
Cette présentation s’est intéressée à la problématique de la dyspnée chez le patient en fin de vie et à la place des traitements non pharmacologiques.
L’orateur a rappelé les différents temps de la fin de vie, notamment la prise en charge de la dyspnée et a mis en avant les modalités non pharmacologiques, qui impliquent tous les soignants. On passe de la phase curative à la phase palliative. Après une phase d’évaluation on arrive à l’adaptation. Les traitements vont évoluer en parallèle. Au fur et à mesure que l’on se rapproche du décès, les modalités pharmacologiques deviennent prépondérantes au détriment des modalités pharmacologiques et de la prise en charge étiologique.
Le modèle de Spathys appliqué à la dyspnée
Le modèle de Spathys est une approche structurée pour évaluer et améliorer les soins palliatifs en mettant l’accent sur une prise en charge globale, individualisée et interdisciplinaire des patients en fin de vie. Ce modèle est particulièrement intéressant quand on parle de la dyspnée. Il englobe trois composants : breathing-thinking-functioning . La dyspnée est en effet une combinaison des aspects purement respiratoires et liés à la maladie pulmonaire (augmentation du travail respiratoire), d’aspects fonctionnels avec les répercussions sur le déconditionnement et les muscles, et d’aspects émotionnels (notamment l’anxiété).
L’apport des traitements non pharmacologiques dans la dyspnée
Cela explique la problématique de la dyspnée et les possibilités de traitement qui en découlent. Le besoin du patient est à prendre en compte avec un impact positif sur l’efficacité en termes de qualité de vie. Les modalités non pharmacologiques, bien que peu utilisées, sont importantes. Ainsi, l’apport de la fan thérapie, c’est-à-dire l’usage d’un ventilateur dirigé vers le patient, a été bien documentée en trompant le cerveau et en diminuant la dyspnée. Le menthol fonctionne différemment mais repose sur la même finalité et réduit la dyspnée en envoyant un message différent au cerveau. Les terminaisons du trijumeau et les récepteurs TRPM8 sont deux éléments incriminés dans ce mécanisme de réduction de la dyspnée. Les techniques respiratoires (lèvres pincées lors de l’expiration, relaxation, méditation…) sont aussi bénéfiques pour réduire la dyspnée.
La formation des soignants est déficitaire et pourtant essentielle pour obtenir un résultat favorable pour le traitement de ces patients. Une meilleur éducation, une évaluation optimale et une gestion de crise, sont trois éléments de la prise en charge du patient.
L’objectif est de pouvoir transformer les freins propres au patient pour améliorer la gestion des crises de dyspnée.

Gregory Reychler, service de pneumologie, Cliniques Universitaires Saint-Luc (CUSL)
D’après la communication « Chez le patient en soins palliatifs » présentée par Anne-Claire Latiers, session A04 « Kinésithérapeute 1. Caractéristiques modifiables (« treatable traits ») et kinésithérapie »



