Emphysème, acteur principal ou secondaire dans l’efficacité du dupilumab chez le patient BPCO ?

Pour rappel, l’essai clinique de phase 3 BOREAS a évalué l’efficacité et la sécurité du dupilumab (DPL), un anticorps monoclonal administré par injection sous-cutanée (300 mg toutes les deux semaines), chez des patients atteints de BPCO associée à une inflammation de type 2. Ces patients présentaient un taux d’éosinophiles sanguins ≥300 cellules/μL et une obstruction bronchique modérée à sévère, malgré une trithérapie inhalée standard. Les deux essais, randomisés, en double aveugle et contrôlés par placebo, ont inclus des patients âgés de 40 à 85 ans.

Réduction des exacerbations et amélioration de la fonction respiratoire en présence ou non d’emphysème
Dans l’étude BOREAS, 939 patients ont été inclus : 471 traités par placebo et 468 par dupilumab. L’âge moyen des participants était de 65 ans, avec une majorité d’hommes (65 %) et 70 % d’anciens fumeurs. Parmi eux, 306 patients (32,6 %) présentaient un emphysème déclaré par l’investigateur, souvent associé à un taux d’exacerbations plus élevé et un VEMS plus faible à l’inclusion. Les principaux résultats montrent :

  • Par rapport au placebo, la réduction du taux d’exacerbations modérées ou sévères avec le dupilumab a été similaire avec ou sans présence d’emphysème déclaré. Ainsi, une réduction de 29,0 % a été observée chez les patients avec emphysème (RR 0,71 – IC 95 % [0,53-0,95]) et de 31,5 % chez ceux sans emphysème (RR 0,69 – IC 95 % [0,53-0,89]).
  • L’amélioration du VEMS pré-bronchodilatateur à 12 semaines a été constante dans les deux sous-groupes chez les patients avec emphysème : +0,071 L ([IC 95 % : 0,002-0,141]) ou sans emphysème : +0,088 L ([IC 95 % : 0,036-0,140]).

À retenir
Une limite importante à explorer reste l’absence de quantification objective de l’emphysème scanographique, celui-ci étant uniquement déclaratif dans cette étude. Cependant, le dupilumab a démontré une efficacité comparable chez les patients atteints de BPCO symptomatique avec inflammation de type 2 et un risque élevé d’exacerbations, qu’ils présentent ou non un emphysème.


D’après le poster 434 « Profils de dépôt pulmonaire in silico de trois triples thérapies à inhalateur unique évalués à l’aide de l’imagerie fonctionnelle respiratoire (IFR) à un faible débit inspiratoire » présenté par Nicolas Roche et coll., session de poster PO18 « BPCO : traitement, biologie » du dimanche 26 janvier 2025

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