

La session du congrès consacrée aux infections respiratoires et à la résistance antimicrobienne a mis en évidence l’importance croissante de la prévention et de l’innovation thérapeutique dans la prise en charge des infections respiratoires. Les échanges ont souligné à la fois l’apport historique de la vaccination et les défis actuels liés à l’adhésion des patients, au diagnostic précoce des résistances et au développement de nouvelles approches thérapeutiques.
Une couverture vaccinale qui reste insuffisante
Depuis 50 ans, la vaccination, notamment contre la grippe et le pneumocoque, a réduit la morbi-mortalité respiratoire et les cancers liés aux virus. Pourtant, la couverture vaccinale reste insuffisante : en 2024, 14.3 millions d’enfants seulement ont reçu le schéma DTP complet et 14 millions demeurent « zéro-dose », et la couverture rougeole plafonne à 84% (vs 95% requis). Aux Etats-Unis, la baisse de l’adhésion vaccinale amplifiée par des discours anti-vaccination du ministre de la Santé, Robert F Kennedy, s’accompagne d’une recrudescence des cas. Ces disparités rappellent l’urgence de renforcer la vaccination par des campagnes ciblées, une communication claire et l’implication des soignants de proximité, afin de dépasser la méfiance, la désinformation et les inégalités d’accès.
Les progrès du diagnostic moléculaire
Les progrès récents du diagnostic moléculaire, qu’il s’agisse de PCR multiplex, de séquençage ciblé ou de génomique complète, permettent une détection rapide et sensibles des pathogènes respiratoires et de leurs gènes de résistances. Des études récentes ont montré une sensibilité proche de 100% pour plusieurs bactéries majeures, la mise en évidence fréquente de gènes de résistance et une meilleure identification des infections mixtes. Ces outils favorisent une prise en charge précoce et ciblée, réduisant l’usage inapproprié des antibiotiques à large spectre et contribuent à une gestion plus efficace de l’antibiorésistance en pneumologie. Toutefois, ils exposent aussi au risque de surdiagnostic car ils ne permettent pas toujours de distinguer un pathogène colonisant d’un agent réellement responsable des symptômes cliniques, en l’absence de biomarqueurs discriminants fiables.
De nouvelles stratégies en infectiologie
Parallèlement, la recherche développe de nouvelles stratégies : nouvelles classes d’antibiotiques, associations thérapeutiques optimisant l’efficacité des molécules existantes, mais aussi approches alternatives comme les bactériophages ou l’immunothérapie.
En somme, seule une mobilisation collective, associant recherche, santé publique et pratiques cliniques, permettra de préserver l’efficacité des traitements et de répondre à ce défi mondial en santé respiratoire.
Louise Bondeelle, service de pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse
D’après la Session 5B_172 Hot topics Respiratory infections: prevention is better than cure
Références :
PMID: 40578370 ; GBD 2023 ; Lancet 2025 ; Global, regional, and national trends in routine childhood vaccination coverage from 1980 to 2023 with forecasts to 2030: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2023
PMID: 40143178 : Elshobary et al. Pharmaceuticals 2025 ; Combating Antibiotic Resistance: Mechanisms, Multidrug-Resistant Pathogens, and Novel Therapeutic Approaches: An Updated Review



