Philippe Charlier, le médecin qui fait parler les morts au profit des vivants

Invité pour la conférence inaugurale, Philippe Charlier a fait découvrir à une assemblée médusée la paléo-pneumologie et son intérêt pour les vivants, abordant des sujets aussi divers qu’inattendus, comme la paléopathologie de l’air, ou encore la reconstitution de la voix d’Henri IV à partir de sa tête embaumée. Une conférence pour le moins étonnante !


Philippe Charlier 
Laboratoire Anthropologie, Archéologie, Biologie (LAAB), Université Paris-Saclay (UVSQ)

d’après une interview réalisée par Agnès Lara

Philippe Charlier : je suis médecin légiste et anatomopathologiste de formation initiale. Mais il est vrai que je n’ai pas fait médecine pour être un médecin classique. Je souhaitais devenir médecin des morts, en particulier des morts anciens, ceux que l’on retrouve dans les fouilles archéologiques ou les personnages de l’histoire. C’est une passion qui est née lors de vacances en famille à Pompéi et Herculanum. J’avais alors 6 ou 7 ans et j’ai été fasciné par tous ces corps couverts de plâtre. Ayant grandi au sein d’une famille de médecins, je me suis dit que cette médecine, dont j’entendais parler depuis mon plus jeune âge, était sans doute un moyen de les faire parler, de reconstituer leur visage, leur voix, leurs pathologies, leur vie quotidienne, etc. Et très rapidement, j’ai suivi cette voie. D’abord médecin, je suis devenu archéologue, puis j’ai été directeur scientifique du musée du quai Branly durant 5 ans. Une évolution que je n’aurais jamais pu imaginer lorsque j’étais interne en anatomopathologie à Lille.

PC : Je souhaitais en premier lieu expliquer ce qu’est la paléo-pneumologie et son utilité dans la médecine d’aujourd’hui. Mon intervention s’est centrée sur le thorax dans sa globalité : les poumons bien sûr, et toutes les pathologies qui ont pu être étudiées à partir de restes de poumons, de squelettes, ou encore de l’examen scanographique de momies. À titre d’anecdote, j’ai aussi évoqué les coeurs embaumés des Bienheureuses Anne-Madeleine Remuzat et Pauline Jaricot, toutes deux béatifiées par le Vatican. L’occasion de faire découvrir aux pneumologues comment la médecine peut concourir au processus de canonisation en attestant ou non de l’intervention de l’homme (si ce n’est celle de Dieu ?) dans la conservation du coeur de ces « saintes femmes ». J’ai également évoqué d’autres coeurs embaumés sur lesquels j’ai pu travailler, comme ceux de Louis XII et de Louis XIV qui sont à la Basilique St Denis… et que l’on retrouve dans deux peintures du Louvre et de Pontoise car utilisés comme pigments après la Révolution française !

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