De PolluRisk à l’urbanome, ou comment mesurer l’impact des facteurs environnementaux sur la santé

PolluRisk, une plateforme pour mieux comprendre l’effet des polluants sur la santé

Actuellement, 99 % de la population mondiale respire un air pollué, responsable de 9 millions de décès prématurés chaque année. Sophie Lanone, directrice de recherche à l’Inserm IMRB (Créteil), a expliqué que la plateforme PolluRisk permettait d’étudier des mélanges complexes de polluants, évoluant dans le temps et dans l’espace. Cela comble ainsi les lacunes des études épidémiologiques classiques ou fondamentales, qui se concentrent souvent sur un seul polluant ou une seule taille de particule. Grâce à une collaboration entre le Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques (LISA) et l’Institut Mondor de Recherche Biomédicale (IMRB), des précurseurs gazeux et particulaires sont injectés dans une chambre d’exposition, où ils sont soumis à des transformations chimiques et à un vieillissement artificiel sous une lampe à arc au xénon. Cette approche permet de reproduire des conditions d’exposition plus réalistes et de mieux comprendre les effets des polluants secondaires sur la santé.

Créée en 2017, la plateforme a permis de mener plusieurs projets de recherche, en exposant des souris à des atmosphères complexes et réalistes, telles que celles de la pollution parisienne (en été ou en hiver) ou de Pékin, avec des épisodes de vents de sable, parfois associés à des émissions provenant de la combustion de biomasse. À partir de 2025, un accès facilité à la plateforme devrait permettre de développer de nouveaux projets de recherche expérimentaux sur la santé respiratoire et la qualité de l’air.

Urbanome : les facteurs environnementaux verts et bleus plus favorables à la santé

Pr Isabella Annesi Maesano, Institut Desbrest d’Épidémiologie et de Santé Publique, Université de Montpellier et INSERM, Montpellier, a également introduit la notion d’”urbanome”, un concept regroupant l’ensemble des facteurs environnementaux, sociaux et structurels auxquels les citadins sont exposés, incluant les espaces verts, bleus et gris. Ces éléments sont essentiels pour évaluer l’impact des environnements urbains sur la santé, notamment dans les grandes villes. Bien que ce domaine soit encore récent et que les études publiées soient limitées, des données émergent en faveur d’un effet protecteur des espaces verts et bleus sur la santé. Le projet Urbanome Montpellier devrait fournir de nouvelles informations sur la santé respiratoire, en particulier l’asthme. Ces résultats permettront de repenser l’architecture urbaine pour limiter la morbidité liée aux expositions environnementales en milieu urbain.

Par Lucile Sesé, Service de physiologie et Service de pneumologie, Centre de référence des maladies pulmonaires rares, Hôpital Avicenne, Bobigny


D’après la session “Dis-moi où tu vis, je te dirai comment tu respires ” du samedi 25 janvier 2025 et les communications :
« Influence de la qualité de l’air sur la croissance pulmonaire et le déclin de la fonction respiratoire », de Isabella Annesi Maesano (Montpellier)
« Impact des aérocontaminants hors tabac sur l’homéostasie pulmonaire », de Sophie Lanone (Créteil)

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