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Webinaire Post ERS 2024

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Modérateurs  : Jésus Gonzalez (Paris) – Etienne-Marie Jutant (Poitiers)

Épisode 2 : Introduction  Pr Jésus Gonzalez, Paris et Etienne Marie Jutant, Poitiers

Épisode 3 : Nouveautés en recherche et infectiologie, Louise Bondeelle, Genève

 Épisode 40: Prise en charge médicamenteuse des troubles respiratoires du sommeil : ça avance doucement…Wojciech Trzepizur Angers

Épisode 5 : Nodules suspectes et staging médiastinal : validation des données pour la pratique clinique Vincent Fallet, Paris

Épisode 6 : Biothérapies ciblant les alarmines dans la BPCO Marina Gueçamburu, Bordeaux

Épisode 7 : Vers une médecine personnalisée dans l’hypertension pulmonaire ? Marianne Riou, Strasbourg 

Épisode 8 : Qu’a t-on appris de nouveau sur les biothérapies dans l’asthme sévère ? Dorian Hassoun, Nantes 

Épisode 9 : Actualités en explorations fonctionnelles, Thomas Gille, Bobigny 

Épisode 10 : Questions-réponses

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Escalade précoce vers une triple thérapie inhalée après une exacerbation sévère de BPCO

Hana Mullerova (Cambridge, Royaume-Uni) a présenté une étude s’intéressant à l’impact d’une escalade thérapeutique précoce vers une triple thérapie inhalée à la suite d’une exacerbation de BPCO modérée à sévère sur la survenue d’exacerbations ultérieures et d’évènements cardiovasculaires.

Des essais contrôlés randomisés de grande envergure ont démontré un bénéfice dans la BPCO des triples thérapies inhalées sur la réduction des exacerbations modérées à sévères, l’amélioration de la fonction pulmonaire, la qualité de vie et la dyspnée par rapport aux bithérapies inhalées 1. En 2022 Tkacz et al. 2 ont montré que le risque d’exacerbation et d’exacerbation sévère augmentait respectivement de 11% et de 7%, pour chaque retard de 30 jours à l’initiation d’une triple thérapie inhalée. Ce retard était également associé à une augmentation de 2,1% des coûts liés à la BPCO au cours du suivi.

Évaluation de l’impact de l’initiation précoce d’une triple thérapie inhalée

Hana Mullerova (Cambridge, Royaume-Uni) a présenté une étude s’intéressant à l’impact d’une escalade thérapeutique précoce vers une triple thérapie inhalée budésonide/glycopyrronium/fumarate de formotérol (BGF), à la suite d’une exacerbation de BPCO modérée à sévère sur la survenue des exacerbations ultérieures et d’évènements cardiovasculaires (insuffisance cardiaque, infarctus du myocarde, arrêt cardiorespiratoire).Cette étude, réalisée à partir d’une base de données américaine, incluait des patients atteints de BPCO, âgés de plus de 40 ans, ayant présenté au moins une exacerbation sévère ou deux exacerbations modérées sous bithérapie inhalée. Le traitement de fond de l’ensemble des patients a été modifié en faveur d’une triple thérapie inhalée (budésonide/glycopyrronium/fumarate de formotérol (BGF)) dans les 12 mois suivant l’exacerbation. Le délai d’initiation de la triple thérapie était considéré comme précoce s’il survenait dans les 30 jours suivant l’exacerbation, retardé entre 31 et 180 jours et très retardé entre 181 et 365 jours.

Une initiation précoce réduit le taux annuel d’exacerbations et les événements cardiovasculaires

Parmi les 10 103 patients inclus, 1 122 patients (11,1%) faisaient partie du groupe initiation précoce, 4 064 patients (40,2%) du groupe initiation retardée et 4 917 patients (48,7%) du groupe initiation très retardée. L’initiation précoce d’une triple thérapie inhalée a permis de réduire le taux annuel d’exacerbations de 23% par rapport à une initiation retardée (intervalle de confiance à 95% (IC95%) [0,71–0,82]; p<0,01 et de 31% par rapport à une initiation très retardée (IC95% [0,65-0,73] ; p<0,01).

De même, les évènements cardiovasculaires (infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque, arrêt cardiorespiratoire) ont été réduits de 23% (IC 0,73-0,81) dans le groupe initiation précoce par rapport au groupe initiation retardée et de 19% (IC95% 0,77-0,86) par rapport au groupe initiation très retardée. Durant la période de suivi, en moyenne 524 jours, on note que 72,8% des patients ont présenté une nouvelle exacerbation sévère, 54,2% un évènement cardiovasculaire et 25% sont décédés.

En conclusion

L’initiation précoce d’une triple thérapie inhalée après une exacerbation de BPCO modérée à sévère pourrait permettre de réduire le risque de nouvelles exacerbations et d’évènements cardiovasculaires.

Marina Gueçamburu, service des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux, Pessac


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IL-33 : cible d’une seconde biothérapie dans la BPCO, l’itépékimab.

L’itépékimab a montré des résultats encourageants dans une étude post hoc menée chez des sujets exacerbateurs fréquents et sevrés du tabac.

En 2021, Klaus Rabe et al. 1 ont étudié un anticorps monoclonal ciblant l’interleukine 33 (IL-33), l’itépékimab, dans une population de 343 patients atteints de BPCO, âgés de 40 à 75 ans, avec un profil d’exacerbateur fréquent (au moins deux exacerbations modérées ou une sévère l’année passée), des symptômes respiratoires (CAT ≥ 10) ou une bronchite chronique malgré un traitement par bi- ou trithérapie inhalée. Les patients étaient randomisés en deux groupes (1:1) : itépékimab 300mg toutes les 2 semaines versus placebo.

Il n’avait alors pas été observé de réduction du taux annuel d’exacerbations modérées à sévères dans la population globale (Rate Ratio (RR) 0,81 ; IC95% [0,61-1,07] ; p = 0,13), mais la sous-population de patients tabagiques sevrés semblait tout de même tirer bénéfice du traitement avec une réduction significative du taux annuel d’exacerbations (RR = 0,58 ; IC95% [0,39-0,85] ; p = 0,0061) et une amélioration du VEMS (différence moyenne 0,009L ; IC95% [0,02-0,15] ; p = 0,0076).

Réduction du taux annuel d’exacerbations et du délai jusqu’à la première exacerbation chez les exacerbateurs fréquents sevrés du tabac

Le lundi 9 septembre, K.Rabe (Allemagne) a présenté à l’ERS une analyse post hoc incluant 157 patients tabagiques sevrés, avec un tabagisme estimé à plus de 10 paquets années, et rapportant plus de 2 exacerbations l’année passée. Le critère de jugement principal était le taux annuel d’exacerbations modérées à sévères et le délai jusqu’à la première exacerbation, avec une stratification en fonction du nombre d’exacerbations l’année passée (2 exacerbations (n=107) et ≥ 3 exacerbations (n=50)).

Les résultats montrent une réduction du taux annuel d’exacerbation de 51% (0,54 versus 1,09 dans le groupe avec 2 exacerbations/an et 1,26 versus 2,59 dans le groupe ≥3 exacerbations) et un allongement du délai jusqu’à la première exacerbation indépendamment du nombre d’exacerbation (Hazard Ratio (HR) 0,48 ; intervalle de confiance à 95% (IC95%) 0,26 – 0,91 dans le groupe 2 exacerbations/an et HR 0,47 ; IC95% 0,21 – 1,04 dans le groupe ≥3 exacerbations).  

Un essai de phase trois dédié aux exacerbateurs fréquents et sevrés du tabac

Un essai de phase 3 incluant des patients symptomatiques, exacerbateurs fréquents (au moins deux exacerbations modérées ou une sévère l’année passée) et sevrés du tabac depuis plus de 6 mois est actuellement en cours (NCT04701983). Les premiers résultats devraient être communiqués en 2025.

Marina Gueçamburu, service des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux, Pessac


D’après la communication orale OA3645 “ Reduction in exacerbations with itepekimab in former smokers with chronic obstructive pulmonary disease (COPD) by prior exacerbation frequency” présentée par de Klaus F. Rabe (Kiel, Allemagne). Session de présentations orales 345 « Recent advances in biological treatments for asthma and chronic obstructive pulmonary disease” du lundi 10 septembre 2024.

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