
Cette session s’est intéressée aux effets respiratoires de la plongée et de l’avion
Effets respiratoires de l’avion
En 2025, plus de 5 milliards de passagers ont voyagé en avion. Les pathologies pulmonaires représentent 12% des urgences en vol. Les décès restent rares et correspondent à 2000 décès en 2025. Cette session nous rappelle les risques liés aux différences de pression par rapport au niveau de la mer et les moyens de prévention.
Les gaz sont contenus dans l’organisme sous plusieurs formes: occlus dans des cavités closes (poumon, sinus par exemple) ou dissous dans les liquides biologiques.
Lorsque le pression d’un gaz diminue, son volume augmente et inversement (loi de Boyle–Mariotte). Les variations de pressions brutales peuvent conduire à des barotraumatismes (perforation tympanique, pneumothorax par exemple). Aussi, la quantité de gaz dissous dans un liquide est proportionnelle à la pression qu’exerce ce gaz sur ce liquide (loi de Henry). Plus la pression ambiante est importante, plus le liquide sera saturé en gaz. Lorsque la pression ambiante diminue rapidement, ces gaz sont en excès (sursaturation): il y a risque d’aeroembolisme ou maladie de décompression.
La pression partielle en oxygène est directement liée à la pression barométrique qui diminue lors du vol en altitude. Un compromis doit être trouvé entre ce que la cabine d’avion peut supporter comme pression et ce que l’homme peut supporter comme hypoxie. La cabine pressurisée aura une pression barométrique rétablie qui sera diminuée de 15 à 25% par rapport à sa valeur au niveau de la mer. Pour un sujet sain, cette diminution de la Pression inspirée en oxygène (PiO2) a peu de conséquence sur la pression partielle en oxygène dans le sang et la saturation en oxygène de l’hémoglobine à la différence d’un sujet ayant une PaO2 inférieure à 70 mmHg qui se retrouvera, en altitude, dans la partie descendante de la courbe de Barcroft. La BTS 2011 recommande une supplémentation en oxygène pour les patients ayant une spo2< 92% en air ambiant et de réaliser un test d’hypoxie normobare pour les patients ayant une spo2 entre 92 et 95% avec facteurs de risques (hypercapnie, VEMS < 50%, troubles ventilatoires restrictifs, cancer pulmonaire, cardiopathie ou AVC) 1. Les autres risques en avion long courrier (> 5000 km) sont les maladies thrombo-emboliques qui peuvent être prévenues par hydratation non alcoolisée, l’exercice des membres inférieurs, bas de contentions chez certains et éventuellement une injection d’anticoagulant préventif pour les patients à haut risque (antécédent de MTEV ou thrombophilie, cancer actif, immobilisation récente). Le risque infectieux est non négligeable. Il est nécessaire de porter un masque en cas de symptômes ou pandémie. Il est interdit de fumer dans l’avion et l’aérogare. La prescription de substituts nicotiniques adapté à la dépendance et la durée de vol est nécessaire 2.
D’après la communication de Rudi PECHE, Belgique
Effets respiratoires de la plongée sous-marine
La plongée sous-marine est une activité de loisir. Le rôle du médecin est de savoir la contre-indiquer chez certains patients car elle peut avoir des conséquences graves. Sous l’eau, la pression est supérieure à la pression atmosphérique. Lors de remontée rapide à glotte fermée, les variations brutales de pressions dans le poumon peuvent entrainer des accidents de surpression (barotraumatisme) qui sont les plus graves. Les accidents de décompression se produisent aussi en remontée trop rapide : le gaz en excès peut provoquer une interruption de la circulation sanguine médullaire, osseuse ou cochléaire. Le traitement est la recompression en caisson hyperbare. Les patients susceptibles de faire ces accidents ont une contre-indication absolue à la plongée sous-marine: l’emphysémateux, les pneumopathies interstitielles diffuses chroniques et surtout l’antécédent de pneumothorax même opéré. L’asthme ou la BPCO sont des contre-indications relatives. Les patients souffrant d’asthme ou de BPCO peuvent être autorisés après avis pneumologique ou hyperbariste si la maladie est modérée et strictement contrôlée pendant plusieurs mois.
D’après la communication de François SEMJEN, France
Milène Chaptal, Service de Pneumologie, CHU de la Guadeloupe
- Ahmedzai S, Balfour-Lynn IM, Bewick T, Buchdahl R, Coker RK, Cummin AR, et al. Managing passengers with stable respiratory disease planning air travel: British Thoracic Society recommendations. Thorax. 1 sept 2011;66(Suppl 1):i1‑30. ↩
- T. Similowski, J. Gonzalez-Bermejo. Voyage aérien et maladies respiratoires. Revue des maladies respiratoires. 2007; ↩



