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Actualisation des recommandations françaises de prise en charge des pneumonies aiguës communautaires

Les recommandations françaises de prise en charge des pneumonies aiguës communautaires ont été présentées pour la première fois à l’occasion du 28e Congrès de Pneumologie de Langue Française. Elles précisent la place des examens d’imagerie, des biomarqueurs de l’inflammation et des examens microbiologiques, et ouvrent également la voie à une utilisation plus raisonnée de l’antibiothérapie.


Damien Basille 
Service de pneumologie, CHU Amiens-Picardie

À l’occasion du 28e Congrès de Pneumologie de Langue Française qui s’est tenu en janvier 2024, une actualisation des recommandations de prise en charge des pneumonies aiguës communautaires (PAC) a été présentée. Il s’agit d’une première présentation de cette actualisation coordonnée conjointement par la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF) et par la Société Française de Pneumologie (SPLF), avec le partenariat du Collège National des Généralistes Enseignants (CNGE), de la Société Française de Médecine d’Urgence (SFMU), de la Société Française de Microbiologie (SFM), de la Société Française de Radiologie (SFR) et de la Société de Réanimation de Langue Française (SRLF). Une validation par les différentes sociétés savantes est attendue avant la publication de la version finale de ces recommandations. 

Différents points sont concernés par cette actualisation : les outils diagnostiques (imagerie et biologie), le traitement antibiotique et la place des corticoïdes systémiques. Par ailleurs ces points sont abordés selon trois cadres particuliers : les patients relevant d’une prise en charge ambulatoire, ceux nécessitant une hospitalisation et les PAC graves nécessitant une prise en charge en secteur de soins critiques.

Diagnostique radiologique et suivi des PAC

La réalisation d’une imagerie est toujours recommandée pour confirmer le diagnostic de PAC. En médecine de ville, il est souhaitable de réaliser une radiographie du thorax dans un délai maximal de 3 jours. Sa normalité, lorsqu’elle est interprétée par un professionnel entraîné, doit conduire à réévaluer le diagnostic et à discuter l’arrêt de l’antibiothérapie.

L’échographie pleuropulmonaire, si elle est réalisée par un praticien préalablement formé, peut être proposée en alternative à la radiographie du thorax, en particulier en soins primaires ou lorsqu’il est difficile d’obtenir une radiographie du thorax de bonne qualité (patient présentant une insuffisance respiratoire aigüe).

Les indications diagnostiques du scanner thoracique sont limitées aux PAC prises en charge en milieu hospitalier pour lesquelles il persiste un doute diagnostique à l’issue de l’évaluation initiale reposant sur la combinaison des signes cliniques et des résultats de la radiographie du thorax ou de l’échographie pleuropulmonaire. Par ailleurs, la réalisation d’un scanner thoracique est justifiée en cas d’évolution défavorable malgré un traitement bien conduit, ou pour dépister un cancer bronchopulmonaire sous-jacent en cas de facteur de risque (âge > 50 ans associé à un tabagisme). Dans ce dernier cas, un délai d’au moins 2 mois est recommandé afin de limiter le risque de faux positifs. 

L’apport de la biologie

En ambulatoire ou chez les patients hospitalisés, le dosage de la CRP ou celui de la procalcitonine ne sont pas recommandés de manière systématique pour  le diagnostic de PAC ou pour le suivi, leur bénéfice n’étant pas démontré.

La recherche d’une documentation microbiologique est limitée aux patients nécessitant une hospitalisation. Dans ce cadre, la réalisation d’un examen cytobactériologique des crachats doit être envisagée chez le patient expectorant avec la présence de sécrétions purulentes (s’il est possible d’obtenir un prélèvement de bonne qualité avec un acheminement rapide au laboratoire), ou en cas de non réponse au traitement antibiotique de première ligne. Chez le patient présentant une PAC grave, la réalisation d’examens cytobactériologiques sur des prélèvements respiratoires profonds est à privilégier. La réalisation d’une antigénurie Legionnella est recommandée en cas de PAC grave ou de présentation clinico-biologique évocatrice.

Selon le contexte épidémique, des tests de biologie moléculaire peuvent être proposés aux patients hospitalisés pour une recherche de virus Influenza A/B, VRS et SARS-CoV-2. Ce panel peut être élargi en fonction de la gravité de la PAC.

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Recommandations pneumopathies aiguës communautaires : antibiothérapie et place des corticoïdes 

Les pneumonies aiguës communautaires (PAC) représentent la première cause de mortalité infectieuse dans le monde, malgré la diffusion large des antibiotiques.Dans les pays à haut revenu, le taux de décès chez les patients hospitalisés pour PAC est d’environ 11%. Chez les patients nécessitant une ventilation mécanique, le taux de mortalité peut atteindre 30%.

Examens diagnostiques

Parmi les nouveautés des recommandations, il est préconisé de réaliser dans les trois jours une radiographie thoracique permettant d’arrêter une antibiothérapie en l’absence de foyer. Son contrôle à distance n’est pas utile. Un scanner de dépistage sera réalisé à distance chez un patient tabagique, âgé de plus de 50 ans. L’échographie pleuropulmonaire, réalisée par un praticien formé obtient une place dans l’arbre diagnostic. En l’absence de preuve de son bénéfice, le dosage systématique de la CRP n’est pas recommandé en ambulatoire ou en cas d’hospitalisation, ni au diagnostic, ni pour le suivi. Les examens microbiologiques n’ont pas leur place en ambulatoire, mais restent nécessaires pour les cas graves. Les PCR virales doivent être prescrites en fonction du contexte épidémiologique.

Réduction de la durée de l’antibiothérapie

De nombreuses données de la littérature ont apporté la preuve du bénéfice que l’on pouvait attendre de la réduction de la durée de traitement des PAC. En effet, la réduction d’exposition, non seulement ne fait pas moins bien qu’un traitement long, mais elle permet aussi de diminuer le risque de survenue de résistance bactérienne. La durée ne doit donc pas dépasser 7 jours en dehors d’une complication. En particulier, il est possible d’arrêter précocement une antibiothérapie au bout de 3 à 5 jours si les critères de stabilité clinique sont obtenus. Les molécules à spectre étroit sont privilégiées : en ambulatoire l’amoxicilline et acide clavulanique en présence de comorbidités. Un macrolide est proposé en cas de suspicion de bactérie intracellulaire. L’association de céphalosporines 3G parentérales et de macrolides est réservée aux patients de soins intensifs. La réponse inflammatoire excessive semble intervenir dans la physiopathologie des PAC. La capacité des glucocorticoïdes à exercer leur activité anti-inflammatoire et immunomodulatrice, qui réduirait la mortalité des patients atteints de PAC, est une question débattue.

Un usage des corticoïdes limité aux PAC sévères

Malgré un rationnel physiopathologique solide, les indications formelles de la corticothérapie sont pour l’instant limitées aux PAC avec défaillance hémodynamique. Un essai français multicentrique de phase 3 publié dans le New England Journal of Medicine en mai 2023 a montré qu’en soins intensifs, l’administration précoce d’hydrocortisone pour PAC sévère diminuait le risque de décès à J28 par rapport au placebo 1. Néanmoins, du fait d’une balance bénéfices/risques en leur défaveur, il n’est pas recommandé de prescrire des corticoïdes pour les patients atteints de PAC non sévère ou de pneumonie grippale.


D’après la communication de Yacine Tandjaoui-Lambiotte (Saint-Denis) et de Pierre FillatreI (Saint-Brieuc) « Antibiothérapie et place des corticoïdes », session RD02 « Recommandations pneumopathies aiguës communautaires SPLF-SPILF-SRLF-SFM-SFR-SFMU » du Vendredi 26 janvier 2024

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Oxygénothérapie : recommandations et dangers

L’oxygène est un médicament irremplaçable pour corriger l’hypoxémie. Avant son administration l’hypoxémie doit être confirmée par la mesure de la saturation en oxygène ou la gazométrie artérielle ou sous-capillaire. Des précautions s’imposent lors de la manipulation.

Posologie de l’oxygénothérapie
La posologie de l’oxygénothérapie cible selon l’existence ou non du risque d’hypercapnie : chez les patients en hypoxémie aigue sévère sans risque d’hypercapnie, l’objectif de l’oxygénothérapie doit être de maintenir la saturation à une valeur supérieure à 94%. Mais chez les patients à risque d’hypercapnie, l’objectif doit être de maintenir une saturation entre 88 et 92%.

Choix des interfaces
Le choix des interfaces dépend du débit souhaité car la FiO2 reste très variable. Les lunettes nasales sont indiquées pour un débit souhaité de 1 à 6l/mn. Les lunettes offrent un confort au patient qui peut manger ou parler mais elles sont moins efficaces en cas de respiration buccale. Quant au masque simple, il est indiqué pour les débits souhaités entre 4 et 8l/mn et fournit une FiO2 jusqu’ à 60% ; le masque à réserve doit être utilisé pour les débits de 10 à 15l/mn. Les inconvénients pour les deux dernières interfaces sont la ré-inhalation du CO2 avec un risque d’hypercapnie, et la claustrophobie. D’autres interfaces comme l’oxygénothérapie humidifiée à haut débit (OHD), la CPAP de Boussignac et l’oxygène hyperbare sont aussi utilisés de façon plus ponctuelles.

L’humidification n’est pas nécessaire si le débit est inférieur á 5l/mn et les barboteurs doivent être changés après 48 heures d’utilisation.
L’oxygénothérapie nécessaire ne doit pas être arrêtée pour un contrôle gazométrique en aigu.

Différentes indications de l’oxygénothérapie
L’oxygénothérapie peut être administrée en soins aigus, pour une longue durée à domicile ou lors des efforts en déambulation.
Les principales indications de l’OLD n’ont pas changé : ce sont des patients ayant une IRC ou des sujets BPCO qui ont une hypoxémie chronique (PaO2<55 mm Hg) avec des signes cliniques d’hypoxie tissulaire au repos, sous traitement optimal á distance d’un épisode aigu. 1. L’oxygénothérapie au long cours augmenterait la survie des patients BPCO mais il n’y aurait pas de bénéfice sur la mortalité de traiter uniquement les désaturations nocturnes 2.

Le choix du dispositif, source d’oxygénothérapie de déambulation dépend de la durée de déambulation.  L’oxygène en déambulation augmenterait la performance à l’effort.

Oxygénothérapie humidifiée á haut débit (OHD) 
L’OHD améliore la FiO2. Elle a un effet PEEP (dynamique) mais la PEEP dépend des fuites d’air (elle est nulle si le patient garde la bouche ouverte) ; elle diminue l’espace mort par rinçage du CO2 et améliore la clairance muco-ciliaire par l’humidification 3. En pneumologie, il existe trois indications différentes de l’OHD qui sont :

  • les hypoxémies sévères surtout au repos mais aussi à l’exercice (réhabilitation)
  • les hypercapnies légères chroniques lorsque l’hypercapnie est insuffisante pour indiquer une VNI ou lorsque la VNI est mal supportée ou indisponible
  • l’exacerbation fréquente de BPCO où elle améliore la clairance muco-ciliaire 4medRxiv ; 2021 [consulté le 6 juillet 2022]. Disponible sur : https://doi.org/10.1101/2021.05.21.21257508 ].

L’OHD peut être utilisée en soins aigus, à la maison pendant la nuit, à la maison en séances diurnes. En cas d’insuffisance respiratoire aiguë, le débit cible est de 60l/mn, le but étant de dépasser le débit inspiratoire du patient pour éviter la dilution avec l’air ambiant. En cas d’insuffisance respiratoire chronique le débit doit être limité entre 20-30l/mn.

Pour éviter le risque de dessiccation muqueuse, un apport régulier d’eau (distillée) est indispensable.
Les modalités de traitement par OHD dépendent du contexte : dans les hypoxémies aigues très sévères, l’OHD est utilisé en continu avec si possible des séances intermittentes de CPAP/VNI pour permettre le recrutement alvéolaire. Dans les hypoxémies aigues sévères, l’OHD est utilisée en séances diurnes quand le masque à oxygène n’est plus suffisant ou pour permettre de parler et de manger. Dans les IRC avec exacerbations, elle est utilisée durant la nuit et/ou en séances diurnes de 1-3 heures, et lors des séances de réentrainement diurnes d’une à trois heures en cas d’hypoxémie á l’effort.

Dangers de l’oxygénothérapie
Il existe 4 grands groupes de danger de l’oxygénothérapie :

  • l’erreur de prescription ; selon une étude 5 environ 100000 malades en France serait sous oxygénothérapie par erreur de prescription.
  • L’hypercapnie sous oxygène qui est un vrai problème mais mal connu. Elle n’est pas liée à un défaut de commande centrale comme on le dit souvent, mais à des changements du rapport ventilation /perfusion et un peu d’effet Haldane
  • Le danger de l’hyperoxie : faible en pratique chez l’adulte
  • Et les dangers techniques et notamment l’incendie qui restent de gros dangers méconnus. Ce risque est évident lorsque l’oxygène qui est un comburant est proche d’une source de chaleur (cigarette). Il convient également d’apprendre correctement au patient et au personnel la manipulation des manodétendeurs qui peuvent donner des accidents graves.

Ainsi pour éviter les dangers de l’oxygénothérapie il est nécessaire d’élaborer des fiches d’éducation thérapeutique, de former le personnel á l’utilisation de l’oxygène et de protéger les sources d’oxygène.

Irie Hospice DJE BI, Service de pneumologie, CHU de Bouaké, Chef de clinique assistant à l’université Alassane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire

D’après la session « oxygénothérapie » du 5 mai 2023


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