthol Cigarettes and Reduced Varenicline Efficacy in African American Veterans, Mindy Conklin, Persistent Tobacco Use: Trends and Clinical Implications, Janaki Deepak (Session A38)

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