Vaccination contre le VRS : un intérêt confirmé chez les adultes atteints de maladie pulmonaire chronique ?

Louise Bondeelle,

Service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse

Chez les patients atteints de maladie respiratoire chronique, le risque de complications liées aux infections hivernales est particulièrement élevé. Deux analyses présentées à l’ERS de Barcelone apportent des données utiles pour affiner notre discours en consultation et renforcer, lorsque cela est indiqué, la prévention vaccinale.

DAN-RSV est un essai pragmatique, randomisé, conduit au Danemark et en Galice au cours des saisons 2024-2025 et 2025-2026. Les participants étaient randomisés entre vaccination par RSVpreF et absence de vaccination. Le critère principal était l’hospitalisation liée au VRS. Lors de la première saison, près de 130 000 adultes de plus de 60 ans ont été inclus, dont 7% présentant une maladie respiratoire chronique. Dans le bras contrôle (non vacciné), les hospitalisations respiratoires liées au VRS étaient cinq fois plus fréquentes chez les porteurs de maladie respiratoire chronique. La vaccination par RSVpreF réduisait les hospitalisations liées au VRS, sans différence apparente d’efficacité selon la présence d’une maladie respiratoire chronique.

Concernant la grippe, l’analyse de FLUNITY-HD, portant sur 466 320 adultes de plus de 65 ans, montre que le vaccin antigrippal haute dose, contenant quatre fois plus d’antigène que le vaccin standard (60 µg vs 15 µg par souche), était associé à moins d’hospitalisations respiratoires et cardiorespiratoires, sans différence selon la présence d’une maladie respiratoire chronique. Chez les patients respiratoires chroniques, l’efficacité relative était toutefois de 4,4 % (IC95 % : -10,2 à 17,0), sans significativité statistique.

Pour la pratique, ces résultats nous donnent de nouveaux arguments pour proposer activement la vaccination à nos patients respiratoires à risque et les convaincre de se faire vacciner. Pour le VRS, le bénéfice du RSVpreF semble également présent chez les patients ayant une maladie respiratoire chronique. Pour la grippe, le vaccin haute dose réduit davantage les hospitalisations que le vaccin standard chez les sujets âgés, même si le bénéfice spécifique chez les patients respiratoires reste à confirmer. Les principales questions restent celles de l’efficacité selon le type et la sévérité de la maladie respiratoire et de l’impact sur les exacerbations. Bref, si nous avions déjà de bonnes raisons de vacciner, l’ERS nous en donne quelques-unes de plus pour en parler à nos patients !

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