Environnement

Cette session a abordé l’effet sur la santé respiratoire de plusieurs toxiques inhalés environnementaux

Impact des brumes de sables

Les brumes de sable émanent de la migration du sable du SAHARA vers les territoires ultramarins le plus souvent d’Avril à Octobre. Elles contiennent du sable riche en sels minéraux (phosphores, calcium, potassium, magnésium), des grains de pollen mais aussi des virus, bactéries et moisissure, ce qui explique leur impact sur la santé.

Les études montrent une augmentation du risque de pneumonie en période de pic ainsi qu’une augmentation de l’inflammation des voies aériennes chez les patients fragiles souvent porteurs de maladies cardiovasculaires. Aux Antilles, il n’existe malheureusement pas assez d’études. La seule étude réalisée montre une augmentation du taux d’hospitalisation de plus de 9% des asthmatiques en période de pic important. D’autres études réalisées en terre non ultramarine montrent le risque de développer des bronchites ou le risque de mortalité lié à ce phénomène.

Il est évident que les brumes de sable constituent une menace pour la santé respiratoire des populations. Cependant de plus amples études devront être menées surtout en terre ultramarine afin de mieux évaluer l’impact du phénomène.

D’après la session 15 : Impact des brumes de sables, Chantal RAHERISON, Guadeloupe 

Bilan allergologique en milieu tropical

Le climat chaud et humide, la biodiversité végétale, l’urbanisation rapide, les changements climatiques et la coexistence avec les parasitoses constituent des facteurs favorables au développement des allergies en milieu tropical.  Malheureusement les allergies sont sous-diagnostiquées même si les moyens d’explorations restent les mêmes qu’en Occident : prick tests, dosage des IgE spécifiques, tests de provocation. L’absence d’extraits allergéniques adaptés au contexte constitue le véritable problème de diagnostic.

Des études multicentriques visant à élaborer une cartographie des allergènes des milieux tropicaux devront être réalisées afin de développer des tests diagnostiques plus adaptés.

D’après la session 15 : Bilan allergologique en milieu tropical, Gildas AGODOPESSI, Bénin

Changement climatique et pollens

Le changement climatique a un impact sur les pollens et les moisissures dans l’air ambiant. Selon le RNSA (Réseau National de Surveillance Aérobiologique), les pollens  ont été particulièrement présents en France en 2022 avec une quantité mesurée au plus haut par rapport aux données des 15 dernières années. Cette augmentation est liée aux variations climatiques notamment à l’augmentation des températures qui favorise l’émission et la dispersion des pollens. Les saisons polliniques ont augmenté en durée et en intensité.

Les polluants atmosphériques (dioxyde de carbone, dioxyde d’azote, particules fines, composés organiques volatils…) peuvent aggraver la situation en altérant la surface de certains grains de pollen, ce qui les rend plus réactifs et potentiellement plus irritants pour les voies respiratoires. La combinaison d’une exposition accrue aux pollens et d’une mauvaise qualité de l’air aggrave les réactions allergiques.

Que faire pour limiter l’impact du pollen sur la santé?

Il faut surtout limiter la plantation d’espèces allergisantes en milieu urbain, mettre en place une surveillance de la qualité de l’air et de la charge de pollen dans les villes, sensibiliser et éduquer les populations.

Le changement climatique influence l’exposition de la population au pollen anémophile c’est-à dire au pollen entraîné par le vent, ce qui peut affecter la prévalence et la sévérité des maladies allergiques. Il y a là une préoccupation majeure de santé publique qui requiert la mise en œuvre sans délai de stratégies appropriées d’adaptation.

D’après la session 15 : Changement climatique et pollens, Ali Ben Kheder, Tunisie 

Edem Kunakey, Service de Pneumologie, CHU de la Guadeloupe  Service de Pneumologie, CHU de la Guadeloupe


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