Cette année encore, une session de poster était consacrée à la transplantation pulmonaire. Nous vous proposons un florilège de des communications présentées.

Transplantation des pneumopathies infiltrantes diffuses

Le Dr Saskia Bos a repris de façon rétrospective la cohorte de patients atteints de pneumopathies interstitielles diffuses (PID) dans le programme de Transplantation de Newcastle (UK), entre 1987 et 2020, et s’est intéressée aux facteurs liés à leur pronostic au cours du temps. Deux cent quatre-vingt-quatre patients sont analysés. De façon intéressante, elle rapporte que l’âge des patients à la transplantation a significativement augmenté au cours du temps : de 51 ans [48-60] au cours de la première période (1987 à 2000), il est passé à 54 ans [46-59] entre 2001 et 2010, puis à 56 ans [51-61] entre 2011 et 2020 ; les pratiques ont changé puisque 93,8% des patients de la première période avaient reçu une transplantation monopulmonaire, et seulement 24,3% au cours des dix dernières années. La médiane de survie était de 5 ans. Les deux facteurs associés avec un moins bons pronostics étaient : un âge avancé (au-dessus de 50 ans) et un diagnostic sous-jacent de pneumopathie interstitielle non spécifique.

Complications néoplasiques après transplantation pulmonaire

L’équipe du programme de transplantation pulmonaire de Groningue (Pays-Bas) met en lumière une problématique clinique importante : le tabagisme (et son degré) du donneur, pour l’acceptation des greffons. Dans une étude rétrospective (1990-2018) monocentrique, les auteurs tentent de répondre à la question du risque néoplasique chez le receveur, après implantation d’un greffon d’un patient tabagique. Les 643 receveurs ont été groupés selon le niveau de l’intoxication tabagique de leur donneur : entre 0 et 10 paquets-années (PA), 10 à 20 et au-dessus de 20 PA, et la survenue d’une néoplasie broncho-pulmonaire a été notée. Après un suivi médian de 7 ans [3,3-11,7], 27 patients ont eu un diagnostic de néoplasie pulmonaire. La quantité de tabac consommé n’augmentait pas le risque de survenue d’un cancer broncho-pulmonaire. Il n’y avait pas de différence de survie entre ces groupes. Malheureusement, l’effectif des donneurs qui consommait plus de 10 PA était faible, et ne concernait que 20% des donneurs. De plus, il paraît discutable de grouper des patients qui ont consommé 20 PA, avec ceux qui ont fumé plus de 30 PA. On sait par ailleurs que ce chiffre, obtenu le plus souvent auprès de la famille des donneurs, manque de précision. Enfin, d’autres éléments du pronostic (survenue du CLAD, de dysfonction primaire du greffon…) auraient été intéressants à étudier.

Mieux vaut un greffon masculin pour un homme receveur ?

Les données concernant le « mismatch » de sexe pour le pronostic de la transplantation pulmonaire sont contradictoires. L’équipe de Toronto s’est intéressée à cette question dans une étude prospective monocentrique entre 2017 et 2020 chez les patients transplantés bipulmonaires. Deux cent vingt-quatre patients adultes, transplantés pour la première fois et suivis depuis plus de 3 mois, ont été inclus. La survie sans CLAD des patients M->F était significativement moindre que toutes les autres combinaisons. Les patients M->M avaient les meilleures performances de mécanique respiratoire. L’une des explications mise en avant concerne les incongruences de diamètres des bronches entre donneurs et receveurs, qui pourraient augmenter les complications, et de là, augmenter le risque de CLAD.

Jonathan Messika, Service de Pneumologie et Transplantation Pulmonaire, Hôpital Bichat


D’après la session 147 « Risk stratification in lung transplant patients »et les communications :

  • PA1023 “Lung transplantation for interstitial lung disease: lessons from a UK single centre experience”, de Saskia Bos (Newcastle upon Tyne, Royaume-Uni)
  • PA1028 “The impact of donor-recipient sex match in the lung function after lung transplant”, de Albert Cheng (Toronto, Canada)
  • PA1032 “Late Breaking Abstract – Donor smoking history does not affect the risk of lung cancer in lung transplantation patients”, de Eline A. van der Ploeg (Groningue, Pays-Bas)
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