La prévalence des différentes atteintes pulmonaires dans la polyarthrite rhumatoïde (PR) reste incertaine à ce jour en grande partie du fait de l’absence d’évaluation pulmonaire standardisée. Antoine Froidure (Bruxelles, Belgique) a présenté à l’ERS les résultats préliminaires d’une étude prospective pour détecter la prévalence des atteintes pulmonaires (PID, bronchiolites et nodules) dans la PR à un stade précoce de la maladie.

L’étude « Factors of ILD in Newly Diagnosed Rhumatoid Arthritis » (FINDRA, NCT04002765) est un essai prospectif ayant inclu des patients avec une PR nouvellement diagnostiquée selon les critères ACR/EULAR. La maladie est considérée comme précoce en cas de symptômes présents depuis au moins 1 an et au maximum 10 ans. Les patients ont eu une évaluation respiratoire complète consistant en un questionnaire environnemental, un scanner thoracique et des explorations fonctionnelles respiratoires (EFR), ainsi qu’un bilan auto immun. Une relecture centralisée des scanners thoraciques a été réalisée pour détecter la présence d’une PID, de piégeage expiratoire et de nodules.

Au 31 octobre 2021, 245 patients avaient été inclus. Trente-deux patients ont été exclus de la présente analyse en raison en raison d’examens en attente (TDM et/ou EFR). Cent-quarante-huit (59%) des 213 patients étaient des femmes. Quatre-vingt-dix-neuf (53%) étaient d’anciens ou d’actuels fumeurs, avec une médiane de 20 paquets-années et 34 (16%) étaient exposés à un toxique. Une PID était présente chez 25 patients (12%). Les patients avec une PID étaient significativement plus âgés (68 ans vs 54,5 ans, P<0,0001) et 48% étaient des hommes. La DLCO médiane était plus faible chez les patients avec une PID de PR (71% vs 84%, P=0,0003). Un piégeage aérien compatible avec une bronchiolite était présent chez 123 patients (58%). Les patients présentant un piégeage étaient plus âgés (57 vs 49, P<0,0001). Ni le sexe ni le tabagisme n’étaient liés à la présence de piégeage aérien. Enfin, 23 patients (11%) avaient au moins un nodule détecté au scanner.

Ainsi, dans cette analyse intermédiaire, ont été détectés une PID et des signes de bronchiolite chez 12% et 58% des patients, respectivement. L’âge était un facteur de risque pour les deux et la PID était plus fréquente chez les hommes.

Lucile Sesé, Service de physiologie, Service de pneumologie, Centre de référence maladies pulmonaires rares, site constitutif, Hôpital Avicenne, Bobigny


D’après la communication orale OA1455 « Lung involvement in early rheumatoid arthritis, interim analysis of the FINDRA prospective study “, présentée par Antoine Froidure (Bruxelles, Belgique) – Session 185 « Hot topics in connective tissue disease-associated interstitial lung disease » du dimanche 4 septembre 2022.

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