La réadaptation pour tous·tes

Une étude anglaise a cherché à évaluer si le nombre de comorbidités présentées par des patient·es ayant complété un programme de réadaptation respiratoire avait négativement influencé son efficacité.

Les patient·es adressé·es pour réadaptation respiratoire présentent fréquemment plusieurs comorbidités associées à leur maladie respiratoire chronique, touchant des organes variés, source de polymédication et pouvant potentiellement compromettre la complétion du programme ; comme cela a été montré dans la BPCO 1.

L’équipe de l’hôpital Glenfield, à Leicester (Royaume-Uni), a mené une étude rétrospective portant sur les patient·es ayant réalisé un programme de réadaptation respiratoire au cours de l’année 2024. Leur but était de décrire le nombre et le type des comorbidités présentées, ainsi que leur potentiel impact sur l’efficacité du reconditionnement, évaluée sur la tolérance à l’exercice, et sur l’amélioration attendue des scores de qualité de vie et de symptômes.

Poids des comorbidités chez les patient·es ayant recours à la réadaptation respiratoire :

Un total de 375 patient·es adultes ont été inclus·es. Un peu plus de la moitié (50,7 %) étaient des femmes, et l’âge moyen était de 67 ± 10,8 ans. Environ deux tiers de la cohorte étaient représentés par des BPCO, suivi par des asthmes, des pneumopathies interstitielles diffuses, et enfin des dilatations des bronches.

Les comorbidités associées étaient nombreuses, puisque 294 sujets (78,4 %) en présentaient au moins trois, et 133 (35,4 %) au moins cinq. Les comorbidités les plus fréquentes étaient : l’hypertension artérielle (47,7 %), les arthralgies (44,5 %), la dépression (36 %), l’anxiété (34,1 %), et le diabète (21,8 %). Ni l’âge, le sexe, les origines ethniques, le VEMS ou le score au questionnaire de qualité de vie EQ-5D n’étaient prédictifs du nombre de comorbidités.

En revanche, la distance parcourue au test de marche incrémental en navette initial (précédent la réadaptation) était significativement influencée par le nombre de comorbidités (12 mètres de moins par comorbidité supplémentaire après ajustement pour l’âge et le score mMRC, p < 0,001). Le nombre de comorbidités était également significativement corrélé aux symptômes d’anxiété (questionnaire GAD7), de dépression (questionnaire PHQ-9), et à la dyspnée (échelle mMRC).

Impact des comorbidités sur l’efficacité de la réadaptation respiratoire :

A l’instar de ce qui avait été démontré dans une cohorte néerlandaise de 213 patient·es avec BPCO 2, la présence de comorbidités n’était pas associée à une moindre efficacité de la réadaptation respiratoire. En effet, l’amélioration moyenne de la distance de marche en fin de programme était d’environ 40 mètres au sein de la population étudiée, et ce quel que soit le nombre de comorbidités. De même, l’amélioration observée des différentes échelles utilisées (EQ-5D, GAD7, PHQ-9, mMRC) n’était pas différente selon le nombre de comorbidités.

En conclusion, bien que l’association de plusieurs comorbidités était responsable d’une tolérance réduite à l’exercice et de symptômes plus intenses avant l’initiation du programme, l’efficacité de la réadaptation semblait préservée et comparable entre les sujets avec peu de comorbidités ou en présentant de nombreuses.

Thomas Gille, service d’explorations fonctionnelles, Hôpital Avicenne, Bobigny


D’après la présentation PA 1997 « The impact of long-term conditions on pulmonary rehabilitation outcomes » (James Manifield).

  1. Vanfleteren LE, Spruit MA, Groenen M, Gaffron S, van Empel VP, Bruijnzeel PL, Rutten EP, Op ‘t Roodt J, Wouters EF, Franssen FM. Clusters of comorbidities based on validated objective measurements and systemic inflammation in patients with chronic obstructive pulmonary disease. Am J Respir Crit Care Med 2013, 87(7):728-735 (doi: 10.1164/rccm.201209-1665OC)
  2. Mesquita R, Vanfleteren LE, Franssen FM, Sarv J, Taib Z, Groenen MT, Gaffron S, Bruijnzeel PL, Pitta F, Wouters EF, Spruit MA. Objectively identified comorbidities in COPD: impact on pulmonary rehabilitation outcomes. Eur Respir J 2015, 46(2):545-548 (doi: 10.1183/09031936.00026215)
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