Pneumologie

TKI de l’EGF-R : des amis dont il faut parfois se méfier !

Les pathologies interstitielles diffuses (PID) sont un effet indésirable rare (de 0,5 à 6 % selon les études), mais sévère, des inhibiteurs de tyrosine kinase (TKI) de l’EGF-R utilisés dans le traitement des cancers pulmonaires.

Le but de l’étude présentée était de déterminer l’incidence et les caractéristiques cliniques des PID médicamenteuses chez des patients coréens traités par TKI de première génération pour un cancer pulmonaire non à petites cellules afin d’identifier d’éventuels facteurs de risques de développer une telle toxicité.

Cette étude rétrospective observationnelle et monocentrique a inclus, entre janvier 2011 et décembre 2013, 1 894 patients sous gefinitib ou erlotinib en colligeant leurs tests fonctionnels respiratoires (VEMS, VEMS/CV et DLCO) et l’existence d’anomalies pulmonaires scanographiques. Mille cent trois patients étaient sous gefitinib, 547 sous erlotinib et 199 sous combinaison des deux TKI. Une PID médicamenteuse a été identifiée chez 36 patients soit 1,94 % de l’effectif total. Les principales manifestations cliniques liées à cette toxicité étaient la dyspnée et la toux même si de nombreux patients étaient asymptomatiques. Onze patients ont été pris en charge de façon ambulatoire, recevant pour la plupart des corticoïdes, et un a été admis en unité de soins intensifs. En comparant le groupe de patients présentant une toxicité interstitielle pulmonaire (36 patients) avec le reste de l’effectif (1 813 patients), les facteurs de risques indépendants de présenter une PID médicamenteuse induite par un TKI sont la réalisation d’une chimiothérapie préalable (p = 0,025), le sexe féminin (p = 0,02) et un antécédent de tabagisme (p = 0,09). En revanche, il n’y avait pas de corrélation entre la toxicité et l’existence d’une pathologie pulmonaire sous-jacente (emphysème, bronchectasies, pathologies interstitielles préexistantes), d’un trouble ventilatoire obstructif ou d’une anomalie de la diffusion.

Cette étude met en évidence des facteurs de risques associés au développement d’une PID médicamenteuse sous TKI de l’EGF-R. Aux pneumologues de rester particulièrement vigilants dans la surveillance de ces patients à risque.

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Marion Ferreira, service de pneumologie, hôpital Bretonneau, CHRU de Tours

D’après le poster P724 : The prediction of risk factors of drug-induced lung complication in tyrosine kinase inhibitor therapy for non-small cell lung cancer. H. Kang (Corée)

 

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De nouvelles pistes thérapeutiques pour la prise en charge des mycobactéries non tuberculeuses

Lors de la session plénière dédiée aux mycobactéries non tuberculeuses (MNT), C.L. Daley (Denver, États-Unis) a refait le point sur les modalités thérapeutiques actuelles et futures proposables à ces patients posant souvent problème aux pneumologues. Il a notamment suggéré quelques pistes pour les patients en échec.

L’une des solutions possibles est d’utiliser des antibiotiques classiquement employés dans d’autres infections, comme la moxifloxacine, la clofazimine ou l’amikacine. Ainsi, l’adjonction de moxifloxacine à la dose de 400 mg/j en plus du traitement standard permet d’obtenir environ 30 % de négativation des expectorations avec une médiane à 91 jours (Koh WJ, AAC 2013). De même, l’adjonction d’amikacine liposomale nébulisée au traitement standard permet d’obtenir 32 % de négativation des expectorations (Olivier K, AJRCCM 2017). Quant à elle, la clofazimine a suscité quelques espoirs dans le traitement des Mycobacterium avium complex (MAC) ou abscessus (Jarand J, Chest 2016 ; Yang B, AAC 2017 ; Martiniano S, Chest 2017).

Une autre solution est d’avoir recours à de nouvelles molécules, comme celles développées récemment pour le traitement de la tuberculose. Ainsi, la bédaquiline a été utilisée avec succès chez quelques patients infectés à MAC (Philley JV, Chest 2015). De manière plus intéressante, de nouvelles pistes thérapeutiques peuvent également être envisagées : des données in vitro montrent que l’avibactam améliore l’efficacité de l’imipénème vis-à-vis de M. abscessus (Lefebvre AL, AAC 2017) et diminue très nettement les CMI de la ceftaroline (Dubee V, AAC 2015). Par ailleurs, quelques patients porteurs de mucoviscidose ont bénéficié d’inhalations répétées de monoxyde d’azote (Yaacoby-Bianu K, Pediatr Infect Dis 2018) ou d’inhalations de GMCSF (Scott JP, ERJ 2018) pour leur infection à M. abscessus. Même si ces cas restent évidemment anecdotiques, ils suscitent beaucoup d’espoirs dans la communauté. Il faudra donc suivre avec intérêt toute cette littérature dans les années à venir.

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François-Xavier Blanc, service de pneumologie, l’institut du thorax, hôpital G. et R. Laënnec, Nantes

D’après la session B8 – Nontuberculous mycobacteria infection : current knowledge and recent advances.

C.L. Daley. Updates in pulmonary NTM disease treatment : at the start of a pipeline ?

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Dépistage de la dilatation des bronches en soins primaires : une place de choix pour les infirmières de pratique avancée

En dehors de la mucoviscidose, la dilatation des bronches (DDB) reste largement sous-diagnostiquée. Une équipe de Dundee (Écosse) a donc mis en place des mesures très simples pour tenter d’améliorer le diagnostic de DDB en médecine générale. Les premiers résultats sont particulièrement intéressants.

Le centre médical Hawkhill de Dundee comporte huit médecins qui prennent en charge chaque année environ 12000 patients en soins primaires. Pour améliorer le diagnostic de DDB dans cette population, Emma Fardon et ses collègues ont eu une idée très simple : envoyer un courrier à tous les patients ayant reçu, pour une infection respiratoire dans les 6 mois précédents, au moins 2 cures d’antibiotiques (amoxicilline ; amoxicilline + acide clavulanique ; clarithromycine ; érythromycine ; triméthoprime ; cotrimoxazole ; ou doxycycline). Ce courrier les invitait à venir rencontrer une infirmière de pratique avancée pendant 15 minutes pour répondre à un questionnaire sur leurs symptômes, leurs antécédents et leur statut tabagique, bénéficier d’une prise de sang incluant les marqueurs d’inflammation, un dosage des immunoglobulines et une sérologie aspergillaire et réaliser un examen d’expectoration. S’ils n’en avaient pas eu au cours des six derniers mois, les patients pouvaient également avoir une radiographie thoracique. Les résultats de ces tests étaient ensuite analysés par un médecin qui pouvait prescrire un scanner thoracique et une consultation auprès d’un pneumologue dans les cas suivants : toux productive quotidienne, culture d’expectoration positive, résultat anormal sur le bilan sanguin ou anomalie radiologique constatée.

Après deux campagnes de dépistage, 36 patients ont été invités à rencontrer l’infirmière et 30 sont venus. Parmi eux, 21 remplissaient les critères pour avoir un scanner thoracique et 19 en ont réellement eu un. De manière intéressante, 12 patients (soit 63 %) avaient bien des DDB sur le scanner et 6 autres avaient une autre anomalie. Un seul scanner était donc normal.

Ces résultats intéressants mettent en lumière le rôle important des infirmières de pratique avancée en soins primaires et l’intérêt d’outils de dépistage relativement simples pour améliorer le diagnostic de DDB. Ils devront évidemment être confirmés dans d’autres structures. Le temps nécessaire à la collecte des données a été soulevé comme étant très important et pouvant constituer un frein à la généralisation de cette pratique…

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François-Xavier Blanc, service de pneumologie, l’institut du thorax, hôpital G. et R. Laënnec, Nantes

D’après la session E.Fardon. Development of a Primary Care Screening Tool for Bronchiectasis. Am J Respir Crit Care Med 2018 ; 197 : A1970.

A57 Bronchiectasis

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Faire de la trachée neuve avec une vieille aorte, c’est possible !

La chirurgie de tumeurs trachéobronchiques proximales peut être contre-indiquée par l’étendue des lésions. Le remplacement des voies aériennes réséquées par l’implantation d’un allogreffon aortique, colonisé par les cellules du patient, est enfin un succès chez l’homme. 

Plusieurs grandes équipes ont proposé des techniques complexes pour remplacer les voies aériennes après résection étendue de la trachée ou de bronches proximales mais, à ce jour, aucune n’avait démontré son efficacité en clinique. Depuis des années, le Pr Emmanuel Martinod (Bobigny), et al. ont développé avec succès en préclinique le concept d’un remplacement des voies aériennes (VA) réséquées par l’implantation d’un allogreffon aortique humain cryopréservé, soutenu par la mise en place transitoire d’une prothèse (stent) par endoscopie afin d’éviter que le greffon et les VA se collabent. 1, 2
Cette matrice ne nécessitant pas de traitement immunosuppresseur malgré l’absence de compatibilité ABO ou HLA avec le patient, est colonisée par les cellules épithéliales respiratoires de celui-ci, recréant des VA, cartilages trachéobronchiques inclus !

Simultanément à sa publication dans le JAMA, 3. il a présenté les résultats d’une cohorte monocentrique, non contrôlée durant 7 ans sur 20 patients (âge moyen : 54,9 ans ; 65 % d’hommes) porteurs de lésions tumorales trachéales ou bronchiques proximales requérant une pneumonectomie. Treize patients sur 20 ont eu une transplantation trachéale (n = 5), bronchique (n = 7) ou carinaire (n = 1). Sept patients n’avaient pas bénéficié de la transplantation soit pour des contre-indications, soit parce qu’ils avaient pu finalement bénéficier d’une résection plus limitée que prévu.

La mortalité globale à 90 jours des 20 patients (objectif principal) était de 5 % (par sepsis chez un patient ayant eu la transplantation carinaire). Chez les 13 patients transplantés, la morbidité à 90 jours (critère secondaire) était de 30,8 %, incluant un œdème laryngé, un œdème pulmonaire aigu, un SDRA et une fibrillation atriale. Il n’y avait pas d’événement indésirable lié directement à la technique chirurgicale. La prothèse a pu être retirée en moyenne 18,2 mois après la chirurgie. Après un suivi médian de 3 ans et 11 mois, 10 des 13 patients (77 %) sont en vie. Sur ces 10 patients, 8 (80 %) respirent normalement après ablation de la prothèse grâce aux VA néoformées. Comme démontré par des photos et vidéos lors de la session, la régénération de l’épithélium respiratoire et la génération de novo de cartilages trachéaux ou bronchiques ont pu être observées chez les patients au niveau du greffon aortique.

En conclusion, il a été démontré la faisabilité chez l’homme de cette technique révolutionnaire de bio-ingénierie. Les résultats très encourageants d’efficacité et de tolérance doivent être confirmés par des essais complémentaires multicentriques afin de vérifier la reproductibilité de la technique par d’autres, mais les perspectives potentielles sont très importantes pour nos patients. Le caractère positif et majeur de cette étude clinique a d’ailleurs été souligné lors de la séance orale et par un éditorial de Valérie Rusch (New-York, États-Unis) dans le même numéro du JAMA. 4.

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Arnaud Scherpereel, service de pneumologie et oncologie thoracique, CHU de Lille

D’après la session A2 le 20 mai 2018.

 

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La pléthy vient en fumant

Une fois éliminée la présence d’un trouble ventilatoire obstructif par la spirométrie, chez un sujet fumeur symptomatique ou non, se pose la question du pronostic de ce patient pour guider son suivi au-delà du sevrage tabagique. La diminution de la DLCO a démontré son association avec le risque de développer un emphysème.

 

Cette étude californienne a évalué rétrospectivement l’intérêt du rapport VR/CPT chez 7 961 sujets fumeurs sans obstruction bronchique (VEMS et VEMS/CVF post-bronchodilatateurs supérieurs à la limite inférieure de la normale). Il s’agissait à 92 % d’hommes âgés en moyenne de 61,7 (±10,8) ans avec un BMI moyen de 29,5 (±5,7) kg/m2. Le suivi moyen était de 8,6 (±4,8) ans. Trente et un pour cent des sujets avaient d’emblée un rapport VR/CPT supérieur à la limite supérieure de la normale (LSN) (34 % des 1 706 sujets ayant bénéficié d’au moins une autre spirométrie au cours de leur suivi). L’identification d’un rapport VR/CPT supérieur à LSN était associée à un surrisque de consulter aux urgences (HR = 1,09, p < 0,05), d’être hospitalisé (HR = 1,48, p < 0,01), d’être pris en charge en soins intensifs/réanimation (HR = 1,32, p < 0,05), de mortalité (HR = 1,41, p < 0,01) et de développer un trouble ventilatoire obstructif non complètement réversible (HR = 1,27, p < 0,05).

L’évaluation de la distension ajoutée à la mesure de la DLCO est un moyen relativement simple d’évaluer le pronostic et le risque de développer une BPCO chez les sujets fumeurs sans obstruction bronchique.

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Olivier Le Rouzic,  service de pneumologie immunoallergologie, hôpital Albert Calmette, Lille

D’après la session B64 — COPD : Lung function, imaging and pathophysiology (Thematic Poster Session).
Présentation : A3908 — Increasing the resolution of COPD definition : using lung volumes to identify at-risk smokers with preserved spirometry.
Orateur : S. Zeng (San Francisco, États-Unis)

 

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Traitement médicamenteux de la BPCO : ça s’en va et ça revient ?

Plusieurs essais récents confirment que, sur les exacerbations notamment, trois traitements inhalés font mieux que deux. Mais qui sont précisément les patients bénéficiant de l’ajout d’un corticostéroïde inhalé (CSI) à une double bronchodilatation ? Et si les éosinophiles confirmaient leur intérêt dans ce sens ? De session en session, les discussions vont bon train…

Il y a deux ans, un essai randomisé montrait qu’une double bronchodilatation est plus efficace pour la prévention des exacerbations qu’une association CSI + bêta2 longue action (LABA). Au début de l’année, une triple thérapie (CSI + LABA + anticholinergique longue action, LAMA) a fait mieux que ladite double bronchodilatation. Et voilà maintenant que, non seulement la triple fait mieux que les associations LABA + LAMA et CSI + LABA, mais le rapport de force entre ces dernières paraît s’inverser (CSI + LABA semble faire mieux que LABA + LAMA) !

Cette apparente contradiction suggère que tous les malades ne sont pas égaux face aux différents agents et à leurs combinaisons possibles. Donc, il faudrait pouvoir identifier des sous-populations spécifiquement répondeuses à telle ou telle stratégie (essentiellement, avec vs sans CSI). Depuis plusieurs années, des analyses a posteriori d’essais randomisés montrent que le taux d’éosinophiles circulants serait un candidat potentiellement intéressant dans ce sens. Nous disposons maintenant d’analyses planifiées a priori (donc, plus robustes) qui confirment ce potentiel, non seulement pour « prédire » qui peut bénéficier de la mise en place d’un CSI, mais aussi qui risque de pâtir de son retrait parmi les malades déjà sous triple thérapie.

Reste à savoir ce que les recommandations à venir vont faire de ces données : les éosinophiles vont-ils réellement être adoptés, quels seront les seuils choisis, d’autres variables seront-elles combinées pour améliorer la prédiction de réponse aux CSI (historique d’exacerbation ?), une triple thérapie sera-t-elle envisagée en première ligne pour certains profils de patients ou resterons-nous sur des stratégies progressives, les éosinophiles seront-ils utilisés pour guider les stratégies de désescalade ? Les données sont là, à nous de les digérer…

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Nicolas Roche, service de pneumologie, HUPC, hôpital Cochin, Paris

D’après la session A15 : ICS in COPD : the pendulum keeps swinging.

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Réévaluation des patients atteints d’HTAP et survie : il faut viser haut

 

La réévaluation clinique et hémodynamique régulière est au cœur de la prise en charge des patients atteints d’HTAP.

L’année passée, il a été montré sur une large cohorte de plus de 1000 patients atteints d’HTAP idiopathiques, héritables et associées à la prise d’anorexigènes, que l’obtention des critères dits de « bon pronostic » (classe fonctionnelle NYHA I-II, TM6 > 440m, pression de l’oreillette droite < 8 mmHg, index cardiaque > 2,5 L/min/m2) était associée à la survie. Pour la première fois, il a été montré que plus un patient obtenait de critères de faible risque, meilleure était sa survie à long terme. L’approche simplifiée basée sur la classe fonctionnelle NYHA, le TM6 et les biomarqueurs (BNP ou NTproBNP) retrouvait des résultats similaires (Boucly et al, Eur Respir J 2017).

Cette année, la session A27 a regroupé plusieurs travaux s’intéressant à ces thématiques.

L’approche non invasive reposant sur la classe fonctionnelle NYHA, le TM6 et le BNP a été validée dans la cohorte européenne COMPERA de 579 patients ayant une HTAP idiopathique (Hoeper, Eur Respir J 2018 et A7651). La survie à 5 ans des patients atteignant les trois critères de bon pronostic était de 95 % alors qu’elle n’était de 76 %, 64 % et 43 % respectivement pour les patients obtenant 2, 1 ou 0 critère de bon pronostic.

Cette approche de stratification des risques a également été validée dans une étude randomisée PATENT-2 évaluant l’efficacité du Riociguat versus placebo dans une population d’HTAP (Humbert A2123, session A64). Enfin, deux équipes européennes et américaines ont appliqué la même méthodologie à des cohortes de patients atteints d’HTAP associée à une sclérodermie (Boucly, A1178, Weatherald A1179, Mercurio, A1181). Ces études ont montré que la survie à long terme était corrélée au nombre de critères de bon pronostic atteints à la première réévaluation sous traitement.

Tous ces travaux ont confirmé l’intérêt de la réévaluation des patients atteints d’HTAP pour prédire leur survie à 5 ans. L’obtention des critères de bon pronostic est aujourd’hui considérée comme un objectif thérapeutique.

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Athénaïs Boucly,  service de pneumologie et soins intensifs thoraciques, hôpital de Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre

D’après la session A27 : You got another thing coming : diagnosis and prognostication in pulmonary hypertension.

 

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Insuffisance respiratoire aiguë hypercapnique : une nouvelle indication pour l’OHD ?

 

L’oxygénothérapie humidifiée à haut débit (OHD) s’est récemment développée dans la prise en charge initiale de l’insuffisance respiratoire aiguë (IRA) hypoxémique et au cours de la période post-extubation dans les services de réanimation. Plusieurs de ses effets physiologiques (lavage de l’espace mort anatomique, effet pression expiratoire positive modéré, performance de l’humidification, réduction du travail respiratoire) laissent entrevoir un effet potentiellement bénéfique au cours de l’IRA hypercapnique.

Une équipe nord-américaine a réalisé une étude ancillaire d’un essai prospectif multicentrique de non-infériorité ayant randomisé 204 patients admis aux urgences pour IRA entre une forme particulière d’OHD, l’insufflation nasale à haute vélocité utilisant des lunettes nasales de faible calibre (Vapotherm Inc., Exeter, NH, États-Unis) pour augmenter l’effet de wash-out (OHD : 35l/mn, FiO2 = 100 %, température = 35-37°C, n = 104), et la ventilation non invasive (VNI : masque oro-nasal, IPAP = 10 cmH2O, EPAP = 5 cmH2O, FiO2 = 100 %, n = 100).[Doshi P, Whittle JS, Bublewicz M, et al. High-velocity nasalinsufflation in the treatment of respiratory failure: A randomized clinical trial. Ann Emerg Med 2018 ; pii : S0196-0644 (17) 31968-6.]

Le critère de jugement principal était l’échec de la technique défini par le recours à l’intubation et/ou le switch pour l’autre technique dans les 72 heures après l’inclusion. Les critères secondaires portaient sur les paramètres physiologiques et le devenir des patients. Les marges de non-infériorité étaient fixées entre 15 et 20 %.

Dans cette étude post-hoc, les auteurs rapportent spécifiquement les résultats observés chez les 65 patients ayant présenté une IRA hypercapnique, respectivement 34 et 31 dans les groupes OHD et VNI. Le taux d’échec était respectivement de 8/34 (23,5 %) et 8/31 (25,8 %) (NS), soit un taux d’intubation de 5,9 vs 16,1 % (p = 0,24) et un taux de switch de 23,5 vs 12,9 % (p = 0,35). L’effet de l’OHD sur la fréquence respiratoire, le pH et la PaCO2 dans les 4 heures suivant l’initiation du traitement était comparable à la VNI. Les durées de séjour aux urgences, en réanimation et à l’hôpital étaient également retrouvées similaires entre les deux techniques.

Ces données démontrant la non infériorité de l’OHD comparativement à la VNI dans la prise en charge de l’IRA hypercapnique sont d’autant plus importantes qu’elles constituent les premiers résultats cliniques d’envergure dans cette indication. D’autres études randomisées évaluant spécifiquement l’IRA hypercapnique seront nécessaires pour conforter ces données encourageantes et pour situer au mieux la place de l’OHD dans cette indication, seule ou en association à la VNI.

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Christophe Girault,  service de réanimation médicale, hôpital Charles Nicolle, CHU-hôpitaux de Rouen

D’après la communication de D. Dodge, et al. High velocity nasal insufflation in hypercapnic respiratory failure : Secondary analysis of a randomized clinical trial. Am J Respir Crit Care Med 2018 ; 1957 : A2544. Session A104.

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Un couteau suisse pour dépister le cancer pulmonaire !

 

Le cancer du poumon est souvent diagnostiqué à un stade métastatique non curable. L’essai de dépistage américain NLST a permis de montrer une réduction de la mortalité spécifique par cancer du poumon de 20 % mais avec une application en vie réelle qui rencontre de nombreuses embuches…

Dans les suites de ces résultats publiés en 2011 1, le CMS (Center for Medicare and Medicaid Services) a statué sur le remboursement dès 2013 du dépistage aux États-Unis du cancer du poumon chez les personnes à risque élevé. Cela concerne actuellement les individus âgés entre 55 et 80 ans, fumeurs actifs ou sevrés depuis moins de 15 ans et ayant un tabagisme cumulé supérieur à 30 paquets-année. Même si la réalisation des scanners est prise en charge, la mise en place en pratique du dépistage reste complexe du fait de plusieurs barrières. L’identification d’individus à haut risque, la compliance des sujets, le manque d’infrastructures, de ressources ou encore de sensibilisation des médecins et des sujets freinent toujours la généralisation du dépistage.

Pour combler cette lacune et faciliter la mise en place efficace de tels programmes dans les systèmes de santé, en s’adressant aussi aux médecins généralistes, l’ALA (American Lung Association) et l’ATS ont uni leurs forces pour élaborer ce qu’ils nomment une boîte à outils, un guide ayant pour but de fournir des stratégies opérationnelles de dépistage du cancer pulmonaire.

C.C. Thomson (Boston, États-Unis) ainsi que d’autres orateurs ayant participé à l’élaboration de ce guide internet ont présenté les différents aspects pratiques traités dans cet outil. Ils y détaillent les différents critères d’éligibilité, fournissent des protocoles standardisés pour la réalisation, l’interprétation et les comptes rendus des scanners ainsi que des protocoles sur l’évaluation et la prise en charge multidisciplinaire des nodules. Ils évoquent par ailleurs l’éducation des sujets, l’importance d’intégrer une démarche de sevrage tabagique et l’intérêt de compiler les sujets inclus dans ce programme de dépistage au sein d’un registre unique. Le but d’un tel outil est de limiter le dépistage « sauvage » en encadrant les pratiques et de faciliter l’application en vie réelle d’une prise en charge réalisée la plupart du temps dans d’importants centres hospitaliers.

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Marion Ferreira, service de pneumologie, hôpital Bretonneau, CHRU de Tours.

D’après la session A13 : ATS/ALA implementation guide for lung cancer screening : an operational toolkit.

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Hippocratisme digital dans la PID fibrosante : un signe à prendre avec des pincettes

 

La constatation possible d’un hippocratisme digital (HD) au cours de la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) et d’autres pathologies pulmonaires fibrosantes est pour les cliniciens une notion bien connue. Néanmoins, on ne dispose pas de « Gold standard » pour évaluer la présence d’HD.

Dans la pratique, les cliniciens font le diagnostic d’HD à l’inspection des mains du patient, mais on sait peu de choses sur la fiabilité de ce type de diagnostic. Une équipe hollandaise a voulu tester la concordance interobservateur du diagnostic clinique d’HD au cours de diverses formes de pneumopathies interstitielles diffuses (PID) fibrosantes en envoyant à un panel international de 61 soignants (53 % de médecins pneumologues ; 34 % d’internes en pneumologie ; 13 % d’infirmières spécialisées dans la prise en charge de patients avec PID) des photographies des mains de 87 patients atteints de PID fibrosante (PFI dans 42 % des cas). Il était demandé aux soignants de se prononcer sur l’existence ou non d’un HD et de déterminer un score de certitude (de 0 à 100 %) quant au diagnostic d’HD. Le diagnostic d’HD était retenu en moyenne pour 38 % des sondés (de 7 à 79 %) et le degré de confiance dans le diagnostic était de 78 % (de 55 à 100 %). Un agrément de 100 % et de plus de 95 % entre les observateurs n’était observé que dans 7 % et 25 % des cas, respectivement. L’agrément interobservateur était faible avec un coefficient K alpha à 0,26, sans différence selon la catégorie d’observateurs. Dans les cas avec un agrément interobservateur élevé (> 95 %), les observateurs étaient sûrs de leur jugement à 86 % alors que ce taux était à 75 % (p < 0,001) quand l’agrément interobservateur était inférieur à 95 %.

Le principal message de ce travail est que l’agrément interobservateur pour le diagnostic d’HD au cours de la PID fibrosante est médiocre, ce qui implique qu’il faut accepter ce diagnostic avec nuance.

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Hervé Mal, service de pneumologie et transplantation pulmonaire, hôpital Bichat, Paris

À partir de la communication de C Moor, M Veltkamp,. van Manen, JR Miedema, JC Grutters, M Wijsenbeek dans la session A23, ILD : diagnosis. Am J Respir Crit Care Med 2018, 197 : A1113.

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