Remission clinique de l’asthme sévère sous Benralizumab : focus sur les données françaises

Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

L’étude BENEFIT est une étude observationnelle rétrospective, financée par AstraZeneca, reposant sur les données médico-administratives issues du SNDS. Les analyses présentées avaient pour objectif d’évaluer, en vie réelle, la proportion de patients atteignant des critères de rémission sous benralizumab et de caractériser ces patients.

Sous benralizumab, un tiers des patients asthmatiques sévères atteint une rémission définie sur des critères médico-administratifs.

L’objectif principal des analyses présentées aujourd’hui était d’évaluer la prévalence d’obtention de la rémission clinique des patients asthmatiques sévères traités par benralizumab pendant au moins 1 an avec au minimum 2 ans de suivi entre 2019 et 2023.

La rémission clinique était considérée comme atteinte au cours de toute période de 12 mois sous benralizumab durant laquelle les quatre critères suivants étaient simultanément remplis : aucun corticoïde oral dispensé, moins de 3 dispositifs de bronchodilatateur de courte durée d’action ou moins de 3 dispositifs d’une association CSI-formoterol dispensé, posologie quotidienne moyenne de CSI inférieure ou égale à 1000 µg/jour (équivalent beclométasone), aucune hospitalisation liée à l’asthme.

Parmi les 10 224 patients ayant initié un traitement par benralizumab, 4 041 patients ayant eu au moins un an de traitement par benralizumab et 2 ans de suivi ont pu être inclus dans l’analyse.

La population incluse possédait des caractéristiques classiquement associées à un asthme sévère de type T2 éligible à une biothérapie : sujets de sexe féminin à 57,5 % âgés en moyenne de 60,2 +/- 13,9 ans présentant une rhinite allergique dans 86,4 % des cas et une polypose nasosinusienne dans 8,5 % des cas. Plus d’un tiers (36,7 %) des patients ont été hospitalisés du fait de leur asthme dans les 5 années précédant l’initiation du benralizumab. Il est à noter enfin que 34 % des patients avaient reçu au moins une autre biothérapie dans les 5 années précédentes.

La proportion de patients en rémission clinique (respect des 4 critères) durant les 12 mois de traitement par benralizumab était de 33,9 % (1 369 patients). La durée médiane d’obtention de cette rémission clinique était de 113 jours (1-322 jours) avec une durée médiane de rémission de 21,4 mois (15,4-31 mois). La délivrance de corticostéroïdes oraux constituait la principale cause d’interruption d’une période de rémission (41,2 %), devant la fin du suivi (31,2 %). La nature médico-administrative des données ne permettait toutefois pas de déterminer l’indication de ces prescriptions.

Les patients atteignant la rémission avaient initialement une moindre exposition aux corticostéroïdes et moins de comorbidités.

Des différences étaient notées entre les patients achevant une rémission clinique durant la première année de traitement par benralizumab en comparaison avec les patients n’atteignant pas la rémission. Ces patients présentaient à l’instauration du benralizumab une moindre exposition aux corticostéroïdes, tant sur le plan des formes inhalées (874,5 +/- 618,6 vs 1 202,4 +/- 849,3 µg/jour, p < 0,0001) qu’orales (4,1 (1,1 ; 6,6) vs 6,6 (3,3 ; 11,9) mg/jour, p < 0,0001). Ces patients en rémission clinique étaient par ailleurs moins nombreux à avoir été hospitalisés du fait d’un asthme (27,9 % vs 41,2 %, p<0,0001) et moins susceptibles d’avoir eu une biothérapie antérieure dans les 5 ans (25,7 vs 38,2 %, p < 0,0001) dans les 5 années précédant l’instauration du benralizumab. Enfin, les patients en rémission clinique présentaient moins de comorbidités associées, qu’il s’agisse de BPCO, de maladies cardiovasculaires, d’obésité ou de diabète.

Au total, environ un tiers des patients asthmatiques sévères traités par benralizumab atteignait les quatre critères de rémission définis à partir des données du SNDS. Les patients atteignant cette rémission présentaient à l’instauration du traitement une moindre exposition aux corticostéroïdes, moins d’antécédents d’hospitalisation ainsi qu’une moindre charge en comorbidités. Notons néanmoins que la « rémission » évaluée ici repose exclusivement sur des critères médico-administratifs à confirmer avec les données cliniques.


D’après le poster suivant : Remission with Benralizumab in Severe Asthma: Real-World Evidence from the French claims database (BENEFIT Study)
Présenté par Arnaud BOURDIN
Session : Remission and relapse in airway diseases with biologic therapies – Le 08/09/2026

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