L’intelligence artificielle révolutionnera-t-elle la pneumologie ?

L’intelligence artificielle (IA) révolutionnera-t-elle notre approche de la pneumologie ? C’est la question posée par les conférenciers de la session A89 du dimanche 18 mai 2025 lors du congrès de l’ATS cette année.

À peine mentionnée en 2015, l’IA occupe aujourd’hui une place de plus en plus importante au congrès de l’ATS, et ce, depuis deux ou trois ans. Elle est désormais un sujet incontournable et entraînera des modifications inévitables dans tous les domaines de la pneumologie d’ici un à deux ans. Les raisons de ce changement tiennent principalement à la masse considérable de données (plus connue sous l’appellation « Big Data ») en lien avec l’état de santé de chaque individu, allant du polymorphisme génétique aux poids différentiels que les facteurs environnementaux exercent sur l’expression de nos gènes. A la richesse phénotypique de chaque maladie, s’ajoute la complexité des voies endotypiques qui sous-tendent chacun de ces phénotypes, rendant la perspective d’une médecine personnalisée, prédictive, préventive et participative presque illusoire. Comme dans toute quête, la meilleure façon d’atteindre un objectif est de connaître les différentes étapes qui y mènent. Aujourd’hui, faute d’avoir trouvé des solutions définitives aux questions posées, les auteurs ont au moins le mérite d’avoir identifié six domaines où les outils d’IA actuels pourraient améliorer nos capacités diagnostiques, pronostiques et thérapeutiques. En intégrant les données génomiques, transcriptomiques et protéomiques aux caractéristiques cliniques et environnementales, l’IA permet de :
1 : prédire l’apparition des maladies et prévenir leur évolution vers un stade incurable car irréversible ;
2 :adapter les traitements aux spécificités biologiques de chaque patient ;
3: identifier de nouvelles cibles thérapeutiques ;
4 : simuler l’évolution des maladies et la réponse aux traitements grâce aux modèles virtuels de patients ou « jumeaux numériques » ;
5 : suivre en continu la fonction respiratoire et détecter précocement les exacerbations grâce aux dispositifs portables équipés de capteurs ;
6 : prévoir l’émergence des pandémies, optimiser les ressources médicales et améliorer les politiques de santé respiratoire en conséquence. Ainsi, à défaut de pouvoir révolutionner complètement la médecine en ce premier quart de siècle, il est très probable que l’IA nous aidera à franchir une étape décisive vers une médecine plus intégrative, en trouvant les bonnes pondérations entre les données génomiques et les facteurs environnementaux, mais aussi plus individualisée. Car si chaque être humain est unique, chaque malade l’est davantage. L’IA nous permettra-t-elle d’identifier non seulement les différences inter-individuelles, mais aussi les fluctuations intra-individuelles de nos patients ?

D’après la session A89 “Revolutionizing respiratory disease management with machine learning and AI insights”

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