
La grossesse reste fortement déconseillée chez les patientes atteintes d’hypertension pulmonaire (HTP) en raison du risque élevé de décompensation hémodynamique et de mortalité maternelle et fœtale. En cas de volonté de poursuivre la grossesse malgré les risques, un suivi très rapproché est préconisé. Le mode optimal d’accouchement demeure toutefois débattu. Une méta-analyse a comparé le devenir des accouchements par voie basse et ceux par césarienne chez des patientes atteintes d’HTP.
Cette analyse a inclus 7 études observationnelles totalisant 9 076 patientes, dont 2 952 ayant accouché par voie basse et 6 124 par césarienne. L’objectif principal était la mortalité maternelle dans les six mois suivant l’accouchement, tandis que l’objectif secondaire évaluait le risque d’insuffisance cardiaque en postpartum. Dans cette analyse, la mortalité maternelle était de 1,9 % après accouchement par voie basse contre 3,2 % après césarienne, sans différence statistiquement significative entre les deux stratégies (RR : 0,88 ; IC 95% : 0,41-1,92). La majorité des décès maternels survenait dans la première semaine suivant l’accouchement. Le risque d’insuffisance cardiaque postpartum ne différait pas significativement entre les deux groupes : 6,0 % après voie basse versus 7,4 % après césarienne (RR : 0,80 ; IC 95% : 0,38-1,72). Ces résultats suggèrent que l’accouchement par voie basse pourrait représenter une option acceptable chez certaines patientes atteintes d’HTP, notamment en cas de forme stable ou peu sévère. Les auteurs soulignent toutefois le faible niveau de preuve disponible, reposant exclusivement sur des études observationnelles.
Athénaïs Boucly, service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, Hôpital Bicêtre, Assistance Publique Hôpitaux de Paris, 78, rue du Général Leclerc, 94270 Le Kremlin-Bicêtre
D’après He Z. Maternal mortality and postpartum heart failure in patients with pulmonary hypertension undergoing vaginal delivery versus cesarean section: a systematic review and meta-analysis. Session D28.



