bpco

Attention aux symptômes respiratoires chez les fumeurs actifs !!

Le repérage précoce des sujets à risque de BPCO constitue un enjeu majeur de santé respiratoire. En effet, de nombreux fumeurs ou anciens fumeurs, sans critère spirométrique de BPCO, peuvent présenter des symptômes respiratoires chroniques, une qualité de vie altérée et des évènements aigus semblables aux exacerbations de BPCO. Les données de la cohorte britannique BEACON apportent un éclairage sur ces atteintes respiratoires précoces.

La cohorte multicentrique du British EArly COPD Network (BEACON) a inclus 550 fumeurs actifs avec un tabagisme supérieur à 10 paquets-année, un âge compris entre 30 à 45 ans, un IMC < 35 kg/m² et un VEMS supérieur à 80 % de la théorique entre 2018 et 2021 dans 7 centres du Royaume-Uni. Les sujets avec un antécédent d’asthme étaient exclus. Dexter Wiseman (Londres, Royaume-Uni) a présenté les résultats portant sur l’impact des évènements respiratoires aigus (infections respiratoires hautes (IRH) ou basse (IRB)) sur le déclin de la fonction respiratoire. Cette analyse a porté sur 401 participants, d’âge médian de 39 ans, ayant fumé en moyenne 16 paquets-années et présentant un score CAT médian de 10. Dix-sept sujets (4,1%) avaient un trouble ventilatoire obstructif (TVO) défini par un VEMS/CVF < 0,7 et 48 (11,7%) selon la limite inférieure de la normale. Après un suivi médian de 4,9 ans, le déclin annualisé du VEMS était de -34,4 ml/an (IC 95 % : -44,4 à -27,4). Les participants présentant un score CAT ≥ 10 présentaient davantage d’IRH (1,27 vs. 0,87/an, p<0,001), d’IRB (0,34 vs. 0,22/an, p=0,003), d’IRB nécessitant des antibiotiques (0,13 vs. 0,07/an, p=0,028) et davantage de consultations non programmées (0,13 vs. 0,06/an, p=0,012) par rapport à ceux ayant un CAT < 10. Après ajustement sur le statut tabagique, le score CAT, l’âge et le sexe, la survenue d’IRH ou IRB restait associée à une accélération du déclin supplémentaire de VEMS de -8,3 ml/an en cas d’IRH et de -26,5 ml/an en cas d’IRB.

Ensuite, Aaron Braddy-Green (Londres, Royaume-Uni) a présenté les données scanographiques de ces participants comparées à deux autres groupes : des sujets de 30 à 50 ans non-fumeurs (< 100 cigarettes au cours de leur vie) avec spirométrie normale et des participants de la cohorte London COPD Exacerbation (EXCEL) atteints de BPCO (> 40 ans, TVO défini par un rapport VEMS/CVF < 0,7, tabac > 10 paquets-années). Les scanners thoraciques réalisés en inspiration et expiration ont été analysés de manière centralisée. Quatre pneumologues formés ont évalué la présence de bouchons muqueux (BM) dans chaque segment. Les 399 participants de la cohorte BEACON étaient comparables aux 65 témoins sains en termes d’âge, de sexe et de valeurs spirométriques. A l’inverse, les 88 participants atteints de BPCO étaient plus âgés (74 ± 7 ans), présentaient un tabagisme plus important (médiane de 48 paquets-années), plus de symptômes (score CAT médian de 19) et un VEMS plus faible (65 %th). Les BM étaient rares chez les témoins sains (12,3 %) et les participants à l’étude BEACON (11,3 %). En revanche, ils étaient fréquents chez les patients atteints de BPCO (84,1 %) et 63,5 % présentaient un score de BM élevé (>4). Dans l’ensemble des groupes, les BM étaient répartis de manière similaire entre les lobes. Le piégeage était significativement plus important dans les lobes avec BM par rapport à ceux sans BM (11,3% vs. 7,0% ; p<0,001 dans BEACON et 41,2% vs. 36,8% ; p=0,0015 chez les BPCO) sauf chez les témoins sains, où le piégeage d’air lobaire ne différait pas entre les lobes avec et sans BM. Les participants à l’étude BEACON présentaient davantage d’emphysème par rapport aux non-fumeurs (0,05 % vs. 0,03 % ; p=0,036), mais nettement moins que les patients atteints de BPCO (7,2 %). Ainsi, la présence de symptômes respiratoires apparaît comme un marqueur précoce, simple à identifier, chez les fumeurs actifs. Malgré une spirométrie encore préservée, ces sujets présentent un déclin accéléré du VEMS ainsi que des anomalies scanographiques précoces. Les données issues de la cohorte BEACON offrent une opportunité unique d’affiner le phénotypage de ces sujets et de mieux comprendre la physiopathologie des stades précoces de la BPCO, notamment en utilisant l’imagerie.

D’après les posters de Wiseman D : Acute respiratory events in symptomatic smokers are associated with accelerated lung function decline in the British Early COPD Network (Beacon) Cohort (session D30) et de Braddy-Green A : Mucus plugging, air trapping and emphysema in healthy young adult never-smokers, young adult smokers with preserved lung function (BEACON) and COPD patients (session D30) et la communication orale de Braddy-Green A : Lobar mucus plugging identifies regions of air trapping in smokers with preserved function (BEACON) and COPD patients (session D96).

Attention aux symptômes respiratoires chez les fumeurs actifs !! Lire la suite »

Exacerbation de BPCO : finis les corticoïdes, place au pegtarazimod !!!

Les exacerbations de bronchopathie chronique obstructive (BPCO) ont un impact majeur sur la morbi-mortalité et la fonction respiratoire. Les corticoïdes systémiques restent un pilier historique du traitement des exacerbations aiguës de BPCO. Pourtant, ils pourraient également être délétères, ouvrant ainsi la voie à une approche thérapeutique plus ciblée de l’inflammation neutrophilique.

Une large analyse rétrospective issue du réseau TriNetX s’est intéressée à l’impact de la durée de corticothérapie lors des exacerbations de BPCO. Après appariement, 5076 patients traités pendant 5 jours ont été comparés à des patients recevant pendant 14 jours une corticothérapie systémique.

Les patients exposés à une corticothérapie prolongée présentaient davantage de réexacerbations (40,9 vs 21%; OR : 2,7 ; IC 95% : 2,5-3), plus de défaillance ventilatoire nécessitant une ventilation mécanique (4% vs 1,6%; OR : 2,5 ; IC 95% : 1,9-3,3), plus de represcription de corticoïdes (57,8% vs 26,5%; OR : 3,8 ; IC 95% : 3,5-4,1), davantage de passages aux urgences (34,7% vs 21,1%, OR : 2,0) et d’admissions en réanimation (12,6% vs 6,1%, OR : 2,2). Les complications cardiovasculaires étaient également plus fréquentes, notamment les décompensations cardiaques (13,6% vs 7,4%, OR 2,0) et les événements coronariens aigus (4,7% vs 2,8%, OR : 1,7), sans effet observé sur la mortalité.

Cette étude ne permet pas d’affirmer le lien causal puisqu’on peut penser que ce sont les patients les plus sévères qui bénéficient d’une corticothérapie prolongée mais ce travail apporte de nouveaux éléments en faveur du caractère délétère d’une exposition prolongée à la corticothérapie systémique.

Dans ce contexte, deux présentations consacrées au pegtarazimod (RLS-0071) suscite un intérêt particulier. Cette molécule est un peptide de 15 acides aminés qui possède une double action immunomodulatrice : il inhibe la voie classique du complément et agit sur les polynucléaires neutrophiles (PNN) en réduisant l’activité de la myélopéroxydase (MPO) et en empêchant la formation de pièges extracellulaires neutrophiliques (NET) 1. Dans un essai de phase 2 randomisé contre placebo incluant 21 patients hospitalisés pour exacerbation aiguë de BPCO (48% de femmes, âge médian de 68 ans, VEMS moyen de 45,6% dans le groupe placebo contre 31,4% dans le groupe traité), le pegtarazimod (10mg/kg par voie intraveineuse, 3 fois par jour pendant 3 à 5 jours) administré en complément du traitement standard améliorait significativement plusieurs paramètres respiratoires. Les patients traités nécessitaient moins d’oxygène pendant l’hospitalisation, avec une meilleure SpO2 (de 2% pendant les 3 premiers jours d’hospitalisation, p=0,043, jusque 6% un mois après la prise en charge) ainsi qu’un meilleur ROX index. Par ailleurs, le débit expiratoire de pointe augmentait de 16% dans le groupe pegtarazimod au moment de la sortie, contre 8% dans le groupe placebo. Le score de Saint George montrait également une amélioration. Les bénéfices apparaissaient particulièrement marqués chez les patients présentant un profil fortement neutrophilique, défini par un ratio neutrophiles/lymphocytes supérieur à 9. La tolérance au traitement était bonne, sans aucun effet secondaire sévère. Cependant, il ne semble pas y avoir d’effet du pegtarazimod sur l’impact de l’EABPCO sur la fonction respiratoire et la qualité de vie entre J0 et J30.

Les résultats biologiques étaient cohérents avec ce mécanisme d’action ciblé. Le traitement par pegtarazimod s’accompagnait d’une diminution des cytokines pro-inflammatoires, notamment l’IL-8, d’une réduction des chimiokines macrophagiques (MIP-1b, MCP-1, CXCL-5, CCL22) et d’une baisse des biomarqueurs neutrophiliques (MPO et élastase neutrophile). À l’inverse, certains médiateurs anti-inflammatoires comme l’IL-RA augmentaient sous traitement. Chez les patients ayant un rapport neutrophiles/lymphocytes élevé, une diminution des concentrations sanguines de MPO de 37% et de l’élastase neutrophilique sanguin de 56% était également observée par rapport au placebo.

Ces travaux illustrent probablement une évolution importante dans la prise en charge des exacerbations de BPCO : passer d’une immunosuppression large et peu spécifique par les corticoïdes à une modulation ciblée des voies inflammatoires impliquées selon le phénotype de patients. Même si les effectifs restent encore très limités et que ces résultats doivent être confirmés, le pegtarazimod pourrait représenter une première étape vers une médecine de précision des exacerbations de BPCO.

D’après Criner G et al. Pegtarazimod (RLS-0071) decreases supplemental oxygen need in a phase 2 proof-of-concept trial in hospitalized participants with acute exacerbation of chronic obstructive pulmonary disease (AE-COPD) et Pegtarazimod (RLS-0071) reduces inflammatory biomarkers in hospitalized participants with acute exacerbation of chronic obstructive pulmonary disease (AE-COPD).Session B15 (Precision medicine for COPD: charting the course for novel treatments and clinical success).
D’après Gul R et al. Impact of steroid duration in COPD exacerbation on long-term outcomes: a propensity matched analysis. Session C35 (COPD beyond the clinic: care, context, and consequences).

Exacerbation de BPCO : finis les corticoïdes, place au pegtarazimod !!! Lire la suite »

BPCO et cancer du poumon : les neutrophiles changent de camp ?

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) augmente d’un facteur 3 à 4 le risque de cancer bronchique, indépendamment du tabagisme 1. Si plusieurs mécanismes physiopathologiques ont été proposés (inflammation, stress oxydant, sénescence cellulaire, altération épigénétique) 2, les interactions immunitaires reliant BPCO et carcinogenèse pulmonaire restent incomplètement élucidées.

Le travail présenté par G. Fridlender utilise un modèle murin de BPCO induite par instillation d’élastase et de lipopolysaccharide. Une déplétion expérimentale des neutrophiles pulmonaires augmentait significativement la croissance tumorale pulmonaire (6,2 ± 1,51 mm² versus 1,3 ± 0,031 mm²), suggérant une potentielle fonction antitumorale des neutrophiles. Chez les souris présentant une BPCO associée au cancer bronchique, les neutrophiles produisaient moins de dérivés réactifs de l’oxygène (ROS), mécanisme majeur de cytotoxicité tumorale, associé à une augmentation de la NETose correspondant à la libération de pièges extracellulaires des neutrophiles (NETs) impliqués dans le développement tumoral 3. Ces analyses sont corroborées par les données ex vivo chez l’humain : les neutrophiles circulants de patients atteints de cancer bronchique sans BPCO produisaient significativement plus de ROS que ceux des patients avec BPCO (AUC moyenne : 3,75 ± 0,39 x 108 versus 2,6 ± 0,35 x 108 ; p=0,049). Cette altération fonctionnelle s’accompagnait d’une diminution de la cytotoxicité directe des neutrophiles vis-à-vis des cellules tumorales chez les patients atteints de BPCO (38,2 % ± 7,5 de cytotoxicité versus 62,2 % ± 6,55 ; p=0,027). Ces données suggèrent ainsi des arguments mécanistiques en faveur d’une altération des propriétés antitumorales des neutrophiles lors de la BPCO, susceptible de favoriser la progression tumorale.

D’après la communication orale de G. Fridlender. Chronic obstructive pulmonary disease increases propagation of lung cancer by reducing the cytotoxicity of neutrophils to tumor cells (session B21).

BPCO et cancer du poumon : les neutrophiles changent de camp ? Lire la suite »

Phase 3 des biothérapies ciblant la voie IL33/ST2 : top ou flop ?

L’interleukine 33 fait partie des alarmines, cytokines inflammatoires sécrétées par l’épithélium respiratoire en réponse à une agression. En se liant à son récepteur ST2, elle active les voies de l’inflammation de type 1 et de type 2.

Itepekimab : un anticorps monoclonal ciblant l’IL-33
Un essai de phase 2 avait montré un signal d’efficacité sur la réduction des exacerbations modérées ou sévères chez des patients anciens fumeurs atteints de BPCO. Les études AERIFY-1 et AERIFY-2 sont deux essais multicentriques de phase 3, randomisés, en double aveugle contre placebo, incluant des patients âgés de 40 à 85 ans présentant une BPCO avec un volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) compris entre 30 et 80% de la théorique et rapportant au moins 2 exacerbations modérées ou 1 exacerbation sévère au cours de l’année précédente malgré une bithérapie ou une trithérapie inhalée, indépendamment du taux d’éosinophiles sanguins. La principale différence entre les deux essais réside dans la population étudiée : seuls des anciens fumeurs étaient inclus dans AERIFY-1 (arrêt du tabac ≥ 6 mois), tandis qu’AERIFY 2 incluait à la fois des fumeurs actifs (n=953) et des anciens fumeurs (n=281). Les résultats présentés au cours de la session B14 par K. Rabe (Allemagne) concernaient uniquement les anciens fumeurs inclus dans les deux études.

Dans AERIFY-1, l’itepekimab était administré toutes les 2 semaines (n=375) ou toutes les 4 semaines (n=377) versus placebo (n=375). Comparativement au placebo, l’itepekimab a montré une réduction significative du taux d’exacerbations modérées ou sévères de 27,1 % (p=0,0019) avec l’administration toutes les 2 semaines et de 20,5 % (p=0,0213) avec l’administration toutes les 4 semaines. En revanche, les résultats d’AERIFY-2 se sont révélés décevants avec une réduction non significative du taux d’exacerbations, que l’itepekimab soit administré toutes les 2 (réduction de 1,6 % p=0,8781) ou toutes les 4 semaines (réduction de 12,4 %, p=0,2176). L’analyse combinée des deux études est également négative. Les résultats sont également mitigés concernant le VEMS puisqu’il n’y avait pas d’amélioration significative à 24 semaines dans AERIFY-1 (différence moyenne vs placebo de 6 mL ; p=0,7453 lors de l’administration toutes les 2 semaines et de 10 mL, p=0,5962 toutes les 4 semaines) et une amélioration minime dans AERIFY-2 (+38 mL ; p=0,0311 lors de l’administration toutes les 2 semaines et +75 mL ; p<0,0001 lors de l’administration toutes les 4 semaines).

Astégolimab : un anticorps monoclonal IgG2 ciblant le récepteur à l’IL33, ST2
Lors de l’ERS 2025, les résultats de l’essai de phase 2b ALIENTO avaient été présentés. L’essai incluait 1301 adultes atteints de BPCO âgés de 40 à 90 ans, tabagiques actifs ou sevrés à plus de 10 paquets-année, ayant un VEMS compris entre 20 et 80%, une dyspnée ≥ 2 selon l’échelle modifiée du Medical Research Council (mMRC) et présentant des exacerbations fréquentes (au moins 2 exacerbations modérées ou sévères sur 12 mois). Il n’y avait aucun critère basé sur l’éosinophilie. Le résultat était positif sur le critère de jugement principal avec une réduction significative du taux d’exacerbations modérées à sévères estimée à 15% dans le groupe astegolimab administré toutes les 2 semaines, versus placebo (p=0,049) et de 39% pour les exacerbations sévères. Ce résultat n’était pas significatif dans le groupe avec une administration toutes les 4 semaines.

A l’ATS, les résultats de l’essai de phase 3 ARNASA et de l’analyse combinée d’ALIENTO et ARNASA ont été présentés par A. Papi (Italie) et J.A. Wedzicha (Royaume-Uni). ARNASA, qui incluait 1375 patients atteints de BPCO avec des critères similaires à ceux cités ci-dessus, était négatif avec une réduction non significative du taux d’exacerbations de 15% lors de l’administration toutes les 2 semaines (p=0,0675). En revanche, l’analyse combinée des deux essais montrait une réduction significative de 14,7% des exacerbations lors de l’administration toutes les 2 semaines (p=0,0077) et de 12,3% toutes les 4 semaines (p=0,0265). La réduction des exacerbations sévères était de 32% (p=0,0028). Les analyses en sous-groupes suggéraient une efficacité plus marquée de l’astegolimab chez les patients ayant présenté plus de 2 exacerbations l’année passée (-21%), une obstruction modérée (GOLD 2, -27%) et en l’absence de bronchite chronique (-22%). L’efficacité ne semblait pas influencée par l’éosinophilie sanguine à l’inclusion ni par le statut tabagique. Les auteurs ont avancé plusieurs hypothèses pour expliquer les résultats de ces analyses en sous-groupes. Les alarmines interviendraient précocement dans la cascade inflammatoire et joueraient un rôle moindre sur la composition du mucus, ce qui pourrait expliquer une efficacité plus importante en l’absence de bronchite chronique et chez les patients présentant plus de 2 exacerbations par an. Ils évoquent également la possibilité d’une utilisation plus précoce des biothérapies dans la prise en charge de la BPCO, à un stade où l’obstruction bronchique reste modérée.

 Enfin, alors qu’un communiqué de presse publié fin mars 2026 rapportait des résultats positifs des essais TITANIA et OBERON évaluant un autre anti-IL-33, le tozorakimab, dans la BPCO, ces résultats globalement contrastés soulignent la difficulté persistante à identifier les patients les plus susceptibles de bénéficier des biothérapies.

D’après les communications orales : Jadwiga A. Wedzicha. Astegolimab decreases exacerbation risk in patients with COPD with frequent exacerbations, irrespective of blood eosinophil count: Pooled analysis of the pivotal randomized trials ALIENTO and ARNASA (session B15)
Klaus F. Rabe. Efficacy and safety of itepekimab in former smokers with chronic obstructive pulmonary disease: AERIFY 1 and AERIFY2 trials. (session B14)
Alberto Papi. Astegolimab for chronic obstructive pulmonary disease (COPD) in patients with a history of frequent exacerbations: The phase III, randomized, double-blind, placebo-controlled, multicenter ARNASA Trial (session B15)

Phase 3 des biothérapies ciblant la voie IL33/ST2 : top ou flop ? Lire la suite »

La BPCO précoce vue à travers le PRISm de la pré‑BPCO et du GOLD 0

Bien que définis par des critères spirométriques ou structurels distincts, les phénotypes preserved ratio impaired spirometry (PRISm), pré‑BPCO et GOLD 0 correspondent à des formes initiales ou subcliniques de la maladie, dans lesquelles des altérations des voies aériennes distales (VAD) sont déjà présentes avant l’apparition d’une obstruction spirométrique. Sous‑jacente à cette caractéristique fonctionnelle commune se trouve une diversité de variantes phénotypiques et endotypiques, discutées lors de la session A84 de l’ATS 2026.

Selon Michael Cho (Harvard, Boston), PRISm, pré‑COPD et GOLD 0 ne présentent pas exactement les mêmes anomalies génétiques, mais partagent des signatures communes liées à la vulnérabilité des petites voies aériennes et à la prédisposition au déclin du VEMS. Francesca Polverino (Baylor, Houston) a présenté des données histopathologiques confirmant l’inflammation, le remodelage et la métaplasie muqueuse des VAD, en cohérence avec les observations d’imagerie rapportées par Benjamin Smith (McGill, Montréal), qui montrent que les anomalies des VAD précèdent et annoncent l’obstruction spirométrique. Maria Rosa Faner (Barcelone) a proposé une approche intégrative de la phase pré‑obstructive, combinant données longitudinales, biologiques et radiologiques pour mieux comprendre la progression des altérations précoces vers une obstruction irréversible. Enfin, Mark Dransfield (Harvard, Boston) a défendu l’idée que la BPCO doit être considérée comme une maladie évolutive, ouvrant la voie à des interventions en amont de l’obstruction visant à préserver la fonction pulmonaire et à cibler les mécanismes inflammatoires et de remodelage identifiés.

Cette perspective transforme la BPCO d’une pathologie perçue comme tardive en un processus évolutif à prévenir précocement.

D’après  les communications de la session A84 PRISm, GOLD 0, and Pre-COPD ; useful concepts or diagnostic overreach (Dimanche 17 mai 2026)

La BPCO précoce vue à travers le PRISm de la pré‑BPCO et du GOLD 0 Lire la suite »

Réduction de volume : le poumon sous tension !

Ces dernières années, différentes techniques endoscopiques de réduction du volume pulmonaire ont permis d’élargir les propositions thérapeutiques pour les patients atteints d’emphysème sévère avec une distension statique significative. La technique la plus connue est celle des valves endobronchiques, qui cependant se limite à des patients ayant des scissures complètes.

Deux équipes françaises (Toulouse et Limoges) ont testé l’efficacité d’un nouveau dispositif appelé « lung tensioning device » FreeFlow TM (LTS), un coil qui se différencie des anciens modèles par une forme plus complexe, avec un élément proximal permettant son ancrage à la carène, afin d’accroître l’accroche aux tissus et la tension.

Les résultats préliminaires à 3 mois portant sur 14 patients entre décembre 2024 et avril 2026 ont été présentés durant le congrès.

Les patients sont porteurs d’emphysème sévère, présentent une dyspnée significative cotée au moins à 2 sur l’échelle mMRC, un VEMS entre 15 et 45% de la théorique, ainsi qu’un volume résiduel supérieur à 225%. L’emphysème doit être de distribution hétérogène, définie comme par un gradient de 10% par rapport au lobe adjacent.

La population est majoritairement féminine avec un sex ratio de 3/2 avec un âge moyen de 59,5 ans et un tabagisme évalué à 34 PA en moyenne.

La dyspnée est en moyenne à 2,6 sur l’échelle mMRC et l’index de BODE moyen de 5,27. Le VEMS moyen est de 896ml et le volume résiduel de moyen de 5120ml.

Un total de 278 coils a été implanté durant 28 procédures chez les 14 patients, recevant tous un traitement bilatéral.

La réduction du volume résiduel est modeste : 310ml en moyenne. En revanche, on note une amélioration significative du VEMS de 23% ainsi que de la CVF de 24%. Le test de marche de 6 minute s’améliore également de 54m en moyenne.

Concernant les effets secondaires, un patient a présenté un pneumothorax ayant nécessité un drainage thoracique. On note également un épisode de pneumopathie inflammatoire, traitée par corticothérapie orale en ambulatoire.

En conclusion, ces résultats préliminaires témoignent déjà de la faisabilité de la technique. Malgré une population encore réduite et un suivi limité (3 mois), les résultats présentés correspondent à ceux attendus et permettent d’élargir la réduction endoscopique aux patients ayant des scissures incomplètes. Il faut souligner l’importance d’une sélection rigoureuse des patients pour l’inclusion dans de tels programmes. 

D’après le poster de L. Duvivier et al, Lung Tensioning Device for severe, heterogeneous emphysema. Session A45 (P1214).

Réduction de volume : le poumon sous tension ! Lire la suite »

Eosinophiles sanguins dans la BPCO : trois-quart des patients changent de classe

La mesure des polynucléaires éosinophiles a pris une place de plus en plus importante dans la gestion des patients atteints de BPCO, notamment les plus sévères. Une grande cohorte danoise s’est intéressée à la variabilité de cette mesure au fil du temps de manière à identifier d’éventuels facteurs associés à une instabilité de la BPCO.

L’une des grandes forces de cette étude de cohorte réalisée au Danemark est d’avoir analysé les données de 63517 patients atteints de BPCO suivis en médiane pendant 3,4 années et ayant tous eu au minimum 4 prises de sang avec mesure des éosinophiles. Selon le résultat de ces mesures, les patients étaient classés en 3 catégories : faible taux d’éosinophiles (< 0,15 G/L), taux moyen (entre 0,15 et 0,29 G/L) et taux élevé (≥ 0,3 G/L). Le résultat principal est qu’au fil du temps, 74% des patients changent au moins une fois de classe. La fréquence de ces variations du taux d’éosinophiles sanguins s’est répartie comme suit : 40% avec un seul changement de classe, 43% avec deux changements et 17% avec trois changements. L’autre résultat intéressant est que le fait d’avoir des éosinophiles ≥ 0,3 G/L lors du premier prélèvement constitue un fort marqueur prédictif d’avoir une BPCO qui va rester stable au fil du temps (odds ratio à 1,70 ; intervalle de confiance à 95% : 1,63-1,77). Enfin, 80% des fluctuations d’éosinophiles ont été observées en l’absence d’exacerbations graves, de cures courtes de corticoïdes oraux ou d’antibiothérapie. Globalement, ces données confirment donc l’intérêt de répéter les mesures d’éosinophiles sanguins chez les patients atteints de BPCO afin de ne pas classer trop hâtivement ces derniers, ce qui aura bien sûr d’importantes conséquences au moment de se poser la question d’une éventuelle intensification thérapeutique.

D’après Borg M. et al. (session A34). Blood eosinophil dynamics in COPD: Impact of exacerbations and corticosteroid use in a nationwide study (P1490). 

Eosinophiles sanguins dans la BPCO : trois-quart des patients changent de classe Lire la suite »

Combien d’années de vie perdues pour nos patients atteints de BPCO ?

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) constitue la quatrième cause de mortalité dans le monde. Contrairement à d’autres maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires ou les cancers, la mortalité standardisée sur l’âge liée à la BPCO a continué d’augmenter au cours des dernières décennies.

S. Bhatt (Etats-Unis) a présenté les résultats d’une étude regroupant les données de huit grandes cohortes américaines initialement constituées pour le suivi des maladies cardiovasculaires 1 et s’intéressant à l’impact de la BPCO sur l’espérance de vie et le nombre d’année de vie perdues.

Les participants, âgés de 17 à 98 ans, ont été inclus entre 1983 et 2011 puis suivis jusqu’en 2020. La BPCO était définie par un rapport volume expiratoire maximal en 1 seconde (VEMS)/ capacité vitale forcée (CVF) pré-bronchodilatateur inférieur à 0,70 à la spirométrie initiale.

Au total, 45 886 participants ont été inclus, dont 56,3 % de femmes. L’âge moyen était de 52,4 ans, 48,8 % des sujets étaient non-fumeurs et 21 % des fumeurs actifs. La prévalence de la BPCO était estimée à 17,6 %, majoritairement aux stades GOLD 1 et 2. Au cours d’un suivi médian de 15,2 ans, 13 869 participants (30,2 %) sont décédés. Après ajustement sur l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle, le statut tabagique, le diabète, l’hypertension artérielle et la dyslipidémie, la présence d’une BPCO était associée à une augmentation significative du risque de mortalité (hazard ratio : 1,31 ; IC95 % : 1,26–1,36 ; p < 0,001). À titre d’exemple, chez une femme âgée de 65 ans, l’espérance de vie moyenne était estimée à 21,5 ans en l’absence de BPCO. Elle diminuait à 20 ans en cas de BPCO GOLD 1, 16,4 ans en cas de GOLD 2, 13,1 ans en cas de GOLD 3 et 10,7 ans en cas de GOLD 4.

Par rapport aux sujets sans BPCO, le nombre d’années de vie perdues était estimé à 0,7 an pour une BPCO GOLD 1 ; 2,6 ans pour une GOLD 2 ; 5,1 ans pour une GOLD 3 et 7,1 ans pour une GOLD 4. Fait notable, aucune différence significative n’était observée selon le statut tabagique des patients atteints de BPCO.

Le nombre d’années de vie perdues associé à la BPCO était comparable, voir supérieur pour les stades GOLD 2 à 4, à celui observé avec d’autres comorbidités majeures : hypertension artérielle (2,7 ans ; IC95 % : 2,4–3,0), diabète (4,1 ans ; IC95 % : 3,7–4,4), obésité (0,5 an ; IC95 % : 0,1–0,9) ou tabagisme actif (5,5 ans ; IC95 % : 5,1–5,9).

Ainsi, cette étude montre que la BPCO est associée à une réduction importante de l’espérance de vie, y compris chez les sujets n’ayant jamais fumé. Le nombre d’années de vie perdues liées était comparable à celui observé dans l’hypertension artérielle ou le diabète, soulignant le poids pronostique majeur de la BPCO, souvent sous-estimé.

D’après la communication orale de S.Bhatt, Life expectancy in chronic obstructive pulmonary disease (session A16).

Combien d’années de vie perdues pour nos patients atteints de BPCO ? Lire la suite »

Déficit en alpha 1 antitrypsine : les non-fumeurs sont-ils épargnés ?

Le déficit en alpha-1 antitrypsine (DAAT), maladie génétique liée à des mutations du gène SERPINA1, constitue la principale cause génétique de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).  En France, il concernerait 1 à 2 pour 1000 patients atteints de BPCO en France mais est largement sous diagnostiqué. Les sujets atteints de DAAT, notamment les homozygotes ZZ, présentent un risque accru d’emphysème et de trouble ventilatoire obstructif en particulier lorsqu’ils sont exposés à des agressions pulmonaires telles que le tabagisme ou les infections respiratoires.  Cependant, moins de données sont disponibles chez les non-fumeurs.

Suzanne M.Roche (Irlande), a présenté les résultats d’une étude rétrospective menée à partir du registre national irlandais du déficit en alpha-1 antitrypsine (DAAT), incluant 300 patients homozygotes ZZ. L’objectif était d’évaluer la prévalence, les caractéristiques cliniques, fonctionnelles, scanographiques et l’évolution de la maladie chez les patients non-fumeurs. 

Parmi les 300 patients inclus, 115 (38%) étaient non-fumeurs, définis par une consommation inférieure à 100 cigarettes au cours de la vie. L’âge au diagnostic ne différait pas significativement entre les fumeurs et les non-fumeurs (41 ans vs 47 ans, p=0,08).

Au moment du diagnostic, 34% des non-fumeurs présentaient un trouble ventilatoire obstructif (TVO) ; 18% étaient classés GOLD 2, 7% GOLD 3 et 3% GOLD 4. Une diminution de la capacité de diffusion du monoxyde de carbone (DLCO) étaient observée chez 40% d’entre eux. De plus, 50% présentaient des symptômes respiratoires : 51% rapportaient une dyspnée stade 1 sur l’échelle modifiée du Medical Research Council, 53% avaient un score de symptômes COPD Assessment Test supérieur à 10 et 37% un score de qualité de vie de Saint Georges supérieur à 25. Par ailleurs, 25% des patients présentaient une désaturation à l’effort (saturation inférieure à 88%) et environ 1 patient sur 8 parcourait moins de 350 mètres. La présence d’un emphysème était associée à un risque de TVO multiplié par 12,9 (IC95 % : 2,8–69,6), tandis que l’association emphysème/bronchectasies augmentait ce risque d’un facteur 21,9 (IC95 % : 3,3–219,9). Le poids de la maladie variait selon les circonstances du diagnostic. Les patients diagnostiqués en présence de symptômes respiratoires présentaient plus fréquemment un TVO (52%) et des anomalies scanographiques (85%), suivis de ceux identifiés dans le cadre d’un dépistage familial (34% de TVO et 59% d’anomalies scanographiques), puis de ceux dépistés à l’occasion d’une atteinte hépatique (24% de TVO et 32% d’anomalies scanographiques).

L’évolution de la fonction respiratoire a été analysée au cours d’un suivi médian de 8 ans, pouvant aller jusqu’à 24 ans. Aucune différence significative n’a été observée concernant le déclin annuel du volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) entre les patients non-fumeurs (-35mL/an) et fumeurs (-36mL/an, p=0,96), bien que ces derniers présentaient une fonction respiratoire initiale plus altérée. Les auteurs soulignent toutefois l’hétérogénéité de ce déclin, influencé non seulement par le tabagisme mais aussi par les expositions professionnelles, environnementales ainsi que par les exacerbations, qui n’étaient pas documentées dans cette étude. Enfin, les fumeurs présentaient enfin un âge moyen au décès significativement plus précoce que les non-fumeurs (63 ans versus 69 ans ; p=0,0187), ces deux valeurs restant inférieures à l’espérance de vie moyenne en Irlande estimée à 83 ans.

Ainsi, bien que les atteintes cliniques, fonctionnelles et scanographiques soient moins sévères chez les non-fumeurs que les fumeurs, cette étude souligne qu’elles restent fréquentes et cliniquement significatives. Ces résultats soulignent l’importance d’un dépistage précoce et d’un suivi régulier, y compris les non-fumeurs.

D’après la communication orale de Roche S. Severe Alpha-1 Antitrypsin Deficiency – Are Never- Smokers Disease Free ? (Session A16)

Déficit en alpha 1 antitrypsine : les non-fumeurs sont-ils épargnés ? Lire la suite »

CRCTB

Annuaire de la recherche en pneumologie 

Nom du LaboratoireCRCTB
N° d’équipeINSERM U1045 – équipe 2
Nom du directeur du laboratoirePr BERGER Patrick
Nom du responsablePr BERGER Patrick
Courriel du responsablepatrick.berger@u-bordeaux.fr
Contacts principauxpatrick.berger@u-bordeaux.fr
maeva.zysman@u-bordeaux.fr
isabelle.dupin@u-bordeaux.fr
AdressePTIB. Hôpital Xavier Arnozan. Avenue du Haut-Lévêque
CP33600
VillePessac
PaysFrance
Téléphone05 47 30 27 51
Fax :
Fax
Site internethttps://www.crctb.fr
Mots clésAsthme-BPCO-imagerie-Microbiote-organoïde-épithélium bronchique-muscle lisse-muscle strié
Résumé
Axe principal

Annuaire de la recherche en pneumologie 

CRCTB Lire la suite »

Retour en haut
SPLF-APPLI

GRATUIT
VOIR