Info Respiration

Info -Respiration Numéro 181 – Juin 2024

Chantal Raherison d’après une interview réalisée par Agnès Lara Lire la suite

Sandrine Launois-Rollinat, Dany Jaffuel Lire la suite

Bruno Stach d’après une interview réalisée par Agnès Lara Lire la suite

L’activité physique au cœur de la santé globale
Gregory Reychler Lire la suite

Wojciech Trzepizur Lire la suite

Fabien Cholvy Lire la suite

Jean-Pierre Orlando Lire la suite

Laetitia El Naameh Lire la suite

Jean-François Muir, Vincent Jounieaux Lire la suite

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Télésurveillance de la VNI : regards croisés 


Léo Grassion
Pneumologue – Praticien hospitalier contractuel, Service des maladies respiratoires –
Hôpital de jour de ventilation – CHU de Bordeaux
Site Haut-Lévèque – 33600 Pessac

Depuis juillet 2023, la télésurveillance des patients sous ventilation non invasive (VNI) et sous oxygénothérapie est passée dans le droit commun, permettant ainsi à tout praticien de la proposer à ses patients. L’objectif affiché est d’améliorer le parcours de soin, d’optimiser la prise en charge, avec possiblement des bénéfices sur la qualité de vie, voire sur la morbi-mortalité. Cependant, la mise en pratique de cette télésurveillance est en réalité plus complexe qu’elle n’y paraît. Faisant intervenir de nombreux acteurs dans un parcours de soins déjà complexe, soignants et patients peuvent parfois s’y sentir perdus, à juste titre ! Dans cette série, nous proposons d’aborder la télésurveillance sous quatre angles différents : le médecin prescripteur, l’opérateur de télésurveillance, le prestataire de service et de distribution de matériel ainsi que le patient. L’objectif est d’y voir un peu plus clair sur les attentes et les rôles de chacun. Bonne lecture.

Intégration dans la pratique du pneumologue

François Bughin
Département de Physiologie Clinique, CHU Lapeyronie, Montpellier et Clinique du Millénaire, Montpellier

Face à l’augmentation des pathologies respiratoires chroniques, la télésurveillance apparaît comme un outil précieux pour optimiser la prise en charge des patients sous ventilation non invasive (VNI). Le suivi à distance qu’elle permet aide les pneumologues à mieux contrôler l’observance, anticiper. les complications et adapter rapidement les traitements.

L’insuffisance respiratoire chronique (IRC) représente un défi médical croissant, en raison de l’augmentation du nombre de patients atteints de pathologies telles que la BPCO, les maladies neuromusculaires ou le syndrome d’obésité-hypoventilation. La ventilation non invasive (VNI) à domicile s’est imposée comme une stratégie efficace pour améliorer l’état de santé de ces patients. Toutefois, le suivi de l’efficacité du traitement, l’observance et la détection précoce des complications restent des enjeux majeurs. La télésurveillance constitue une réponse adaptée à ces problématiques, permettant un suivi rapproché et optimisé.

Définition de la télésurveillance et cadre réglementaire
La télésurveillance a pour objectifs de stabiliser la maladie et d’améliorer l’état de santé grâce à un suivi régulier par un professionnel médical, de renforcer la coordination entre les différents professionnels de santé autour du patient et d’améliorer la qualité de vie en prévenant les complications et en favorisant une prise en charge au plus près du lieu de vie.
En France, la télésurveillance des patients avec une insuffisance respiratoire chronique en affection longue durée (ALD-14) traités par VNI et/ou oxygénothérapie est reconnue comme un acte de télémédecine depuis 2023. Le modèle de financement repose sur un double forfait comprenant un forfait opérateur de 28 €/mois/patient et un forfait technique de 50 € mois/patient. […]

Patient : « Je perds un peu d’intimité, mais je gagne en tranquillité d’esprit »

Jean-Paul Vasseur
Vice-Président et Trésorier de la FFAAIR (Fédération Française des Associations et Amicales de malades, Insuffisants ou
handicapés Respiratoires), Chargé des Activités Physiques Adaptées

Jean-Paul Vasseur évoque la façon dont la télésurveillance s’est intégrée dans son quotidien et a modifié la perception de sa prise en charge.

J’ai découvert que j’allais devoir être ventilé à domicile car ma fatigue devenait invivable : je m’essoufflais pour monter un étage, et mon sommeil était haché. Mon pneumologue m’a proposé la VNI pour m’aider à respirer la nuit. J’avoue que l’idée d’être branché à un appareil m’angoissait un peu, mais je sentais que c’était nécessaire pour retrouver un vrai repos.
La première fois, ma première nuit avec l’appareil était honnêtement une sensation étrange. Le masque, le souffle mécanique, tels de nouveaux organes que je ne maîtrisais pas et avec lesquels je devais apprendre à vivre… Je me suis senti comme « assisté » mais aussi un peu dépouillé de ma part d’intimité. J’ai mis plusieurs jours à m’habituer au masque, à accepter le bruit léger du ventilateur et les sensations de pression. C’était à la fois un soulagement – je respirais mieux, donc mon sommeil s’en trouvait amélioré – et un changement fort dans ma vie quotidienne.
On m’a ensuite proposé la télésurveillance. Concrètement, mon appareil de VNI envoie chaque nuit des données (durée d’utilisation, fuites, fréquence respiratoire) à une plateforme sécurisée. Deux fois par semaine, un kinésithérapeute ou un infirmier regarde ces informations : si quelque chose sort de l’ordinaire, ils me contactent par SMS ou par téléphone pour vérifier que tout va bien. Au début, j’avais peur que ce ne soit trop intrusif : chaque alerte me rendait anxieux. Mais petit à petit, j’ai compris que c’était fait pour ma sécurité.[…]

Les paramédicaux, un maillon essentiel dans la télésurveillance

Thomas Réginault
Masseur-kinésithérapeute, Réanimation Médicale, CHU Bordeaux. Co-fondateur Zéphyr paramed

La télésurveillance offre un nouvel outil dans le suivi des patients sous ventilation non invasive (VNI). Beaucoup d’interrogations restent en suspens quant à son efficacité mais aussi dans sa réalisation.


Depuis juillet 2023, date à laquelle la télésurveillance des insuffisants respiratoires est entrée dans le droit commun, le suivi de la VNI à domicile habituellement assuré par les prestataires de services et distributeurs de matériel (PSDM) peut revêtir un nouveau format pour en améliorer l’observance et la qualité. La télésurveillance complète le suivi des patients sous VNI à domicile grâce à la constitution d’équipes « opérateurs » composées d’un médecin spécialiste qui peut se faire assister par des professionnels paramédicaux tels qu’infirmiers (IDE), infirmiers de pratique avancée (IPA) ou masseurs-kinésithérapeutes (MK) pour assurer la délégation de certaines tâches comme le pré-filtrage des alertes ainsi que l’accompagnement thérapeutique téléphonique (ATT).
L’action des professionnels paramédicaux spécialisés dans la prise en charge des patients ventilés dans le cadre de la délégation de la gestion des alertes et de l’ATT au cours de la télésurveillance a pour but de :

-avertir le prescripteur à bon escient.

-filtrer les alertes avec pertinence en confrontant l’alerte avec des périodes antérieures et d’autres données de monitoring de la ventilation ;

-proposer et coordonner des solutions avec le PSDM et le prescripteur ;

-réaliser des accompagnements thérapeutiques téléphoniques pour évaluer les difficultés rencontrées et confronter certaines alertes avec des symptômes décrits par les patients ;

[…]

Entre promesses et défis

Joëlle Texereau
Pneumologue, directrice médicale Air Liquide Healthcare France

La télésurveillance des patients VNI gagne en intérêt en Europe pour son potentiel d’amélioration de la prise en charge. La France a été pionnière dans le domaine via le programme ETAPES (Expérimentations de Télémédecine pour l’Amélioration des Parcours En Santé). Des études récentes 1,2, dans lesquelles le prestataire assurait la distribution du dispositif médical numérique de télésurveillance, le filtrage des alertes et l’accompagnement thérapeutique ont montré les bénéfices de cette approche pour améliorer la qualité de la ventilation et le contrôle de l’hypercapnie, avec une charge de travail acceptable (et optimisable) pour traiter les alertes. Depuis son passage en droit commun, le déploiement de la télésurveillance en VNI doit cependant relever des défis organisationnels, techniques et administratifs.

Dispositifs médicaux de traitement connectés : sous la responsabilité du prestataire
Contrairement à la télésurveillance pour l’insuffisance cardiaque, le diabète ou l’insuffisance rénale, la télésurveillance en insuffisance respiratoire chronique ne concerne que des patients ayant un appareillage respiratoire à domicile (respirateur ou source d’oxygène) dont le prestataire est propriétaire. Le prestataire est également responsable au sens du règlement européen de traitement des données personnelles (RGPD) de la collecte des données du respirateur. Il est le seul à pouvoir mettre en oeuvre et assurer le maintien de la connectivité (activer la communication du respirateur, parfois ajouter un modem et paramétrer le réseau, faire le ’lien’ informatique entre le numéro de série du dispositif et l’identifiant du patient, et recommencer en cas de changement de dispositif, de perte de transmission, de changement temporaire de résidence,…) puis permettre la collecte des données par le dispositif médical numérique (DMN) de télésurveillance. […]

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Atlas cellulaire du poumon humain : un pas de géant vers la médecine de précision

Laure-Emmanuelle Zaragosi1, d’après une interview réalisée par Agnès Lara

  1. Chercheuse Inserm à l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire de Sophia Antipolis (Valbonne)

Alors que la France ambitionne de devenir leader dans la recherche en biologie cellulaire, l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire (IPMC) de Sophia Antipolis et le service de pneumologie du CHU de Nice travaillent de concert à l’élaboration du premier atlas cellulaire du poumon humain.
Au sein de l’IPMC, le Dr Laure-Emmanuelle Zaragosi coordonne la réalisation de cet atlas. Elle nous en explique les avancées et les retombées potentielles.

Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est l’atlas cellulaire du poumon humain et dans quel contexte il a vu le jour ?

> Laure-Emmanuelle Zaragosi : L’atlas cellulaire du poumon humain s’inscrit dans le cadre d’un consortium international, l’atlas cellulaire du corps humain ou Human Cell Atlas (HCA), qui vise à cartographier l’ensemble des cellules humaines. Lancé en 2016, ce projet colossal mobilise pas moins de 3 600 chercheurs à travers le monde, dont une dizaine d’équipes en Europe. Il est souvent comparé au séquençage du génome humain pour son potentiel révolutionnaire en biologie humaine. En France, deux équipes fondatrices de l’Institut Hospitalo- Universitaire (IHU) RespirERA sont impliquées : d’abord celle de Pascal Barbry, chef de l’équipe Physiologie génomique des eucaryotes à l’Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire (IPMC – CNRS UMR 7275, Inserm U1323 et Université Côte d’Azur) ; et parallèlement celle du Pr Charles Hugo Marquette, responsable du service de pneumologie du CHU de Nice & Université Côte d’Azur, et de la Pr Sylvie Leroy, PU-PH dans ce même service, qui sont officiellement affiliés à l’équipe de Pascal Barbry dès le début de ce projet afin de réaliser les biopsies chez les donneurs sains. L’atlas cellulaire du poumon humain constitue ainsi la première description de l’ensemble des cellules de cet organe chez le sujet sain. Il permettra de mieux comprendre le fonctionnement de chacune d’entre elles et leurs interactions. Il fournit d’ores et déjà une base de données de référence pour étudier des tissus pulmonaires pathologiques.

Où en est aujourd’hui la réalisation de cet atlas ?

Laure-Emmanuelle Zaragosi : Réalisé à partir des données transcriptomiques de 486 individus, dont 107 sujets sains, et de 2,2 millions de cellules, l’atlas cellulaire du poumon humain sain est aujourd’hui terminé. Alors que l’on s’attendait à un nombre limité de cellules différentes dans cet organe, les données collectées ont permis d’identifier 61 types cellulaires, notamment des types cellulaires rares inconnus jusque-là et qui jouent un rôle
© Generated by 10x Genomics Xenium Explorer 3.2.0. Université Reims Champagne-Ardenne et Université Côte d’Azur.
Image de transcriptomique spatiale d’une biopsie bronchique. L’image a été générée avec la technologie Xenium (10X Genomics) en utilisant des sondes pour détecter 5100 transcrits distincts. Les cellules sont colorées selon leur compartiment : Épithélial , Immunitaire , endothélial , Stromal .
important dans des pathologies comme la mucoviscidose ou le cancer du poumon par exemple. La technique de single cell RNA sequencing (ou scRNA-seq, voir encadré ci-joint) utilisée pour le réaliser permet d’attribuer des gènes marqueurs à chaque type de cellule et de mettre en évidence des modules de gènes spécifiquement associés à des paramètres démographiques ou à des localisations anatomiques au sein du système respiratoire1.[…]
Recherche Atlas cellulaire du poumon humain : un pas de géant vers la médecine de précision
18 _ Info Respiration _ #187 _ Juin 2025 www.splf.fr

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Vingt ans de thérapies ciblées EGFR dans le cancer du poumon

Jacques Cadranel1,

  1. Chef du Service de Pneumologie et Oncologie thoracique, Hôpital Tenon APHP, Sorbonne Université, Paris

Le couple mutation du gène de l’Epidermal Growth Factor (EGFR) et inhibiteur « spécifique » de
la tyrosine kinase de l’EGFR (ITK-EGFR) a eu 20 ans en 2024. Quelles leçons avons-nous appris de
ce développement thérapeutique dans les adénocarcinomes (ADC) métastatiques mutés EGFR ?

 Au commencement était la thérapie ciblée, pas vraiment ciblée…
En 2004, la revue générale du New England Journal of Medicine 1 mentionnait la négativité de l’essai thérapeutique INTACT-22 comparant l’ajout du géfitinib au doublet carboplatine – paclitaxel, chez 1 037 malades atteints de cancer du poumon non à petites cellules (CBNPC) métastatique.
Quelques temps plus tard, les essais INTEREST et BR21 (revue in2) confirmaient l’intérêt limité d’un ITK de 1re génération administré en 2e ligne de traitement dans une population de CBNPC métastatique non sélectionnée, le premier ne montrant pas de bénéfice du géfitinib comparé au docétaxel, le second retrouvant un faible bénéfice de l’erlotinib sur son placebo. Néanmoins, une analyse en sous-groupes de l’essai BR21 (revue in2), suggérait que les malades non fumeurs, ceux asiatiques et les adénocarcinomes (ADC) tiraient un bénéfice supérieur de l’erlotinib.

De l’essai IPASS en population sélectionnée au « tour de force » du modèle français
Avant la démocratisation du séquençage, des études comme l’essai IPASS (revue in4) ont cherché à identifier des profils cliniques prédictifs de réponse aux ITK-EGFR. Réalisé en Asie chez des non-fumeurs porteurs d’ADC, cet essai a montré une amélioration de la survie sans progression (SSP) avec le géfitinib par rapport à la chimiothérapie (CT). Cependant, le croisement des courbes de SSP suggérait une interaction entre l’efficacité thérapeutique observée et le type de traitement administré. L’analyse en sous-groupe confirmait la supériorité du géfitinib à la CT chez les malades mutés, mais aussi le risque d’une progression rapide sous ITK des malades non mutés, bien que sélectionnés sur des critères cliniques, illustrant la nécessité d’un test moléculaire pour guider la prescription.
Dans ce contexte, l’Institut National du Cancer (INCa) a conduit à la création en 2008 de 28 plateformes de génétique moléculaire5. En 2016, l’étude IFCT-Biomarqueurs France6 démontrait la faisabilité du dépistage national de six biomarqueurs chez près de 18 000 patients en un an, positionnant la France comme un modèle en matière de médecine de précision.[…]

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Numéro 180–Avril2024

Jésus Gonzalez, Bertrand Dautzenberg  Lire plus

Bertrand Dautzenberg, Fabienne Duguet, Chantal Raherison, d’après une interview réalisée par Agnès Lara Lire plus

Étienne-Marie Jutant Lire plus

Pascal Demoly Lire plus

Camille Taillé Lire plus

Nicolas Roche Lire plus

Bernard Milleron, Elisabeth Quoix Lire plus

Thomas Similowski Lire plus

Damien Basille, Gilles Mangiapan Lire plus

Francis Couturaud Lire plus

Jean-Michel Vergnon Lire plus

Bruno Crestani Lire plus

Marc Humbert, Gérald Simonneau Lire plus

Claire Andréjak, Benoît Douvry, Philippe Fraisse, Jean-Louis Herrmann, Geneviève Hery-Arnaud,

Jonathan Messika, Frédéric Schlemmer, Yacine Tandjaoui-Lambiotte et le bureau du GREPI Lire plus

Jean-Christian Borel, d’après une interview réalisée par Agnès Lara Lire plus

Bertrand Dautzenberg Lire plus

Marlène Murris-Espin Lire plus

Jean-Claude Meurice Lire plus

Hervé Mal Lire plus

Pierre-Yves Blanchard Lire plus

Jean-Pierre Orlando Lire plus

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Une France sans lobby du tabac, ça vous intéresse ? 

Étienne-Marie Jutant1,

  1. Centre Hospitalier Universitaire de Poitiers 

Éditorial

 Le 2 janvier 2025, une immense bâche publicitaire recouvrait l’église en travaux Notre Dame de Lorette dans le 9e arrondissement de Paris. Inscrit en lettres capitales : « Une France sans tabac, ça vous intéresse ? Nous aussi. » Et en plus petit avec un QR code « Et si on se parlait des alternatives ? » 

Le 15 février 2025, tous les coordinateurs de centres de compétence et de référence de l’hypertension pulmonaire français recevaient une invitation à participer à une étude de phase 2A testant une molécule innovante dans l’hypertension artérielle pulmonaire. 

Le point commun entre ces deux épisodes, d’apparence anodine ? L’industrie du tabac. La bâche publicitaire était financée par le géant du tabac British American Tobacco (BAT) qui affichait fièrement son logo en bas de l’affiche géante, restée en place 15 jours avant que la mairie de Paris ne la fasse retirer. Et les alternatives en question étaient en réalité les nouveaux produits du tabac commercialisés par ces mêmes industries. Quant à l’étude clinique, elle était promue par une filiale de la Japan Tobacco Company. Les réseaux français et européen de l’hypertension pulmonaire ont immédiatement réagi en informant tous leurs membres de ne pas participer à cette étude. 

Ces deux faits récents illustrent le dynamisme actuel de l’industrie du tabac, qui déploie un lobby encore plus décomplexé depuis quelques années. Info Respiration était présent à la journée de table ronde Marketing et Lobbying du tabac : Comment lutter ?* , organisée en février à l’École des hautes études en santé publique (EHESP) à Aubervilliers. Le Pr Karine Gallopel-Morvan, professeure des universités en Marketing social à l’EHESP nous explique dans ce numéro l’ingéniosité marketing sans limites de l’industrie du tabac, notamment grâce à l’appui des nouvelles technologies et des influenceurs sur les réseaux sociaux. Avec toujours un objectif : normaliser les produits du tabac. 

La SPLF s’engage fermement contre le lobby et les stratégies d’influence de cette industrie. A ce titre, et comme l’ATS et l’ERS l’ont déjà fait, la SPLF ajoute désormais à sa demande d’adhésion ou de réadhésion, une déclaration attestant de l’absence de tout lien avec l’industrie du tabac. Restons sur nos gardes et oeuvrons à dénormaliser les produits du tabac ! 

* drogueshs.hypotheses.org/2462 

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