Impact environnemental et parcours de soins

Impact environnemental des soins de pneumologie

Dans un contexte où plus de la moitié du CO2 produit par la santé est liée à l’achat de médicaments et de dispositifs médicaux et 15 % aux transports, grouper les examens et les consultations sur une même journée permet d’en limiter l’impact environnemental. Dans le même objectif, la téléconsultation a fait ses preuves pour économiser des déplacements, mais aussi favoriser l’observance, et limiter l’absentéisme. Une étude britannique ayant évalué l’empreinte carbone des bilans sanguins a mis en avant que 76 % d’entre eux étaient inutiles selon les recommandations, et produisaient 61 kg eqCO2 pour 80 patients.

Une autre, comparant l’empreinte carbone des formes galéniques de paracétamol, mettait en avant que la forme intraveineuse produit 12 fois plus d’eqCO2 que la forme orale.

Les tenues à usage unique augmentent de 250% l’empreinte carbone, de 250% les besoins en eau, de 750% les déchets solides, et leur fabrication nécessite 5 fois plus de produits chimiques volatiles. Un autre exemple, celui des gants à usage unique, qui en plus de représenter un frein à la désinfection des mains, sont responsables d’une consommation de 50 kg eqCO2 pour 20 lits de réanimation chaque jour.

Un retour d’expérience de l’hôpital du Salonais a illustré la possibilité de réduire les déchets. Le service de prévention du risque infectieux a procédé à des audits et des observations dans les services. Certains produits contenus dans les sets de soins étaient immédiatement jetés, non utilisés. Les commandes de matériel ont été modifiées pour limiter les déchets et améliorer la pertinence des soins. Par exemple la suppression de la pince à clamper dans les sets de sondage urinaire, et des cales-dents sans lanière dans les kits d’ETO…

Ces sessions ont mis en avant l’impact des soins, particulièrement en pneumologie, et ont fourni des axes de réduction de déchets dont les équipes peuvent facilement s’emparer.

Retours d’expérience de patients partenaires

Une patiente partenaire nous a partagé l’expérience de son parcours, dans le cadre d’une HTAP ayant nécessité une greffe bi-pulmonaire. Elle a livré les différentes émotions qui l’ont habitée avant la greffe, après l’annonce du traitement proposé : le déni, la tristesse, la résignation, puis le partage entre la peur et la volonté d’avancer, le sentiment de dépression. Elle nous a partagé le poids des mots sur son évolution psychologique et sa motivation. Ces éléments questionnent la structuration de l’annonce dans le cadre de la maladie chronique. Puis après la greffe, la reprise progressive de sa vie, après la réanimation puis la réhabilitation, le sentiment de récupérer ses fonctions cognitives progressivement. Enfin aujourd’hui, la possibilité pour elle de vivre sa vie normalement, faire des voyages, et profiter. Ses messages et son vécu ne sont pas sans nous rappeler l’importance de travailler avec les patients partenaires pour bénéficier de leur expertise dans le vécu de la maladie.

Parcours de soins des personnes après une hospitalisation

Les parcours post-hospitalisation dans le cadre d’un cancer ont été abordés par une infirmière en pratique avancée (IPA) du CHRU de Nancy. Il existe de nombreux parcours qui diffèrent notamment selon le motif d’hospitalisation. Ils recouvrent des parcours simples avec retour à domicile, suivi, et mise en place de dispositifs de soutien. Il existe une unité de traitement ambulatoire PRIMO qui peut constituer un relais de l’hospitalisation, ou encore l’expérimentation article 51 PICTO. Cette expérimentation permet un suivi renforcé et coordonné en proposant une organisation ville-hôpital, décloisonnée. Elle associe des professionnels spécifiquement formés : infirmière coordinatrice, médecins traitants, infirmières libérales, pharmaciens d’officine. Elle s’appuie sur une plateforme qui favorise les échanges entre professionnels et améliore le suivi des toxicités, et la mise en place d’actions spécifiques. Les déplacements des patients vers l’hôpital sont ainsi limités, ce qui est d’autant plus pertinent que le secteur géographique de prise en charge représente un rayon d’environ 200 km. Le modèle est soutenu par un financement expérimental par parcours de soins, avec rétrocession aux professionnels impliqués. Par ailleurs, les prestataires participent aussi aux parcours en proposant des programmes distanciels de réhabilitation et de réentraînement à l’effort, ou encore un soutien psychologique, associés à des soins de ventilation, perfusion ou nutrition. L’HAD est aussi un soutien pour le parcours post-hospitalisation, notamment en proposant des soins de support.

Le rôle de l’IPA est d’évaluer les besoins des patients et leurs souhaits en hospitalisation complète et en HDJ, de coordonner les parcours, proposer un suivi, et une interface de façon à solliciter les bons acteurs dans le parcours de la personne soignée.

Télésuivi et télésurveillance

Enfin, un infirmier coordinateur de l’hôpital Tenon à Paris a partagé son expérience dans le télésuivi et la télésurveillance des thérapies orales. Dans un contexte de chronicisation du cancer, et d’accès à de très nombreuses molécules, notamment administrées par voie orale, il y a eu besoin de développer de nouvelles organisations.

Les articles 51 ont permis de mettre en place des financements pour ce télésuivi, en finançant au forfait l’ensemble du parcours, incluant la coordination. Le protocole porte sur l’évaluation des toxicités et de l’observance, et la traçabilité des évènements survenus. Il permet pour l’infirmier d’augmenter son niveau de compétences et de développer une valorisation des actions éducatives. Il permet également de prescrire des examens biologiques et radiologiques, ainsi que certains médicaments pour traiter les symptômes associés aux toxicités. Un des médecin délégant doit être présent et joignable pour agir en cas de signes d’alerte, qui sont définis en avance. Des arbres de décisions précisent dans quelles circonstances solliciter le médecin délégant, pour chacune des toxicités.

Ces modalités de suivi favorisent la satisfaction des patients et valorisent et sécurisent la relation entre patient et IDE.

Le télésuivi et la télésurveillance permettent de proposer des outils pour accompagner des parcours longs et sécurisent la personne soignée.


D’après les sessions du dimanche 26 janvier 2025 :
« Télésurveillance encadrée par un protocole de coopération » de Ludovic Chêne (Paris)
Session orale A35 « Infirmière 1. Impact environnemental des soins en pneumologie »
« Impact des soins sur l’environnement » de Frédéric Deblay (Strasbourg)« Eco-conception des parcours de soins » de Agnès Gendre-Agasse (Toulon)
« Réduction des déchets à l’hôpital : retour d’expérience d’un service de l’hôpital du Salonais » de Emmanuelle Joseph (Salon de Provence)
Session orale A39 « Infirmière 2. Parcours post-hospitalisation dans la maladie chronique »
« Impact d’une hospitalisation dans le parcours de soins » de Daniele Porre (Marseille« Parcours post-hospitalisation dans le cadre du cancer » de Aurélie Broussois (Nancy)

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