asthme

Lunsekimig dans l’asthme modéré à sévère : résultats de l’essai AIRCULES

Clairelyne Dupin, Paris

Le blocage bispécifique de la TSLP et de l’IL-13 par un seul anticorps démontre son bénéfice contre placebo dans un essai multicentrique de phase II.

Le lunsekimig est un nouvel anticorps monoclonal et bispécifique bloquant simultanément la TSLP et l’IL-13, visant ainsi l’inflammation de type 2 et non-type 2. Il génère un espoir depuis quelques années et la présentation de son mécanisme bispécifique.  Les résultats de l’essai de phase II étaient donc un des moments les plus attendus de cet ERS pour la communauté des asthmologues.  

Dans AIRCULES, essai de phase II randomisé en double aveugle contrôlé contre placebo, avec recherche de dose, 685 adultes atteints d’asthme modéré à sévère non contrôlé ont été randomisés (critères d’inclusion : GINA 4–5, ≥1 exacerbation dans l’année, ACQ-5 ≥1,5, VEMS 40–80 %).

Quatre schémas de lunsekimig ont été comparés au placebo : 60 mg et 300 mg toutes les 4 semaines (Q4W), 300 mg toutes les 8 semaines (Q8W), et 60 mg Q8W (bras exploratoire).

Le critère principal était le taux annualisé d’exacerbations à 48 semaines et le critère secondaire principal la variation du VEMS pré-bronchodilatateur.

Cette étude est positive sur tous ses critères hiérarchisés avec l’effet le plus important observé à la dose de 300 mg Q4W. Ainsi vs placebo,  il était noté la réduction du taux annualisé d’exacerbations de 55,3 % (p=0,0016), un gain de VEMS pré-BD de 0,125 L (p=0,0183), rapide et soutenu jusqu’à la 48ème semaine, et un allongement du délai avant première exacerbation (réduction de risque de 39,9 (p=0,0483)). Le contrôle des symptômes (ACQ-5) et la qualité de vie (AQLQ) étaient également améliorés.

La réponse était plus marquée chez les patients exacerbateurs fréquents et présentant un phénotype inflammatoire de type 2 (FeNO élevée ou éosinophiles sanguins ≥300/µL), avec un bénéfice conservé dans tous les sous-groupes.

Le profil de tolérance était globalement comparable au placebo, sans décès survenu. Des événements indésirables graves sont survenus chez 6,4 % des patients sous lunsekimig contre 7,2 % sous placebo. Les anticorps anti-médicament, à titre généralement faible, n’ont pas eu d’impact sur l’efficacité ni sur la sécurité.

À la dose de 300 mg toutes les 4 semaines, le lunsekimig réduit significativement les exacerbations et améliore la fonction pulmonaire dans l’asthme modéré à sévère. Ces résultats soutiennent l’intérêt du double blocage TSLP/IL-13 dans l’asthme et doivent désormais être répliqués dans une phase III et comparés contre des biothérapies monospécifiques, afin de démontrer l’éventuel bénéfice additionnel.


D’après ALERT 2: Towards the golden age of respiratory science – Présentation n° 6575

Lunsekimig dans l’asthme modéré à sévère : résultats de l’essai AIRCULES Lire la suite »

Les analogues du récepteur du GLP-1, un souffle nouveau pour les asthmatiques ?

Clairelyne Dupin, Paris

Quel bénéfice des analogues du récepteur du GLP-1 dans l’asthme, maladie inflammatoire influencée par les troubles métaboliques et le surpoids ?

Les agonistes du récepteur du peptide-1 similaire au glucagon (AR-GLP-1) sont de plus en plus utilisés dans la prise en charge de l’obésité et le diabète de type 2, avec des effets anti-inflammatoires et métaboliques potentiels allant au-delà du contrôle glycémique. Le récepteur du GLP-1 est exprimé significativement au niveau de l’épithelium et des cellules musculaires lisses bronchiques. Une pensée émergente questionne le bénéfice potentiel de ces traitements sur l’asthme, maladie inflammatoire influencée par les troubles métaboliques et le surpoids. Des équipes danoise et britannique ont présenté des travaux dans le cadre d’une session commune.

La première étude présentée est une analyse de cohorte à l’échelle nationale à partir des registres de santé danois. Dans cette étude, 27 523 adultes (âge moyen de 54 ans, 66 % de femmes), atteints d’asthme (identifié par codage CIM-10 J45/J46 ou délivrance ≥ 2 ordonnances de traitement inhalé au cours des 12 derniers mois) ont été inclus lors de la première délivrance d’un AR- GLP-1 (date d’index). Les personnes atteintes de BPCO ou sous traitements biologiques contre l’asthme au cours des 12 mois étaient exclues.

L’instauration d’un AR- GLP-1 était associée à une réduction du taux d’exacerbation d’asthme (IRR 0,74, IC à 95 % : 0,69–0,80). Les données étaient similaires dans les sous-groupes de patients en surpoids ou obèses (IRR 0,78) et celui des patients diabétiques de type 2 (IRR 0,74). Des réductions ont également été observées concernant l’utilisation de traitements de secours (IRR 0,86), l’exposition aux CSI (IRR 0,77), ainsi qu’une diminution de l’incidence de pneumonie (IRR 0,90).

Le second travail présenté a été mené par l’équipe de l’Imperial College de Londres, à partir des dossiers médicaux électroniques britanniques. Dans cette étude, 8266 patients asthmatiques / BPCO débutant un traitement par AR-GLP-1 ont été comparés à un groupe contrôle de 20 273 patients asthmatiques / BPCO débutant un traitement par sulfamides hypoglycémiants.

L’instauration du traitement par AR-GLP-1 était associée à une réduction de 14% d’exacerbations d’asthme / BPCO , plus important avec le semaglutide (30% de réduction) que l’exenatide (23%), le dulaglutide (12%). Il n’y avait pas d’association observée avec le liraglutide et le lixisenatide. Le taux d’exacerbation n’était pas influencé par l’âge, le statut tabagique, l’éosinophilie, l’IMC, l’HBA1c, la variation de poids pendant le traitement. En revanche, l’effet était plus important chez les asthmatiques (réduction de 38% du risque d’exacerbation) que chez les BPCO (réduction de 21%).

Ces études observationnelles délivrent un message similaire : les AR-GLP-1 entrainent une réduction du risque d’exacerbation d’asthme et de BPCO. Elles devront être complétées par des essais prospectifs randomisés contre placebo. Comme l’a conclu le Pr Arnaud Bourdin qui modérait la session, « the GLP1 story is just beginning ». Stay tuned !


D’après Oral Communications « Reimagining airway disease treatment: novel metabolic, regenerative and interventional therapies »
Présentations n° 5556 5561

Les analogues du récepteur du GLP-1, un souffle nouveau pour les asthmatiques ? Lire la suite »

Remission clinique de l’asthme sévère sous Benralizumab : focus sur les données françaises

Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

L’étude BENEFIT est une étude observationnelle rétrospective, financée par AstraZeneca, reposant sur les données médico-administratives issues du SNDS. Les analyses présentées avaient pour objectif d’évaluer, en vie réelle, la proportion de patients atteignant des critères de rémission sous benralizumab et de caractériser ces patients.

Sous benralizumab, un tiers des patients asthmatiques sévères atteint une rémission définie sur des critères médico-administratifs.

L’objectif principal des analyses présentées aujourd’hui était d’évaluer la prévalence d’obtention de la rémission clinique des patients asthmatiques sévères traités par benralizumab pendant au moins 1 an avec au minimum 2 ans de suivi entre 2019 et 2023.

La rémission clinique était considérée comme atteinte au cours de toute période de 12 mois sous benralizumab durant laquelle les quatre critères suivants étaient simultanément remplis : aucun corticoïde oral dispensé, moins de 3 dispositifs de bronchodilatateur de courte durée d’action ou moins de 3 dispositifs d’une association CSI-formoterol dispensé, posologie quotidienne moyenne de CSI inférieure ou égale à 1000 µg/jour (équivalent beclométasone), aucune hospitalisation liée à l’asthme.

Parmi les 10 224 patients ayant initié un traitement par benralizumab, 4 041 patients ayant eu au moins un an de traitement par benralizumab et 2 ans de suivi ont pu être inclus dans l’analyse.

La population incluse possédait des caractéristiques classiquement associées à un asthme sévère de type T2 éligible à une biothérapie : sujets de sexe féminin à 57,5 % âgés en moyenne de 60,2 +/- 13,9 ans présentant une rhinite allergique dans 86,4 % des cas et une polypose nasosinusienne dans 8,5 % des cas. Plus d’un tiers (36,7 %) des patients ont été hospitalisés du fait de leur asthme dans les 5 années précédant l’initiation du benralizumab. Il est à noter enfin que 34 % des patients avaient reçu au moins une autre biothérapie dans les 5 années précédentes.

La proportion de patients en rémission clinique (respect des 4 critères) durant les 12 mois de traitement par benralizumab était de 33,9 % (1 369 patients). La durée médiane d’obtention de cette rémission clinique était de 113 jours (1-322 jours) avec une durée médiane de rémission de 21,4 mois (15,4-31 mois). La délivrance de corticostéroïdes oraux constituait la principale cause d’interruption d’une période de rémission (41,2 %), devant la fin du suivi (31,2 %). La nature médico-administrative des données ne permettait toutefois pas de déterminer l’indication de ces prescriptions.

Les patients atteignant la rémission avaient initialement une moindre exposition aux corticostéroïdes et moins de comorbidités.

Des différences étaient notées entre les patients achevant une rémission clinique durant la première année de traitement par benralizumab en comparaison avec les patients n’atteignant pas la rémission. Ces patients présentaient à l’instauration du benralizumab une moindre exposition aux corticostéroïdes, tant sur le plan des formes inhalées (874,5 +/- 618,6 vs 1 202,4 +/- 849,3 µg/jour, p < 0,0001) qu’orales (4,1 (1,1 ; 6,6) vs 6,6 (3,3 ; 11,9) mg/jour, p < 0,0001). Ces patients en rémission clinique étaient par ailleurs moins nombreux à avoir été hospitalisés du fait d’un asthme (27,9 % vs 41,2 %, p<0,0001) et moins susceptibles d’avoir eu une biothérapie antérieure dans les 5 ans (25,7 vs 38,2 %, p < 0,0001) dans les 5 années précédant l’instauration du benralizumab. Enfin, les patients en rémission clinique présentaient moins de comorbidités associées, qu’il s’agisse de BPCO, de maladies cardiovasculaires, d’obésité ou de diabète.

Au total, environ un tiers des patients asthmatiques sévères traités par benralizumab atteignait les quatre critères de rémission définis à partir des données du SNDS. Les patients atteignant cette rémission présentaient à l’instauration du traitement une moindre exposition aux corticostéroïdes, moins d’antécédents d’hospitalisation ainsi qu’une moindre charge en comorbidités. Notons néanmoins que la « rémission » évaluée ici repose exclusivement sur des critères médico-administratifs à confirmer avec les données cliniques.


D’après le poster suivant : Remission with Benralizumab in Severe Asthma: Real-World Evidence from the French claims database (BENEFIT Study)
Présenté par Arnaud BOURDIN
Session : Remission and relapse in airway diseases with biologic therapies – Le 08/09/2026

Remission clinique de l’asthme sévère sous Benralizumab : focus sur les données françaises Lire la suite »

Peut-on lier la variabilité des mesures de FeNO à l’évolution de la maladie asthmatique ?

Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

Les mesures de FeNO sont variables chez les patients asthmatiques au cours du suivi. Une étude de cohorte prospective suédoise s’est intéressée au lien entre cette variabilité et l’évolution du contrôle de l’asthme et de la fonction respiratoire.

La variabilité des mesures de FeNO au cours du suivi est associée à l’évolution du contrôle de l’asthme et de la fonction respiratoire.

L’étude s’est basée sur la cohorte prospective suédoise Swedish National Airway Register (2013 à 2024) en sélectionnant les 2 362 patients ayant des mesures répétées de la FeNO. Il est à noter que les recommandations de prise en charge suédoises ne prévoient pas de surveillance systématique de la FeNO et ne recommandent pas d’utiliser la FeNO pour guider la thérapeutique. Les patients étaient âgés en moyenne de 45 ans avec une légère prédominance féminine (53 %).

La variabilité du FeNO a été calculée pour chaque individu comme l’écart-type intra-individuel des résidus issus d’un modèle linéaire mixte ajusté sur le temps, l’âge, le sexe, la taille, le poids et la saisonnalité. Cette approche permettait d’isoler les fluctuations de visite à visite non expliquées par ces facteurs.

La variabilité du FeNO a été étudiée seule, puis en interaction avec la pente d’évolution du FeNO au cours du temps (en hausse ou en baisse), ou avec sa valeur basale (< ou ≥ 20 ppb). Ces dernières ont ensuite été confrontées à la survenue des exacerbations, l’évolution des doses cumulées annuelles de CSI, l’évolution du contrôle de l’asthme évalué par le score ACT et l’évolution annuelle du VEMS (variation de 100 mL par an).

Les patients inclus dans l’étude présentaient une franche hétérogénéité intra-individuelle et inter-individuelle des valeurs mesurées de FeNO (moyenne 2.9/patient) au cours du suivi. Dans la cohorte entière, une variabilité élevée de la FeNO était associée à une amélioration du score ACT et une réduction des exacerbations dans l’année suivant la mesure de la FeNO.

Néanmoins, l’association de la variabilité de la FeNO avec l’évolution clinique de l’asthme dépend de la pente d’évolution de la FeNO (baisse vs hausse) et de la valeur basale.

Afin d’affiner l’analyse, les auteurs ont étudié l’interaction entre la variabilité du FeNO et le sens de son évolution au cours du suivi (baisse ou hausse). Lorsque la variabilité du FeNO était élevée et associée à une augmentation du FeNO au cours du temps, un déclin plus rapide du VEMS était observé, malgré une réduction des exacerbations. Paradoxalement, l’augmentation de la variabilité de la FeNO associée à une FeNO ≥ 20 ppb était quant à elle associée à une amélioration du VEMS malgré une augmentation de la fréquence des exacerbations.

Malgré ces associations, la qualité de la prédiction des exacerbations, de la posologie des CSI, du contrôle de l’asthme et du VEMS par la variabilité de la FeNO, associée ou non à son évolution (hausse/baisse) et à sa valeur basale était réduite avec des AUC de courbes ROC compris entre 0,54 et 0,68.

Au total, la variabilité de la FeNO au cours du temps semble associée à certains marqueurs d’activité de la maladie asthmatique. Néanmoins, ces associations semblent complexes rendant difficile son utilisation en pratique clinique. Son utilisation pour guider la prise en charge à l’échelle de l’individu requerra des études complémentaires pour mieux comprendre les liens de cause à effet entre la FeNO, la pression thérapeutique et les marqueurs d’activité de l’asthme.


D’après le poster suivant : Visit-to-visit FeNO variability predicts outcomes in routine-care adult asthma Présenté par Reshed Abohalaka Session : Molecular and cellular mechanisms in airway disease – Le 07/09/2026

Peut-on lier la variabilité des mesures de FeNO à l’évolution de la maladie asthmatique ? Lire la suite »

Quelle prévalence de la dyspnée d’effort chez le patient asthmatique sévère à l’ère des biothérapies ?

Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

Un poster présentait les données relatives à l’évaluation de la dyspnée d’effort chez les patients asthmatiques sévères suivis dans le cadre de la cohorte française RAMSES (NCT04077528).

Le développement des biothérapies a significativement modifié la prise en charge des patients asthmatiques sévères avec une amélioration drastique du contrôle de la maladie, une réduction des exacerbations sévères et des hospitalisations et une réduction du recours à la corticothérapie d’entretien. Néanmoins, on dispose de moins de données concernant les symptômes rapportés par les patients (PROM = Patient-Reported Outcome Measures) traités par biothérapie en vie réelle.

Dans ce cadre, au contraire d’autres pathologies respiratoires chroniques telle que la BPCO, peu de données relatives à la prévalence et aux déterminants de la dyspnée d’effort sont disponibles pour les patients asthmatiques sévères 1. Chez les patients asthmatiques, la dyspnée est par ailleurs multifactorielle avec un impact important de l’anxiété et des symptômes d’hyperventilation sur ses dimensions sensorielles et affectives 2.

A l’ère des biothérapies, environ un patient asthmatique sévère sur deux présente une dyspnée d’effort sévère ou invalidante (mMRC ≥ 2). Un tiers  ont une dyspnée d’effort sévère ou invalidante alors même qu’ils sont traités par biothérapie.

L’objectif de l’étude était tout d’abord de déterminer la fréquence de la dyspnée d’effort, évaluée au moyen du score mMRC (critère de jugement principal : mMRC ≥2), chez les patients asthmatiques sévères puis d’en rechercher les facteurs associés.

Parmi les 2 041 patients de la cohorte RAMSES, 569 patients (27,9 %) avaient une évaluation de la dyspnée par le mMRC accessible et ont été inclus. L’échantillon inclus possédait des caractéristiques classiquement associées à l’asthme sévère : sujets d’une soixantaine d’années (âge médian de 57,4 ans), de genre féminin en majorité (63,1 %) avec un asthme non contrôlé (score ACT < 20) dans 65,5 % des cas. Plus de la moitié des patients (54,4 %) étaient traités par une biothérapie : 28,3 % par omalizumab, 28 % par mepolizumab, 33,6 % par benralizumab et 10,1 % par dupilumab.

Une dyspnée d’effort sévère ou invalidante était mise en évidence chez 48,5 % des patients (IC95% [44,4 ; 52,6]). Parmi les patients sous biothérapie, 37,5 % (IC95 % [32 ; 42,9]) présentaient tout de même une dyspnée d’effort mMRC ≥ 2 contre 61,5 % (IC95 % [55,6 ; 67,5]) des patients n’étant pas sous biothérapie.

Le contrôle de l’asthme, le surpoids,l’obésité et la durée d’évolution de l’asthme sévère sont significativement associés à la probabilité de présenter une dyspnée d’effort sévère ou invalidante.

Par une approche de régression logistique multivariée (n = 303), les auteurs ont identifié les facteurs suivants comme significativement associés à l’existence d’une dyspnée d’effort sévère ou invalidante : l’augmentation d’un point d’ACT (OR 0.8 IC 95 % [0,74 ; 0,86]), l’existence d’un surpoids (OR 2,89 IC 95 % [1,37 ; 6,29] vs IMC normal) ou d’une obésité (OR 4,72 IC95 % [2,13 ; 10,88] vs IMC normal) et chaque décennie passée après le diagnostic d’asthme sévère (OR 1,7 IC95 % [1,3 ; 2,4]). Le traitement par biothérapie n’était pas significativement associé à la dyspnée d’effort lorsque le score ACT était pris en compte dans le modèle.

Dans l’hypothèse que la biothérapie puisse influer sur la présence d’une dyspnée d’effort par le biais de ses effets sur le contrôle de l’asthme, une analyse de médiation a été réalisée. Celle-ci a permis aux auteur d’évaluer que 63.4 % (IC95 % [5 ; 254]) de l’effet de l’utilisation d’une biothérapie sur la présence de la dyspnée d’effort était liée à l’ACT. Cet effet était réduit à 57,9 % (IC95 % [15,8 ; 292,2]) après retrait de la 2ème question de l’ACT relative à la fréquence de survenue de la dyspnée.

Au total, une dyspnée d’effort sévère ou invalidante reste fréquemment observée chez les patients asthmatiques sévères, même chez ceux traités par biothérapie. Celle-ci est associée à des facteurs modifiables (contrôle de la maladie et surpoids/obésité) qu’il convient de prendre en charge.

Les effets des biothérapies sur la dyspnée d’effort relèvent en partie de leurs effets sur le contrôle mais leur impact exact reste à déterminer. L’étude TEXAS (NCT05404763), dont le recrutement est terminé, nous permettra d’en savoir plus sur les effets à 6 mois du mepolizumab sur la pratique de l’exercice physique et sa tolérance.


D’après le poster suivant : Prevalence of exertional dyspnea and associated factors in severe asthma: data from the French RAMSES cohort at inclusion
Présenté par C. Chenivesse (Lille, France) Session Poster Dimanche 06/09/2026, 08h00-09h30PS 15 : Biologics for airway diseases: novel insights from real-world data

Quelle prévalence de la dyspnée d’effort chez le patient asthmatique sévère à l’ère des biothérapies ? Lire la suite »

Bénéfice de la trithérapie inhalée par budesonide-glycopyrronium-formoterol dans l’asthme insuffisamment contrôlé sous bithérapie budesonide-formotérol.

Clairelyne Dupin, Paris

Plusieurs posters rapportaient les données complémentaires des essais KALOS et LOGOS.

L’ajout d’un anticholinergique de longue durée d’action (LAMA) est une option thérapeutique inhalée dans le traitement de l’asthme insuffisamment contrôlé.
Ont été publiées en avril 2026 dans le Lancet Respiratory Medicine 2 études jumelles de phase 3 (KALOS et LOGOS) comparant de façon contrôlée randomisée en double aveugle deux schémas thérapeutiques : triple thérapie par budesonide-glycopyrronium-formoterol (BGF) à 2 dosages de CSI (28,8µg ou 14,4µg) ou une bithérapie par budesonide-formotérol (BF) administré par un dispositif Aerosphère ou par Symbicort. 1. Ces études ont montré une amélioration de la fonction pulmonaire et une réduction du taux d’exacerbations sévères chez 8820 patients asthmatiques insuffisamment contrôlés.

Lors de cet ERS 2026, ont été présentées des données supplémentaires tertiaires.
Ainsi, l’administration de BGF à la dose de 28,8µg pendant 52 semaines réduisait significativement le délai avant la première détérioration clinique importante (hazard ratio = 0,78 (0,71-0,87) vs BF en Aerosphère et 0,74 (0,67-0,82) vs BF en Symbicort). Le nombre de patients à traiter était faible, respectivement de 11 (8-20) et de 9 (7-14) pour chaque comparaison. Les résultats n’étaient pas significatifs pour la posologie de BGF à 14,4 µg.

Comparativement à la bithérapie BF, cette trithérapie inhalée BGF avait également un bénéfice sur l’obstruction bronchique avec une amélioration progressive du VEMS.

Enfin, la rémission clinique (zero recours aux corticostéroïdes oraux, aucune exacerbation sévère, score de contrôle ACQ-5 <1,5, gain de VEMS > 100 mL) était plus fréquente sous trithérapie BGF 28,8µg, atteinte dans 27,6% des cas à 52 semaines, versus 17,2% chez les patients traités par bithérapie BF. Il existait une tendance positive pour la posologie BGF 14,4µg.

Ces résultats complémentaires renforcent la place de la trithérapie inhalée BGF à forte dose de CSI chez les patients asthmatiques insuffisamment contrôlés sous bithérapie CSI-LABA, retardant la première détérioration clinique, améliorant le VEMS et augmentant la probabilité de rémission clinique sous traitement.


D’après la session poster 22 Poster n°3852, 3853 et 3854

Bénéfice de la trithérapie inhalée par budesonide-glycopyrronium-formoterol dans l’asthme insuffisamment contrôlé sous bithérapie budesonide-formotérol. Lire la suite »

Améliorer la qualité de vie des patients sous biothérapie : données complémentaires divulguées avec le depemokimab

Clairelyne Dupin, Paris

Cette session a présenté les nouveaux résultats post-hoc concernant le bénéfice du depemokimab dans l’asthme sévère et dans la polypose naso-sinusienne.

Les années passent à l’ERS, et s’il est des choses qui restent immuables, c’est l’intérêt des praticiens pour les données concernant l’ère thérapeutique des biothérapies. C’est encore dans une salle comble ou il fallait ruser pour obtenir une place assise, qu’ont été présentées de nouveaux résultats post-hoc conçernant le bénéfice du depemokimab dans l’asthme sévère et dans la polypose naso-sinusienne (PNS).

Pour mémoire, le depemokimab est la biothérapie la plus récemment autorisée sur le marché. La molécule cible l’IL-5 avec une affinité renforcée, permettant une action ultra-prolongée, une demi-vie allongée et donc un schéma d’injection semestriel.

Le programme d’étude du depemokimab comportait les essais de phase III SWIFT 1 et 2  et la phase d’extension ouverte AGILE dans l’asthme, et les essais de phase III ANCHOR1 et 2 dans la PNS.

Dans SWIFT 1 et 2, 75% des patients présentaient un score de symptômes d’asthme élevé à l’inclusion (ACQ-5 initial ≥ 1,5). A la fin de la deuxième année de traitement, 87 %, 80 % et 73 % de ces patients ayant reçu du dépémokimab ont présenté une diminution des exacerbations, du score SGRQ total et du score ACQ-5, respectivement. De plus, 60% des patients ont atteint le critère d’évaluation composite associant les 3 critères pré-cités.

Parallèlement, des résultats similaires ont été présentés dans le domaine de la PNS.

Pour mémoire, un score SNOT-22 ≥ 40 indique un impact significatif sur la qualité de vie et est un critère justifiant l’utilisation d’un traitement biologique dans la PNS.

Chez les 411 patients présentant un score SNOT-22 ≥ 40 à l’inclusion, les variations moyennes des scores d’obstruction nasale et de perte de l’odorat étaient plus importantes avec le depemokimab qu’avec le placebo à 52 semaines.  Des améliorations des scores SNOT-22 globaux et par domaine ont également été observées avec le depemokimab par rapport au placebo.

Evaluer les patients’ reported outcomes est essentiel pour asseoir le bénéfice des biothérapies dans les maladies inflammatoires chroniques. Dans les données complémentaires présentées ce jour, il est démontré que l’administration semestrielle de depemokimab réduit la charge des symptômes quotidiens d’asthme et de PNS et améliore la qualité de vie des patients, d’autant plus que la maladie est intense initialement.


D’après la session 113 du dimanche 6 septembre  présentations 1286 et 1287

Améliorer la qualité de vie des patients sous biothérapie : données complémentaires divulguées avec le depemokimab Lire la suite »

Macrolides dans les maladies obstructives chroniques : la suspension estivale a-t-elle un intérêt ?

Clairelyne Dupin, Paris

L’équipe australienne dirigée par le Dr Dennis Thomas a présenté une étude évaluant la suspension estivale du traitement par macrolide dans les maladies obstructives chroniques.

A dose anti-inflammatoire, les macrolides et notamment l’azithromycine sont une des options thérapeutiques pour réduire la fréquence des exacerbations dans les maladies obstructives bronchiques. La durée optimale reste sujette à débat.

L’équipe australienne dirigée par le Dr Dennis Thomas a présenté une étude évaluant la suspension estivale du traitement.

L’essai de non-infériorité en double aveugle et contrôlé par placebo a recruté 83 participants adultes (âge moyen : 67,33 ± 13,13 ; 55 % de femmes) suivant un traitement d’entretien par macrolides pour la prise en charge de l’asthme, de la BPCO ou de bronchectasies 1. Ils recevaient préférentiellement de l’azithromycine (80% des patients) et moins fréquemment de la clarithromycine, roxithromycine ou erythromycine.

Les patients ont été randomisés pour poursuivre ou réduire progressivement le traitement par macrolides (remplacés par un placebo) au début de l’été austral (décembre-février). Des visites de suivi ont été menés à 3, 6 et 9 mois afin d’évaluer la survenue d’exacerbations, de mesurer les scores de contrôle et les symptômes.

Cette étude est négative puisque la non-infériorité n’est pas atteinte : la réduction progressive du traitement par macrolides ne s’est pas révélée non inférieure à la poursuite du traitement, avec des taux d’exacerbation respectifs de 50 % et 33,3 % (différence de risque de 16,2 % ; IC à 95 % : de -4,9 % à 37,2 %, la limite supérieure dépassant la marge de non-infériorité de 20 %). Le délai avant la première exacerbation était plus long dans le groupe « poursuite du traitement » (médiane de 206 contre 82 jours ; rapport de risque : 1,98, IC à 95 % : 1,15 à 3,42 ; p = 0,012). Il n’y avait pas de différence de scores de symptômes entre les 2 groupes.

Bien que certains patients puissent être en mesure d’arrêter leur traitement à long terme par macrolides pendant l’été, un risque de récidive d’exacerbation subsiste et cette attitude ne saurait pas être recommandée avec les résultats de cette étude.


D’après la présentation 1293 Session : 113 Oral

Macrolides dans les maladies obstructives chroniques : la suspension estivale a-t-elle un intérêt ? Lire la suite »

Facteurs prédictifs de rechute chez les patients asthmatiques sévères en rémission clinique sous biothérapie

Dorian Hassoun, Service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

Certains patients asthmatiques sévères considérés en rémission clinique sous biothérapie rechutent. Quels sont l’incidence et les facteurs de risque de cette rechute ?

Les critères précis nécessaires pour définir la rémission clinique au cours de l’asthme sont encore débattus mais associent dans la majorité des cas l’absence d’exacerbation, le maintien du contrôle de la maladie, l’absence de corticothérapie orale d’entretien et l’optimisation/normalisation de la fonction respiratoire. Sous biothérapie elle est atteinte chez près d’un tiers des patients asthmatiques sévères 1. Néanmoins, certains patients rechutent malgré l’obtention initiale d’une rémission clinique mais l’incidence de la rechute et les facteurs y étant associés sont mal connus.

Ont été présentées dans cette communication orale des données supplémentaires concernant les facteurs de risque de rechute sous traitement.

Chez les patients asthmatiques sévères atteignant une rémission clinique après 12 mois de traitement, 1 patient sur 5 rechute au cours des 2 années suivantes.

L’étude rapportée a été réalisée à partir des données de vie réelle issues de « l’International Severe Asthma Registry » regroupant des patients provenant de nombreux pays à travers le monde (Amériques de Nord et du Sud, Europe, Asie et Moyen-Orient) 2, 3.

L’objectif était d’identifier, chez les patients en rémission clinique après 12 mois de traitement par une biothérapie, les facteurs prédictifs de rechute de la maladie dans les 24 mois suivants. La rechute était définie ici par l’obtention d’au moins un des critères suivants : la survenue d’une exacerbation, l’utilisation d’une corticothérapie orale d’entretien et la perte de contrôle de l’asthme.

Les 732 patients inclus dans l’étude ayant atteint la rémission après 12 mois de traitement présentaient les caractéristiques démographiques et cliniques suivantes à l’initiation de la biothérapie : patients âgés d’une soixantaine d’année (médiane 58,0 [49,7 ; 66,3] ans), en majorité de sexe féminin (57,9 %), présentant des exacerbations fréquentes (2 [1 ; 4] / an), un asthme non contrôlé (55.4 % des cas), une fonction respiratoire altérée (59,1 % avec un rapport VEMS/CVF < 0.7 et 57 % un VEMS < 80%) et une corticothérapie orale d’entretien dans 17,9 % des cas.

Les biothérapies utilisées ciblaient en majorité la voie de l’IL-5 (41,4 % d’anti-IL5 et 18,6 % d’anti-IL5R), avec 22,4 % d’utilisation d’anti-ILRα et 17,7 % d’anti-IgE.

Un total de 148 patients (20.2 %) a présenté une rechute dans les 24 mois suivant les 12 premiers mois de traitement par biothérapie. Le détail des critères de rechute n’ont malheureusement pas été abordés ni les fréquences de rechute en fonction de la biothérapie utilisée.

Les données spirométriques et l’éosinophilie sanguine résiduelle sous traitement pourraient identifier les patients à risque de rechute

Par une modélisation par régression logistique, ajustée sur l’âge, le sexe, le site, la biothérapie utilisée, les auteurs ont identifié les principaux facteurs prédictifs suivants :

  • VEMS ≥ 80 % prédits à 12 mois de traitement (OR ajusté sur valeurs à l’initiation de la biothérapie) : protecteur de la rechute avec un OR de 0,62 IC95% (0,41 ; 0,92) vs < 80 % (p=0.018)
  • Eosinophilie sanguine à 12 mois ≥ 100/µL (OR ajusté sur valeurs à l’initiation de la biothérapie) : associée à la rechute avec un OR de 2,11 IC95% (1,47 ; 3,02) vs < 25/µL (p<0,001)

La FENO à 12 mois (entre 25 et 50 ppb ou > 50 ppb vs <25 ppb) ainsi que la posologie des corticostéroïdes inhalées à 12 mois (légère, moyenne vs haute) n’étaient pas significativement associés à la rechute à 24 mois.

Au total, la perte de la rémission clinique obtenue sous biothérapie s’observe dans un nombre non négligeable de cas. L’utilisation des données de suivi fonctionnel respiratoire et biologique pourrait permettre d’affiner l’évaluation du risque de rechute. Des études complémentaires sont nécessaires afin d’en préciser leurs valeurs prédictives en pratique.


D’après la communication orale : Predictors of relapse at 24 months among International Severe Asthma Registry patients in remission after 12 months on biologics
Présentée par F. Garcia-Cosio Piqueras – Session : Preventing exacerbations and achieving clinical stability in airway diseases. Le 06/09/2026

Facteurs prédictifs de rechute chez les patients asthmatiques sévères en rémission clinique sous biothérapie Lire la suite »

Traitement de fond par corticothérapie inhalée chez les patients asthmatiques sévères sous benralizumab en vie réelle : que se passe-t-il ?

Dorian Hassoun, Service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

Ce poster présentait les premiers résultats de l’analyse intermédiaire de l’étude AIR POWER (NCT06422078), étude prospective non-interventionnelle, visant notamment à évaluer l’utilisation des traitements de fond inhalés et le contrôle de l’asthme des patients asthmatiques sévères traités par benralizumab.

La réduction de l’intensité du traitement de fond chez les patients asthmatiques sévères contrôlés sous biothérapie est un sujet actuellement débattu. L’étude SHAMAL (NCT04159519) avait démontré qu’il était possible de réduire la posologie d’une association corticostéroïdes inhalés-formoterol (jusqu’à un traitement à la demande) sous benralizumab tout en conservant un contrôle satisfaisant de l’asthme à 32 semaines 1. La réduction de l’association CSI-formoterol était néanmoins protocolisée, assujettie au maintien du contrôle de la maladie évalué à une fréquence élevée (toutes les 8 semaines). Enfin, une augmentation de la FENO et une réduction légère du VEMS étaient observées dans le groupe de réduction de l’association CSI-formoterol en comparaison avec le groupe contrôle. Il est à noter qu’une étude de phase 3 analogue à SHAMAL est en cours concernant le tezepelumab (ARRIVAL, NCT06473779) avec un recrutement complet et une fin d’étude prévue en juin 2027.

Aujourd’hui, nous avons eu l’occasion de connaître les premiers résultats de l’analyse intermédiaire de l’étude AIR POWER (NCT06422078), étude prospective non-interventionnelle, financée par AstraZeneca, visant notamment à évaluer l’utilisation des traitements de fond inhalés et le contrôle de l’asthme des patients asthmatiques sévères traités par benralizumab en Allemagne.

L’instauration du benralizumab en vie réelle s’accompagnait d’une réduction de l’intensité des traitements inhalés, en dehors de tout protocole standardisé.

L’analyse intermédiaire a porté sur un total de 101 patients à l’inclusion dont 44 patients évalués à 24 semaines de traitement. Les patients inclus étaient âgés en moyenne de 56 +/- 15,4 ans, de sexe féminin dans 59 % des cas avec 28 % des patients présentant une rhinite allergique et 13 % une rhinite chronique avec polypose naso-sinusienne. L’éosinophilie sanguine au diagnostic n’était pas rapportée sur le poster.

L’évaluation de la réponse clinique a été réalisée grâce à un score principalement utilisé en Allemagne : le Biologic Asthma Response Score. Celui-ci se base sur la moyenne fréquence des exacerbations, la posologie de la corticothérapie orale et le score ACT. Au terme des 24 semaines de traitement, 60 % des patients présentaient une bonne réponse (BARS ≥ 1.5) et 32.5 % une réponse simple (0.5 ≤ BARS < 1.5) sur les 40 patients évaluables.

A l’inclusion, 79,2 % des patients étaient sous une association CSI/LABA/LAMA contre 20,8 % sous une association CSI/LABA (101 patients évalués) contre 59,5 % et 40,5 % respectivement à la 24ème semaine de traitement (37 patients évalués). Au terme des 24 semaines de traitement, 22,7 % des patients sous une association CSI/LABA/LAMA étaient à doses moyennes (reste à doses élevées) et 6,7% des patients sous CSI/LABA étaient à doses faibles (6,7 % à doses moyennes et 86,7 % à doses fortes).

Il est à noter néanmoins qu’il n’y avait pas de protocole imposé de décroissance du traitement de fond et que, à l’heure actuelle, la société savante pneumologique allemande ne s’est pas positionnée à ce sujet. Par ailleurs, des discordances entre les données rapportées à l’investigateur et les données d’adhésion thérapeutique réelle (carnets de suivi) semblaient exister avec une probable sous-estimation de la réduction de l’intensité des traitements. Celles-ci seront abordées lors de l’analyse des données prévues au dernier trimestre 2027.

Malgré la réduction globale de l’intensité du traitement de fond, la fonction respiratoire s’améliorait après 24 semaines sous benralizumab.

Concernant l’évolution de la fonction respiratoire à la 24ème semaine en comparaison avec l’état de base, les auteurs rapportaient une amélioration moyenne du VEMS de 240 mL soit + 14,9 % (+/- 29,11) prédit (p=0,004) ainsi que de la CVF de 260 mL soit + 12,4 % (+/-27,41 %) prédit (p=0.008). Ces améliorations étaient cohérentes avec les données issues de méta-analyses des données de vie réelle 2. On ne disposait pas du détail des variations de fonction respiratoire en fonction de la réduction de l’intensité du traitement de fond.

Au total, l’utilisation du benralizumab chez des patients asthmatiques sévères dans cette cohorte prospective en vie réelle s’accompagnait d’une réponse clinique significative à la 24ème semaine de traitement. Celle-ci était associée à une amélioration significative mais variable (variance élevée) de la fonction respiratoire malgré une réduction globale de l’intensité du traitement de fond.

Concernant la réduction du traitement de fond sous biothérapie, compte tenu du peu de données disponibles sur le sujet, les récentes recommandations françaises de prise en charge de l’asthme sévère se sont positionnées pour un accord d’expert sur une réduction progressive au cas par cas de la dose de CSI chez les patients asthmatiques sévères bien contrôlés sous biothérapie avec un suivi des symptômes, de la fonction respiratoire et des biomarqueurs 3. Rev Mal Respir. 2026.].


D’après le poster suivant : A non-interventional, prospective study with benralizumab to investigate clinical outcomes and medication in real-life: first insights from the AIR POWER study Présenté par M. Lommatzsch (Rostock, Germany) – Session Poster Dimanche 06/09/2026, 12h30-14h00

Traitement de fond par corticothérapie inhalée chez les patients asthmatiques sévères sous benralizumab en vie réelle : que se passe-t-il ? Lire la suite »

Retour en haut