


Louise Bondeelle,Service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse
La session « The Best of the ERJ 2026 » de l’ERS présente une sélection de publications susceptibles d’avoir un impact sur notre pratique clinique en termes d’infections respiratoires.
Les NETs : un marqueur de sévérité qui ouvre une nouvelle piste
L’étude internationale TORPIDS-3 1 s’intéresse aux neutrophil extracellular traps, les NET, ces réseaux extracellulaires libérés par les polynucléaires neutrophiles dans le cadre de la réponse inflammatoire. Les auteurs montrent que leur concentration dans le liquide pleural est associée à plusieurs marqueurs de gravité avec notamment un risque accru de mortalité à un an. Ce résultat est intéressant car il suggère que l’infection pleurale n’est pas seulement une question de bactéries et de pus à évacuer. La réponse inflammatoire du patient pourrait elle-même participer à la constitution d’un environnement pleural particulièrement complexe, notamment avec la formation de cloisons et la persistance de la maladie. Pour la pratique quotidienne, les NETs ne sont évidemment pas encore un biomarqueur à doser au lit du malade. Mais ils donnent une autre lecture de ce que nous observons à l’échographie : un liquide cloisonné et difficile à drainer pourrait être le reflet d’une réponse inflammatoire particulière. Les auteurs évoquent notamment la possibilité future de stratégies ciblant les NETs, en complément des traitements actuels
SCOPE : les enzymes intrapleurales gardent une longueur d’avance
Le deuxième travail, l’étude randomisée SCOPE 2, revient à une question plus concrète : peut-on remplacer ou compléter les traitements enzymatiques intrapleuraux par un simple lavage au sérum physiologique ? Le lavage salin seul était associé à une durée de drainage plus longue que le traitement enzymatique intrapleural. L’ajout d’un lavage salin au traitement enzymatique n’apportait pas de bénéfice supplémentaire. L’étude souligne l’importance du drainage précoce et bien positionné sous échographique. Le lavage salin peut être utilisé mais ne doit pas remplacer les enzymes.
Ces travaux suggèrent que le futur de l’infection pleurale ne sera probablement pas de trouver un traitement miracle mais plutôt de savoir chez quel patient, à quel moment et par quel mécanisme intervenir.
D’après la session du dimanche 6 septembre – présentation de Stefano aliberti
- Chu JY, Hollins S, Elsheikh A, et al. Pleural fluid neutrophil extracellular traps are associated with disease severity and risk of 1-year mortality in pleural infection: an observational, international, multicohort study (TORPIDS-3). Eur Respir J 2026; 68: 2600113. ↩
- Porcel JM, Ferreiro L, Acosta C, et al. Saline lavage alone prolongs drainage compared with intrapleural enzyme therapy in pleural infection: the SCOPE randomised controlled trial. Eur Respir J 2026; 67: 2501715. ↩



