Pronostic des PID en réanimation : toujours le même…

Le pronostic des pathologies interstitielles diffuses (PID) en réanimation est classiquement reconnu comme mauvais, d’autant plus qu’on a recours à la ventilation mécanique invasive. Néanmoins, certaines pathologies comportant une composante potentiellement réversible pourraient tirer un meilleur bénéfice à la réanimation, comme les pathologies interstitielles liées aux connectivites (CTD-ILD).

L’équipe de R. Sood (Baltimore, Etats-Unis) a rapporté une étude rétrospective multicentrique menée sur des patients hospitalisés entre 2017 et 2024 pour insuffisance respiratoire aiguë (IRA). Celle-ci était définie par plus de 24h sous ventilation mécanique invasive ou support non invasif (haut débit nasal ou ventilation non invasive). Les PID étaient classées en différents sous-groupes : fibrose pulmonaire idiopathique (FPI), PID associée aux connectivites, pneumopathie d’hypersensibilité, sarcoïdose et autres. Le critère de jugement principal était la survie sans transplantation à J90.

Sur 982 patients (âge médian 70 ans, 50% femmes), 27% avaient une FPI, 8% une PID liée aux connectivites, 6% une pneumopathie d’hypersensibilité, 17% une sarcoïdose et 42% une « autre PID ». Avant l’hospitalisation, les anti-fibrosants étaient retrouvés chez 8% des patients, tous porteurs de FPI, et les immunosuppresseurs chez les patients suivis pour connectivites (35%). Plus de 70% des patients recevaient une corticothérapie durant l’hospitalisation et les immunoglobulines IV étaient majoritairement utilisées dans les PID associées aux connectivites. A J90, 47% des patients sont décédés ou ont été transplantés. Les patients non intubés ont eu une meilleure survie que les patients intubés (56% versus 44%), sans différence en fonction du type de PID. Après ajustement, en comparaison avec la FPI, sous ventilation invasive, on ne constate pas de différence significative selon les types de PID (hazard ratio 0,84 [0,56 – 1,27] pour les PID associées aux connectivites, 1,14 [0,76 – 1,72] pour les pathologies d’exposition, 1,04 [0,75 – 1,45] pour la sarcoïdose, et 1,10 [0,88 – 1,39] pour les autres PID). Ces données confirment la notion de mauvais pronostic global de ces pathologies en réanimation, d’autant plus qu’on recourt à la ventilation invasive. Plus que le sous-type de PID, c’est donc la sévérité de l’IRA en elle-même qui semble conditionner le devenir des patients. On peut néanmoins regretter l’existence de données manquantes importantes, comme la cause de l’IRA (infectieuse ou exacerbation de la pathologie notamment), qui conditionnent grandement la prise en charge et probablement le pronostic.

D’après l’affiche discutée de R Sood et al. No safe subtype: survival after acute respiratory failure in interstitial lung disease . Am J Respir Crit Care Med 2026;212: aamag162.4741 (Session C105).

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