Bien qu’une dizaine de molécules soient sur le marché pour la prise en charge des hypertensions pulmonaires du groupe 1 (HTAP), aucun traitement de l’HTAP n’a obtenu une autorisation de mise sur le marché en Europe pour la prise en charge des hypertensions pulmonaires (HTP) associées à une pneumopathie interstitielle diffuse (PID). Suite à la publication de l’essai INCREASE dans le NEJM en 2021, le tréprostinil inhalé est recommandé dans cette indication aux États-Unis. Les données à long-terme, après passage dans la phase ouverte de cette étude, ont été présentées au cours d’une session de communications orales.

Trois cent vingt-six patients avaient été inclus et randomisés dans la phase initiale de cette étude comparant l’effet du tréprostinil inhalé dans les HTP associées à une PID. Une amélioration significative du test de marche de 6 minutes (31 m) avait été mise en évidence entre le groupe tréprostinil inhalé et le groupe placebo à la seizième semaine. La phase d’extension de l’étude INCREASE s’est intéressée aux résultats à long terme (1 an) de cette molécule sur le test de marche de 6 minutes (critère de jugement principal de l’étude) et la capacité vitale forcée (CVF).

Deux-cent quarante patients ont été inclus dans la phase d’extension (52% d’hommes, âge médian 70 ans). Cent vingt et un patients recevaient précédemment le placebo. Une durée médiane de 6 mois séparait le diagnostic de l’HTP associée à une PID et l’inclusion dans l’étude. Vingt-huit pourcents des patients avaient une fibrose pulmonaire idiopathique, 18% une pneumopathie interstitielle non spécifique, 24% un syndrome emphysème-fibrose, 24% une connectivite et 5% une pneumopathie d’hypersensibilité. Parmi les patients recevant le placebo au cours de la phase initiale de l’étude, aucune amélioration du test de marche de 6 minutes n’a été mise en évidence après le passage dans la phase ouverte. Les patients recevant le tréprostinil inhalé depuis le début de l’étude ont quant à eux maintenu les bénéfices précédemment obtenus. Les auteurs interprètent cela comme un argument en faveur d’une initiation précoce du traitement. Concernant les explorations fonctionnelles respiratoires, les patients du groupe placebo puis tréprostinil inhalé ont amélioré leur CVF au cours de la phase d’extension (environ 100 mL), alors que les patients traités depuis le début de l’étude par le tréprostinil inhalé sont restés parfaitement stables tout au long de l’étude (pas d’amélioration ni d’aggravation). La tolérance du tréprostinil inhalé était bonne. Les effets secondaires étaient similaires à ceux observés avec les prostacyclines administrées par voie parentérale : céphalées, troubles digestifs, douleurs de la mâchoire…

Les résultats de cette phase d’extension sont inattendus et nécessitent des données complémentaires. En effet, il est inhabituel de ne pas observer d’amélioration fonctionnelle lors du passage en ouvert avec un traitement qui a montré son efficacité lors de la phase de double aveugle.

Athénaïs Boucly , Service de Pneumologie et de Soins Intensifs Thoraciques, Hôpital de Bicêtre, Le Kremlin Bicêtre


D’après la session B96 – Fisherman’s Wharf: Omics and translational approaches in pulmonary vascular disease Communication “Long-term effects of inhaled treprostinil in patients with pulmonary hypertension due to interstitial lung disease: The INCREASE study open-label extension”, A5671

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