La réduction de volume (RDV) par valves endo-bronchiques est la seule modalité de RDV endoscopique disponible actuellement en France en soins courants. La technique, qui consiste à mettre en place de façon unilatérale des valves unidirectionnelles au niveau d’un lobe cible chez des patients emphysémateux remplissant des critères de sélection précis, permet d’apporter chez environ 60% des patients traités un bénéfice fonctionnel au prix d’un risque de pneumothorax se situant autour de 25%. Peu de données sont disponibles sur la pertinence d’une RDV bilatérale.

Au cours d’une session de communications orales portant sur les innovations en matière de BPCO (A94), N Guibert (Toulouse, France) a rapporté un travail préliminaire testant rétrospectivement la pertinence d’une RDV bilatérale par valves, réalisée de façon programmée ou non dans le cadre d’un échec d’une première procédure. Sur une période de 3,5 ans, 9 patients de 2 centres (Toulouse, Limoges) ont été traités de façon bilatérale, la procédure controlatérale étant réalisée approximativement 6 mois après la première. A noter que, pour la seconde procédure, les patients gardaient les critères d’éligibilité pour la RDV endoscopique (notamment l’hyperinflation et l’absence de ventilation collatérale) et que seuls ont été sélectionnés pour une seconde procédure ceux des patients ayant eu une réponse à la première. L’évaluation a été faite 3 mois (M3) après chaque procédure.

Les valeurs médianes de VEMS et de VR étaient respectivement de 860 ml (30%) et 5140 ml (231%) avant la RDV. Les lobes cibles représentaient respectivement 9% et 8% de la perfusion pulmonaire totale lors de la première et de la seconde procédure. Le nombre médian de valves placées a été de 6 pour les 2 procédures (total 12). Les valeurs médianes de réduction de CPT et de VR à M3 ont été de 930 et 670 ml après la première procédure, et de 1152 et 740 ml après la seconde, respectivement, correspondant à une baisse de CPT et de VR de 2082 ml et de 1410 ml 3 mois après la seconde RDV. Le gain médian de VEMS a été de 24% (de 860 à 1070 ml, p=0,027) après la première procédure, de 40% après la seconde (de 1070 à 1500 ml p=0,004), avec un gain total de 74 % (+640 ml, p=0,004). La distance parcourue au TM6 a été améliorée de 170 m (95 m après le premier traitement, 75 m après le second, p=0,004). Trois complications ont été observées après le premier traitement, 5 après le second (parmi elles : 1 pneumothorax après le premier traitement et 2 après le second, ce qui porte le taux total de pneumothorax à 37,5%). Aucun décès n’a été à déplorer. Une ablation de valves a été nécessaire chez 2 patients (pneumonie n=1, pneumothorax à répétition n=1). L’analyse des données individuelles indique que 7 patients sur 9 ont été améliorés par chacune des procédures, 1 patient a été amélioré surtout après la première procédure et 1 patient surtout après la seconde. Les auteurs concluent avec prudence que, sur une population de patients bien sélectionnés, la RDV bilatérale est à même d’apporter une amélioration fonctionnelle plus importante qu’après traitement unilatéral mais au prix d’une fréquence plus élevée de complications et qu’en conséquence le positionnement de la RDV bilatérale n’est pas encore clair (de façon séquentielle programmée ou uniquement en cas d’échec de la procédure initiale. 

Hervé Mal, Service de pneumologie et transplantation pulmonaire, Hôpital Bichât, Paris


D’après la communication au cours de la session A94 :

N. Guibert, R. Fumat, F. Favard, M. Dusselier, V. Héluain, R. Barthes, G. Plat, et al. Am J Respir Crit Care Med 2022; 205 : A2130

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