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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les pneumopathies induites par les inhibiteurs de points de contrôle immunitaires

La toxicité respiratoire des inhibiteurs de point de contrôle immunitaire (ICI) est une complication rare, concernant entre 1 et 3 % des patients traités par immunothérapie, mais sa mortalité est importante. Comprendre quels patients sont les plus à risque de développer une pneumopathie médicamenteuse et développer une stratégie thérapeutique efficace est d’autant plus important que les ICI sont de plus en plus utilisés.

Dans un travail rétrospectif, regroupant 56 patients âgés de 65 +/- 13 ans (72% d’hommes, 66% de caucasiens), hospitalisés entre 2017 et 2024, pour une pneumonie médicamenteuse grave alors qu’ils sont traités par ICI depuis une période de 124 [53-298] jours, compliquée d’une détresse respiratoire aigüe nécessitant le recours à une ventilation mécanique, invasive ou non, la mortalité hospitalière est de 52 % 1. Sood et coll. retrouvent des facteurs de risque classique de pneumopathie aux ICI : le traitement est administré pour un cancer bronchique non à petites cellules (OR 2,4, IC 95% [1,3-4,3]) et le protocole comprend deux immunothérapies (OR 2,2, IC 95% [0,99-4,85]) . Les anomalies interstitielles préalables sont également un facteur de risque démontré (OR 4.,9, IC 95% [1,7-14,6])2.

Une étude cas-témoin, menée à partir de deux larges cohortes de patients souffrant d’un cancer bronchique non à petites cellules (GEMINI et LONESTAR) a comparé 11 patients ayant présenté une toxicité respiratoire sous ICI à 22 témoins appariés. Ce travail original a mis en évidence la présence d’un polymorphisme génétique (rs35705950-T) qui augmenterait le risque de syndrome interstitiel et de pneumonie sous ICI, multipliant leur survenue par 4.6 [IC 95% 1,5-15,8], plus particulièrement chez les patients caucasiens (OR 5,4, IC 95% [1,7-19,5] 3.

Enfin, une étude incluant 22 patients traités par corticoïdes pour une pneumopathie induite par les ICI a évalué les facteurs de risque de rechute. Les patients ayant une pneumonie aux ICI réfractaire à la corticothérapie aurait au LBA un nombre de lymphocytes T CD4 plus élevé, particulièrement le nombre de LcT helper 17, tandis que le nombre de LcT CD8 est plus faible 4.

La corticothérapie à forte dose reste le traitement de première ligne des pneumopathies induites par les ICI. Cependant, certaines formes sont réfractaires, nécessitant des traitements immunosuppresseurs additionnels. Deux travaux suggèrent que le tocilizumab serait une option intéressante. Ainsi, 13 patients parmi 1156 cas de pneumonie aux ICI ont reçu un traitement immunosuppresseur de seconde ligne : tocilizumab (6 patients), infliximab (4 patients), mycophenolate mofetil (MMF) (4patients), et les immunoglobulines intraveineuses (2 patients)5. Une amélioration ou une guérison de la pneumonie est plus fréquemment observée sous tocilizumab (67%) par rapport au MMF (25%), aux IgIV (0%) ou à l’infliximab (0%). Le risque de décès toutes causes confondues est plus faible sous tocilizumab (HR 0,56, IC 95% [0,16-2,01], NS). La sécurité d’utilisation du tocilizumab et son efficacité, au moins équivalente aux immunosuppresseurs utilisés en seconde ligne, sont également mises en évidence dans un groupe de 17 patients traités après échec clinique de la corticothérapie (à une dose supérieure à 1mg/kg pendant une durée supérieure à 48h) entre 2010 et 2024 à Columbus (Ohio, Etats-Unis) 6

Il y aurait donc une susceptibilité génétique au développement des pneumonies aux ICI et le tocilizumab est un traitement prometteur de seconde ligne. Des études prospectives sont nécessaires pour développer un score de prédiction clinique afin d’identifier les patients à risque et valider la place du tocilizumab dans l’arsenal thérapeutique.

D’après la session A49 HOT TOPICS IN RARE LUNG DISEASE

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Sur place ou à emporter ?

Depuis la pandémie de COVID-19, de nombreux centres de réhabilitation respiratoire (RR) ont élaborés des programmes de RR à domicile. Ces programmes reposent sur les mêmes grands principes que la RR en centre, plus particulièrement un protocole de réentrainement et un programme d’éducation thérapeutique mais l’accompagnement se fait en distanciel, avec des horaires flexibles, et le patient ne dispose que d’un matériel minimal à domicile. Pourtant, les résultats sont équivalents permettant à la RR virtuelle de se développer, avec cette fois pour objectif de permettre un meilleur accès à la RR. Deux études, l’une canadienne 1et l’autre anglaise 2, ont évalué les critères de choix en faveur d’une RR virtuelle, avec des résultats similaires.

La première étude laisse libre choix, entre RR en centre et à domicile, à 572 patients recrutés de janvier 2022 à août 2024. L’objectif principal était de comparer l’adhésion au programme. Parmi les 374 patients qui choisissent une RR en centre, 72% complètent le programme, ils effectuent en moyenne 11 sessions sur les 16 prévues. Parmi les 198 patients qui choisissent une RR à domicile, 79% complètent le programme (p=0,07), ils assistent en moyenne à 12 séances (p=0,04).  

La seconde analyse les données du registre anglais, comportant 25 443 patients (14 098 dans 160 centres versus 13 925 à domicile supervisés par 93 centres), qui ont bénéficié d’une RR en 2023 et 2024. L’objectif principal était de comparer les caractéristiques des patients selon le type de RR choisi.   

Les patients qui choisissent d’effectuer leur RR à domicile sont plus fréquemment des femmes, ayant un statut socio-économique défavorisé et des troubles psychiques plus fréquents, qu’il s’agisse d’un syndrome anxio-dépressif, de troubles cognitifs ou d’une pathologie psychiatrique. Les patients qui choisissent une RR à domicile auraient également une maladie respiratoire plus grave : les symptômes respiratoires sont plus sévères (dyspnée, scores aux questionnaires CAT et CRQ) et les résultats d’EFR et du test de marche des 6 minutes sont moins bons. Par contre, il n’y a pas de lien établi entre le lieu de la RR et l’âge ou la présence de comorbidités.

Une meilleure connaissance des facteurs de choix en faveur d’un programme de RR virtuelle est indispensable pour adapter leur approche aux besoins particuliers de cette population. En effet, cette modalité de RR risque de renforcer l’isolement à domicile des patients les plus sévères ou à la santé mentale fragile.

D’après la session A18 Best trials in pulmonary rehabilitation

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I like to move it, move it !

La mobilisation précoce consiste à mobiliser hors du lit les patients en soins intensifs dans les 72 heures suivant leur intubation, afin de prévenir les incapacités. Pourtant, moins de 10 % d’entre eux en bénéficient. La présence d’une instabilité clinique (en particulier hémodynamique) est le principal obstacle rapporté à cette mobilisation mais il n’est toutefois que rarement évalué de façon objective. Une meilleure application des critères cliniques existants permettrait de juger si ces retards sont justifiés.

Patel (Chicago, Etats Unis) a rapporté les résultats d’une étude de cohorte observationnelle multicentrique ayant inclus 84 106 adultes nécessitant une ventilation mécanique invasive. Au cours des 72 premières heures suivant l’intubation, les auteurs ont identifié, durant les heures ouvrables (8h-17h), des créneaux horaires pendant lesquels les patients étaient éligibles à la mobilisation précoce, selon des critères physiologiques définis dans deux essais cliniques (Chicago et TEAM), ainsi que dans une recommandation d’experts 1, 2, 3. Les patients ayant une trachéotomie ou nécessitant des curares pendant plus de 4 heures étaient exclus.

L’âge moyen de la cohorte était de 63 ans, avec 40 % de femmes, un score SOFA médian de 7, et une mortalité de 26 %. Dans les 72 heures suivant l’intubation, 97,7 % des patients répondaient aux critères de Chicago, 92,9 % à ceux de TEAM, et 87,7 % aux critères les plus conservateurs de la recommandation d’experts. Par ailleurs, ces différents critères étaient remplis entre 60,9 % et 76,3 % du temps au cours de la période étudiée. Le délai médian avant la première éligibilité était de 12 heures pour les critères de Chicago, 15 heures pour ceux de TEAM, et 16 heures pour les critères les plus stricts de la recommandation d’experts.

Ces résultats suggèrent qu’en pratique clinique, la majorité des patients sous ventilation mécanique remplissent fréquemment les conditions de stabilité physiologique nécessaires pour initier une mobilisation précoce hors du lit. Cependant, le choix des critères d’éligibilité influence fortement le moment où cette mobilisation peut être envisagée. Des critères plus stricts peuvent retarder inutilement l’initiation de la mobilisation, soulignant l’importance de standardiser les protocoles pour optimiser les opportunités de mobilisation précoce.

Siegel (Chicago, Etats Unis) a par la suite rapporté une étude auprès de 75 membres du personnel d’une unité de soins critiques, visant à identifier les freins à la mobilisation précoce des patients à l’aide d’un questionnaire. Les résultats ont montré que les obstacles à la mobilisation précoce étaient globalement faibles, mais plus fréquents chez les infirmiers, tandis qu’ils étaient moindres chez les kinésithérapeutes et les ergothérapeutes, comparativement aux médecins. En revanche, la charge de travail et l’épuisement professionnel ne semblaient pas constituer des freins à la mise en œuvre de la mobilisation précoce. D’autres études sont donc nécessaires pour mieux comprendre pourquoi la mobilisation précoce est encore si rarement appliquée en réanimation.

D’après :
Siegel Z, et al. Perceived Barriers to Early Mobilization in the ICU: Impact of Work Intensity and Burnout Across Multidisciplinary ICU Staff. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A2871. (session A97)
Patel BK, et al. Identifying Windows of Opportunity for Early Mobilization of Mechanically Ventilated Patients: Multi-center Comparative Analysis of Clinical Trial and Consensus Guideline Eligibility Criteria. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A2870. (session A97)

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Méthotrexate versus corticoïdes : enfin un NEJM dans la sarcoïdose pulmonaire !

Le traitement de première intention de la sarcoïdose pulmonaire selon les dernières recommandations internationales reste la prednisone 1 Cependant, les effets secondaires de la corticothérapie peuvent considérablement altérer la qualité de vie. Des alternatives sont donc nécessaires ! V. Kahlmann nous a présenté les résultats de PREDMETH (NCT04314193), comparant le méthotrexate à la prednisone en première intention chez les patients atteints de sarcoïdose pulmonaire. Ce travail vient d’être accepté dans la prestigieuse revue du New England Journal of Medicine (NEJM)2.

L’essai néerlandais PREDMETH est un essai ouvert, randomisé, multicentrique et de non-infériorité incluant des patients atteints de sarcoïdose pulmonaire (CVF<90% et/ou DLCO<70%) et n’ayant jamais été traités. Ils étaient randomisés en 2 bras : prednisone ou méthotrexate (1:1). Les traitements étaient administrés pendant 24 semaines. La dose initiale de prednisone était de 40mg/j avec une décroissance à 10mg/j à 4 mois, le méthotrexate était administré par voie orale à une dose initiale de 15mg/semaine majorée à 25mg/semaine à partir de 8 semaines. Le critère de jugement principal était la variation de la capacité vitale forcée (CVF) en pourcentage de la valeur prédite à 24 semaines par rapport à l’inclusion.

Cent trente-huit patients ont été randomisés : la majorité était des hommes (73,7 %), et l’âge moyen était de 46,6 ans (± 11,9 ans). La CVF prédite initiale était de 79,8 % (±15,4) dans le groupe prednisone et de 74,8 % (±12,7) dans le groupe méthotrexate. L’amélioration maximale de la CVF était atteinte dès le premier mois dans le bras prednisone et à 24 semaines dans le bras méthotrexate. À 24 semaines, il n’y avait pas de différence significative de variation de la CVF entre les groupes : avec un gain de 6.7% [IC95% 4,5 ; 9,0] pour la prednisone et de 6.1% [IC 95% 3,7 ; 8,5] pour le méthotrexate.

Le nombre total d’effets indésirables ne différaient pas entre les deux groupes. Mais à 24 semaines, on relevait moins d’effets indésirables dans le groupe méthotrexate par rapport au groupe prednisone (104 contre 171) notamment en raison de la prise de poids persistante sous corticoïdes (+5kg en moyenne). Les effets indésirables les plus fréquemment relevés sous Prednisone étaient la prise de poids, l’insomnie, l’augmentation de l’appétit et les troubles de l’humeur. Sous Méthotrexate les effets indésirables étaient dominés par la nausée, la fatigue, les anomalies des tests hépatiques, les douleurs abdominales, les infections des voies respiratoires. Tout comme la CVF, les scores de qualité de vie général, respiratoire ou de fatigue, s’amélioraient plus rapidement sous corticoïdes que sous méthotrexate, mais à 24 semaines il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes.


Au total chez les patients atteints de sarcoïdose pulmonaire, un traitement initial par méthotrexate s’est révélé non inférieur à la prednisone en ce qui concerne la variation du pourcentage de la CVF prédite entre l’inclusion et la 24e semaine. Les différences de profils d’effets secondaires et la rapidité de réponse entre le méthotrexate et la prednisone peuvent guider une décision thérapeutique partagée entre les soignants et les patients quant à l’approche de traitement la plus appropriée. On peut se demander si des doses moins élevées dans les deux traitements auraient pu être associées à moins d’effets indésirables et une efficacité similaire. Un autre point de vigilance encore non évalué dans cet essai est la comparaison des effets indésirables au long cours de ces deux traitements.

D’après la communication orale de V. Kahlmann, Methotrexate Versus Prednisone as First-line Treatment for Pulmonary Sarcoidosis: The PREDMETH Trial. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A1007 (Session A14)

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L’intelligence artificielle révolutionnera-t-elle la pneumologie ?

L’intelligence artificielle (IA) révolutionnera-t-elle notre approche de la pneumologie ? C’est la question posée par les conférenciers de la session A89 du dimanche 18 mai 2025 lors du congrès de l’ATS cette année.

À peine mentionnée en 2015, l’IA occupe aujourd’hui une place de plus en plus importante au congrès de l’ATS, et ce, depuis deux ou trois ans. Elle est désormais un sujet incontournable et entraînera des modifications inévitables dans tous les domaines de la pneumologie d’ici un à deux ans. Les raisons de ce changement tiennent principalement à la masse considérable de données (plus connue sous l’appellation « Big Data ») en lien avec l’état de santé de chaque individu, allant du polymorphisme génétique aux poids différentiels que les facteurs environnementaux exercent sur l’expression de nos gènes. A la richesse phénotypique de chaque maladie, s’ajoute la complexité des voies endotypiques qui sous-tendent chacun de ces phénotypes, rendant la perspective d’une médecine personnalisée, prédictive, préventive et participative presque illusoire. Comme dans toute quête, la meilleure façon d’atteindre un objectif est de connaître les différentes étapes qui y mènent. Aujourd’hui, faute d’avoir trouvé des solutions définitives aux questions posées, les auteurs ont au moins le mérite d’avoir identifié six domaines où les outils d’IA actuels pourraient améliorer nos capacités diagnostiques, pronostiques et thérapeutiques. En intégrant les données génomiques, transcriptomiques et protéomiques aux caractéristiques cliniques et environnementales, l’IA permet de :
1 : prédire l’apparition des maladies et prévenir leur évolution vers un stade incurable car irréversible ;
2 :adapter les traitements aux spécificités biologiques de chaque patient ;
3: identifier de nouvelles cibles thérapeutiques ;
4 : simuler l’évolution des maladies et la réponse aux traitements grâce aux modèles virtuels de patients ou « jumeaux numériques » ;
5 : suivre en continu la fonction respiratoire et détecter précocement les exacerbations grâce aux dispositifs portables équipés de capteurs ;
6 : prévoir l’émergence des pandémies, optimiser les ressources médicales et améliorer les politiques de santé respiratoire en conséquence. Ainsi, à défaut de pouvoir révolutionner complètement la médecine en ce premier quart de siècle, il est très probable que l’IA nous aidera à franchir une étape décisive vers une médecine plus intégrative, en trouvant les bonnes pondérations entre les données génomiques et les facteurs environnementaux, mais aussi plus individualisée. Car si chaque être humain est unique, chaque malade l’est davantage. L’IA nous permettra-t-elle d’identifier non seulement les différences inter-individuelles, mais aussi les fluctuations intra-individuelles de nos patients ?

D’après la session A89 “Revolutionizing respiratory disease management with machine learning and AI insights”

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Plus de spiro dans la BPCO ?!

À ce jour, le diagnostic de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) repose sur la mise en évidence d’un trouble ventilatoire obstructif, défini par un rapport Volume Expiratoire Maximal en 1 seconde (VEMS)/Capacité Vitale Forcée (CVF) inférieur à 0,7, associé à des symptômes respiratoires chroniques, bien que ces derniers ne soient pas précisément définis. Toutefois, la BPCO est une pathologie hétérogène, et la présence d’un emphysème ou d’une atteinte des petites voies aériennes doit faire évoquer le diagnostic.

Surya P. Bhatt (Birmingham, Etats-Unis) a présenté, les résultats d’une étude publiée dans le JAMA 1concernant une approche diagnostique multidimensionnelle dans la BPCO. Les auteurs ont analysé les données de 9416 patients de la cohorte COPDGene (sujets âgés de 40 à 85 ans, fumeurs ou ex-fumeurs, inclus entre 2007 et 2011, avec un suivi médian de 10,5 ans) et 1341 sujets issus de la cohorte CanCOLD (âgés de plus de 40 ans, sans condition de tabagisme, inclus entre 2009 et 2015, suivi médian de 10 ans). Cette nouvelle approche reposait sur une combinaison de critères avec un critère majeur (trouble ventilatoire obstructif (TVO) défini par un rapport VEMS/CVF inférieur à 0,7 ou à la limite inférieure de la normale) et 5 critères mineurs (emphysème, épaississement des parois bronchiques, dyspnée mMRC ≥ 2, score COPD Assessment Test (CAT) ≥ 10 ou questionnaire de Saint Georges (SGRQ) ≥ 25 et bronchite chronique). Le diagnostic de BPCO était retenu en présence d’un critère majeur associé à un critère mineur ou, si au moins 3 critères mineurs étaient présents. Si les symptômes pouvaient être expliqués par une autre pathologie, la présence des deux critères d’imagerie était nécessaire. L’impact de cette nouvelle classification a été évalué sur la mortalité (toute cause et respiratoire), les risque exacerbations et le déclin annuel du VEMS.

Dans la cohorte COPDGene, avant l’application de la nouvelle définition, 4108 des 9416 sujets (43,6 %) étaient classés GOLD 0 (absence de TVO et VEMS > 80%), tandis que 1142 (12,1 %) n’avaient pas de TVO mais un VEMS < 80%, correspondant à la définition du PRISm. Les stades GOLD 1 à 4 comprenaient respectivement 748 (7,9 %), 1805 (19,2 %), 1072 (11,4 %), 541 (5,7 %) sujets. L’âge moyen était de 59,6 ± 9,0 ans et 53,5% étaient des hommes.

En appliquant la nouvelle définition proposée, 6,8 % des sujets avec un TVO n’étaient plus considérés comme ayant une BPCO, tandis que 15,4 % des sujets sans TVO étaient nouvellement classés comme atteints de BPCO. Ces derniers étaient majoritairement des femmes (55%), 48% étaient obèses et 51% présentaient des symptômes de bronchite chronique. Au cours du suivi, 2681 (28,5%) des participants sont décédés. Les sujets nouvellement identifiés uniquement à partir des critères mineurs présentaient un risque accru de mortalité toute cause (Hazard Ratio (HR) 1,98, intervalle de confiance 95% (IC95%) 1,67-2,35), une mortalité respiratoire augmentée (HR 3,58, IC95% 1,56-8,20), un risque d’exacerbation plus élevé (taux incident 2,09, IC95% 1,79-2,44) et un déclin annuel du VEMS accéléré (-7,7mL/an, IC95% -13,2- -2,3mL) comparativement aux sujets sans BPCO. En revanche, les individus présentant TVO mais non retenus comme ayant une BPCO selon la nouvelle définition, présentaient des résultats similaires à ceux des sujets sans obstruction.

Dans la cohorte CanCOLD, 16 % des sujets présentant un TVO étaient reclassés comme n’ayant pas de BPCO, tandis que 7 % des sujets sans TVO étaient nouvellement identifiés comme atteints de BPCO selon la nouvelle définition. Il convient toutefois de souligner que les deux cohortes reposent sur des populations différentes, avec notamment 41 % de participants non-fumeurs dans CanCOLD. Malgré ces différences, un risque accru d’exacerbations était également observé chez les sujets nouvellement classés comme ayant une BPCO (HR 2,09 ; IC95 % 1,25–3,51). En conclusion, cette approche diagnostique multidimensionnelle, intégrant symptômes, imagerie et spirométrie, pourrait permettre d’identifier une proportion significative de patients à risque augmenté de mortalité et d’exacerbations. Cependant le caractère aspécifique de la définition proposée ne permet pas d’exclure la présence de patients asthmatiques parmi les patients classés comme BPCO sur la présence de 3 critères mineurs seulement.

D’après la communication orale de Bhatt SP, A New Multidimensional Diagnostic Approach for Chronic Obstructive Pulmonary Disease. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A2857 (session A96).

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Le frevecitinib, une nouvelle molécule en cours de développement dans l’asthme

Au milieu de toutes les analyses post-hoc des principaux essais cliniques ayant utilisé des biothérapies injectables dans l’asthme sévère, quelques données portant sur des toutes nouvelles molécules inhalées ou orales ont été présentées. Parmi elles, un inhibiteur pan-JAK administré par voie inhalée a retenu notre attention.

Cette molécule en cours de développement, le KN-002 ou frevecitinib, est capable d’inhiber JAK1, JAK2, JAK3 et TYK2. Elle a été testée contre placebo dans une étude de phase 1b auprès de 23 patients adultes (17 sous frevecitinib inhalé 4 mg x 2/j et 6 sous placebo) atteints d’asthme modéré à sévère, non contrôlé malgré un traitement de fond inhalé stable depuis au moins 3 mois et ayant un VEMS supérieur à 50% de la valeur prédite avec une FeNO ≥ 30 ppb. Après 10 jours de traitement, les patients sous frevecitinib ont vu le contrôle de leur asthme s’améliorer, notamment s’ils avaient à l’inclusion un taux d’éosinophiles sanguins ≥ 300/mm3 (70% d’amélioration significative du score ACQ-6 sous frevecitinib vs. 0% sous placebo dans ce sous-groupe). Il en a été de même avec le VEMS, amélioré globalement de 120 ml en 10 jours sous frevecitinib et même de 190 ml dans le sous-groupe de patients avec éosinophiles sanguins ≥ 300/mm3.

Même si ces résultats restent très préliminaires puisqu’il s’agit d’une étude exploratoire réalisée chez un faible nombre de patients, ils sont encourageants et montrent qu’il est probablement utile de s’intéresser à la voie de signalisation JAK/STAT dans l’asthme puisqu’elle est impliquée à la fois dans l’asthme éosinophilique et dans l’asthme non-éosinophilique. Une étude de phase 2b devrait débuter très prochainement aux Etats-Unis pour déterminer la dose optimale de frevecitinib, pour la tester ensuite sur des effectifs plus importants et enfin savoir si cette molécule aura un avenir dans le traitement de l’asthme ou si elle rejoindra le groupe plus nombreux des illusions perdues. L’histoire ne fait que commencer, donc…

D’après Singh D. et al. Inhaled frevecitinib reduces sputum eosinophils and improves FEV1 and ACQ-6 in subjects with moderate to severe asthma treated with ICS/LABA. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A3062.

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Auteurs ATS 2025

Claire Andrejak, Service de Pneumologie et Unité de Soins Continus Cardio Thoracique Vasculaire et Respiratoire, Centre Hospitalier Universitaire Amiens-Picardie, 80054 Amiens, France – Liens d’intérêt : (prise en charge lors d’événements scientifiques / hébergement / transport) : Aéris Médical, SOS oxygène, France Oxygène, Vitalaire, Astra Zeneca. Invetsigateur Principal ou associé pour des études de Boerhinger Ingelheim, GSK, Insmed, Astra Zeneca, Chiesi. Produit fourni par Insmed dans le cadre d’une étude de type PHRC national. 

Damien Basille, Service de Pneumologie et Unité de Soins Continus Cardio Thoracique Vasculaire et Respiratoire, Centre Hospitalier Universitaire Amiens-Picardie, 80054 Amiens, France- Liens d’intérêt : : (prise en charge lors d’événements scientifiques / hébergement / transport) : JANSSEN-CILAG, MSD, BOEHRINGER INGELHEIM, Pfizer, BIOPROJET PHARMA, AMGEN, Aéris Médical, SOS Oxygène, France Oxygène.

François-Xavier Blanc, Université de Nantes ; CHU de Nantes, l’institut du thorax, Hôpital G. et R. Laennec, Service de Pneumologie ; INSERM UMR 1087, CNRS UMR 6291, Nantes, France – Liens d’intérêt :

Athénaïs Boucly, Service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, Hôpital Bicêtre, Assistance Publique Hôpitaux de Paris, 78, rue du Général Leclerc, 94270 Le Kremlin-Bicêtre, France – Liens d’intérêts :AstraZeneca, AOP Health, Ferrer, Gossamer, Janssen, MSD, United Therapeutics

Sixtine Decaux, Service de Pneumologie B et Transplantation Pulmonaire, Hôpital Bichat, , Assistance Publique Hôpitaux de Paris, 46 rue Henri Huchard 75018 Paris, France – Liens d’intérêts : Aucun.

Julia Delomez, Service de Pneumologie et Unité de Soins Continus Cardio Thoracique Vasculaire et Respiratoire, Centre Hospitalier Universitaire Amiens-Picardie, 80054 Amiens, France – Liens d’intérêts : Aucun.

Anh Tuan Dinh-Xuan, Service de Physiologie-Explorations Fonctionnelles, Hôpital Cochin, 27, rue du faubourg Saint-Jacques, 75014 Paris –Liens d’intérêts : AstraZeneca, Chiesi, GSK, Sanofi

Marjolaine Georges, Service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, Centre de Référence Constitutif des Maladies Pulmonaires Rares de l’Adulte, CHU Dijon Bourgogne, 14 rue Paul Gaffarel, 21079 Dijon cedex, France – Liens d’intérêts : Asten Santé, Oxylis et Elivie

Christophe Girault, Service de Médecine Intensive et Réanimation, Hôpital Charles Nicolle, CHU-Hôpitaux de Rouen, 37 boulevard Gambetta & UR 3830, Institut de Recherche et d’Innovation Biomédicale (IRIB), Faculté de Médecine et de Pharmacie, Université de Rouen, 76031 Rouen cedex, France – Liens d’intérêts : participation à congrès, formations pédagogiques et travaux scientifiques de la part de Fischer & Paykel, Resmed, Lowenstein Medical, Asten Santé, Air Liquide.

Marina Gueçamburu Service des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux, 33604, Pessac, France – Liens d’intérêt : Aucun

Florence Jeny, Service de pneumologie, hôpital Avicenne, AP-HP, 125 rue de Stalingrad 93000, INSERM UMR1272 Hypoxie et Poumon, USPN SMBH Bobigny, France – Liens d’intérêt : honoraires perçus par Boehringer Ingelheim et congrès financés par Oxyvie

Olivier Le Rouzic, Service de Pneumologie et Immuno-Allergologie, CHU Lille, Université de Lille, Avenue Jules Leclercq, 59037 Lille Cedex, France – Liens d’intérêts : honoraires et invitation à des manifestations en qualité d’intervenant ou d’auditeur au cours des trois dernières années par AstraZeneca, Boehringer Ingelheim, Chiesi, CSL Behring, Griffols, GSK, LFB et Sanofi.

Laurie-Anne Pahus, Aix Marseille Université, APHM – Centre d’investigations cliniques CIC 1409, Hôpital Nord Chemin des Bourrely, 13015 Marseille, France – Liens d’intérêts : : Experte et conférencière pour GlaxomithKline, AstraZeneca et Chiesi.

Sandrine Pontier-Marchandise, , Service de Pneumologie et unité des soins intensifs– Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, TSA 30030, 31059 Toulouse Cedex 9, France – Liens d’intérêts : Air Liquide Santé Domicile, Löwenstein, Asten Santé, Orkyn’, ISIS médical

Maj 17/05/2025

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Nouvelles modalités de réalisation de la réadaptation respiratoire, à propos des expériences de l’article 51

Groupe Alvéole : Nelly Heraud – Annie Fouard, Jean-Marie Grosbois – Daniel Bajon, Yann Darolles – Yann Lhomme

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