bpco

Numéro 154 – Décembre 2019

Accès abonnés

IN MEMORIAM
La SPLF est en deuil, Nicolas Roche

ÉDITORIAL
Inacceptable, Nicolas Postel-Vinay

VIE DE LA SOCIÉTÉ
E-Respir 2019 : 1er E-congrès sur les maladies respiratoires

INITIATIVES
La dénervation pulmonaire pour diminuer les exacerbations dans la BPCO sévère, Christophe Pison, Bruno Degano

DOSSIER : SANTÉ AU TRAVAIL

PARTIE III — COMMUNICATION
Partage d’informations entre pneumologue, consultation de pathologie professionnelle, compagnies d’assurances et médecin du travail, Cécile Manaouil

ENTRETIEN
Expédition 5300 : vivre en hypoxie dans la ville la plus haute du monde, Samuel Vergès

CULTURE
Le souffle dionysiaque de Francis Bacon, Jean-Pierre Orlando

VIGILANCE
Vacciner les personnes âgées contre la grippe : nos collègues nord-américains disposent de« méthodes fortes », Nicolas Postel-Vinay
Traiter la somnolence diurne excessive, notamment en cas de SAOS : feu vert de la FDA pour le solriamfétol, Nicolas Postel-Vinay

LU POUR VOUS
Diagnostic rapide de grippe chez la femme enceinte : utile pour diminuer les antibiothérapies et les hospitalisations, Olivier Anselem, Camille Baraud,
Anne-Sophie l’Honneur, Camille Gobeaux, Didier Boorderie, Flore Rozenberg, François Goffinet
Incitation à la marche et BPCO : un coaching sans effet sur la fréquence des soins aigus et la survie selon une étude, Philippe Eveillard
Scolarité et asthme : les données portant sur 680 000 enfants écossais précisent les conséquences négatives de l’absentéisme, Daniel Piperno
Évolutions de la mortalité sur la période 2000-2016 : les femmes premières victimes de l’augmentation des cancers du poumon, des bronches et de la trachée, Nicolas Postel-Vinay

COMMUNIQUÉS DE PRESSE

La VNI expliquée aux enfants et à leurs parents par des nounours Les patients en échec de leur sevrage tabagique : quelles solutions ? n Santé respiratoire France : 7 actions pour améliorer le quotidien des patients atteints de BPCO Imfinzi® et Tagrisso® : bénéfice clinique à long terme et gain de survie dans leurs indications respectives Nicozone : la proposition du laboratoire Pierre-Fabre pour un sevrage tabagique durable Chiesi lance son premier inhalateur-doseur pressurisé (pMDI) à carbone minimum pour l’asthme et la BPCO

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« “Phénotyper” les BPCO » : après le VEMS et les symptômes, la métamorphose, une ivresse fondée sur les preuves ?

 

La BPCO est une maladie systémique très hétérogène. La classification historique, fondée sur la sévérité de l’obstruction bronchique, ne rend que partiellement compte de la sévérité de la BPCO d’où la nécessité de mieux appréhender cette maladie par le biais d’une évaluation plus fine. En effet, pour un même niveau de VEMS, l’hétérogénéité des manifestations cliniques (dyspnée, exacerbations, capacité à l’exercice, qualité de vie) est importante. L’identification de phénotypes, c’est-à-dire de sous-groupes de patients BPCO avec des caractéristiques et une histoire naturelle homogène, pourrait améliorer la pertinence de la prise en charge de cette maladie. Or pour l’instant le « décorticage » de cette maladie reste cantonné à des éléments cliniques et fonctionnels standards. D’autres outils sont donc nécessaires pour avoir une vision plus précise de cette maladie plurielle. L’IRM au xénon (Xe) 129 pourrait permettre une nouvelle approche dans ce contexte.

Deux sessions ont présenté l’intérêt de cette technique dans l’évaluation des patients atteints de BPCO avec peu d’emphysème sur le scanner thoracique. Grâce au gaz Xenon hyperpolarisé, cette méthode permet, de manière reproductible, indépendamment de la coopération du patient et sans irradiation, de caractériser simultanément, la ventilation, la perfusion et la diffusion (barrière alvéolo-capillaire) 1

La première étude rapporte les résultats obtenus à partir de patients atteints de BPCO GOLD 2 et 3, respectivement aux nombres de 4 et 6. On met alors en évidence parmi les patients avec un emphysème mineur, des patients avec un profil très différent selon que sont atteintes la perfusion, la ventilation ou la diffusion, permettant d’envisager de nouveaux phénotypes : barrière alvéolo-capillaire endommagée associée à une perfusion basse, barrière normale avec perfusion diminuée de manière disproportionnée, barrière alvéolo-capillaire endommagée avec perfusion diminuée de manière disproportionnée.

Une deuxième étude présentée au cours de la même session au sujet de cette technique a permis de séparer les 24 patients inclus en 3 clusters différents, selon les 3 paramètres ventilation, perfusion ou diffusion. Dans un second temps, la validité de ces résultats était confirmée par l’analyse différentielle d’expression génique réalisée sur les leucocytes de sang périphérique de ces mêmes patients subdivisant les patients de la même manière. Cela pourrait, par exemple, aider à déterminer plus précocement les patients avec une atteinte vasculaire débutante.

L’IRM 129Xe est donc une méthode prometteuse pour évaluer différemment nos patients BPCO et envisager de manière non invasive l’implication des différents contingents lésés dans cette maladie (bronchioles, alvéoles, vaisseaux). Cet outil permettrait même d’observer des différences entre patients atteints de BPCO avérés (barrière alvéolo-capillaire amincie) par rapport aux sujets contrôles et surtout sujets fumeurs considérés « sains » sur les épreuves fonctionnelles respiratoires avec une barrière alvéolo-capillaire de taille intermédiaire. 2 Des études plus conséquentes restent à faire.

 

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Maéva Zysman, Inserm U955, Team 4, IMRB, Créteil

D’après la session A98 : Phénotyping COPD and predicting the disease progression

 

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© iSPLF – Mission ATS – MAI 2019

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