
L’étude ASPEN a récemment été publiée dans le New England Journal of Medicine 1. Elle a démontré une diminution significative du nombre d’exacerbations dans les groupes de patients recevant du brensocatib (un inhibiteur de cathepsine C) à la dose de 10 et de 25 mg en comparaison au groupe placebo chez des sujets de 12 à 85 ans. Une diminution du déclin du VEMS avait été mise en évidence dans le groupe brensocatib 25 mg. Ont été présentées ce jour les résultats concernant spécifiquement les adolescents (12-18 ans).
Pour être inclus les patients devaient avoir entre 12 et 18 ans, un poids d’au moins 30 kg et au minimum une exacerbation dans les 12 mois précédant le screening. La randomisation était de 2 :2 :1 pour les adolescents (1 :1 :1 pour les adultes), avec donc 2 fois plus de patients dans les groupes brensocatib 25 et 10 mg que dans le groupe placebo. Cette population (n=31) était beaucoup plus exposée aux macrolides que les adultes inclus dans ASPEN. Dans les 2 groupes brensocatib, il existait une réduction du nombre annuel d’exacerbations (HR 0,41 pour brensocatib 10 mg [0,11-1,58] et 0,73 [0,2-1,68] pour le 25 mg), malheureusement non significative du fait de la faible puissance de l’étude dans ce sous-groupe. Quelle que soit la posologie de brensocatib, 59,2% des patients n’avaient eu aucune exacerbation pendant l’année de traitement, contre 35,4% des patients du groupe placebo. Le résultat le plus impressionnant concernait le déclin du VEMS. En effet, les patients du groupe placebo ont présenté une importante détérioration de leur fonction respiratoire (perte en moyenne de 267 ml de VEMS), alors que dans les 2 groupes recevant du brensocatib, le VEMS était resté globalement stable (variation moyenne + 27 ml dans le groupe 10 mg et +65 ml dans le groupe 25 mg). La tolérance était bonne chez ces adolescents avec un cas d’hyperkératose (groupe brensocatib 10 mg) et un cas de gingivite (brensocatib 25 mg).
Au total, ces données sont rassurantes en terme de tolérance dans cette population d’adolescent. Le brensocatib semble efficace (sous réserve de la faible puissance de l’étude) que ce soit en termes d’exacerbation ou de déclin du VEMS. Il serait intéressant de mieux caractériser ce groupe de patients, qui apparait comme particulièrement grave au vu du déclin important du VEMS dans le groupe placebo durant l’étude.
Claire Andréjak, Service de Pneumologie et Unité de Soins Continus Cardio Thoracique Vasculaire et Respiratoire, Centre Hospitalier Universitaire Amiens-Picardie, 80054 Amiens
D’après Maitre B et al. Exacerbation Rate and Lung Function in Adolescent Patients With Non-Cystic Fibrosis Bronchiectasis: An Analysis of the ASPEN Trial. Exacerbation Rate and Lung Function in Adolescent Patients With Non-Cystic Fibrosis Bronchiectasis: An Analysis of the ASPEN Trial. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A7421 (D18)
- Chalmers JD, Burgel PR, Daley CL et al. Phase 3 Trial of the DPP-1 Inhibitor Brensocatib in Bronchiectasis. N Engl J Med. 2025;392(16):1569-1581. ↩



