Fonction respiratoire des personnes vivant avec le VIH : attention aux éosinophiles !

Les données de l’étude SHIELD (Study of HIV in Etiology of Lung Disease) collectées entre 2009 et 2019 et regroupant 8378 spirométries provenant de 1598 participants ont été analysées en fonction du taux d’éosinophiles sanguins. Les résultats risquent d’en surprendre plus d’un…

L’étude SHIELD a regroupé les données de 494 personnes vivant avec le VIH et de 1104 personnes séronégatives ayant bénéficié d’une spirométrie tous les 6 mois et d’une mesure des éosinophiles sanguins tous les ans. Chez les personnes vivant avec le VIH, seuls 32 (6,5%) avaient des éosinophiles sanguins > 0,3 G/L, vs. 8,9% chez les séronégatifs. Toutefois, le fait d’avoir des éosinophiles sanguins > 0,3 G/L était associé à un VEMS plus bas, y compris après ajustement sur l’âge, le sexe, le statut tabagique, le nombre de paquets-années et l’abus de drogues injectables. De même, ces patients avaient un risque plus élevé d’être hospitalisés par rapport à ceux ayant des éosinophiles normaux. Cette étude américaine est l’une des toutes premières à avoir examiné le lien entre la fonction respiratoire, le taux d’hospitalisations et les éosinophiles sanguins chez les personnes vivant avec le VIH. Elle suggère fortement que l’inflammation de type 2 joue un rôle important chez ces patients et que le VIH lui-même pourrait modifier l’association entre cette inflammation de type 2 et l’altération de la fonction respiratoire. Il est fort probable que d’autres études soient conduites à l’avenir sur le même sujet car on peut évidemment imaginer quelques implications thérapeutiques si ces données se confirment.

D’après Enoh S. et al. Higher eosinophils are associated with lower lung function among people living with HIV. Session B70.

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