La télémédecine : un outil intégré pour le diagnostic du SAHOS

Vanessa Bironneau, Service de Pneumologie, CHU  de Poitiers

L’utilisation de la télémédecine au cours du diagnostic de SAHOS permet de diminuer les délais de prise en charge et de diviser par 2 le taux d’échec de l’enregistrement, avec la possibilité d’y associer une surveillance vidéo. Ces systèmes ont démontré leur intérêt et leur faisabilité clinique et technique. A noté malgré tout, la persistance de quelques limites.

La télémédecine s’inscrit dans une approche multidimensionnelle associant expertise clinique, technologies d’informations et dispositifs médicaux/capteurs. Dans le cadre du SAHOS, elle peut notamment être utilisée pour une 1ère consultation à distance mais également pour la réalisation d’examens du sommeil à domicile. Devant des délais pouvant être très longs pour un enregistrement du sommeil en laboratoire et un taux d’échec de l’enregistrement de 5 à 30%, la télémédecine a donc toute sa place pour le diagnostic du SAHOS.

Télé consultation 

La télémédecine peut organiser un parcours complet de prise en charge, et ce dès la 1ère consultation. Cependant, cela semble possible dans des contextes sélectionnés. Les études ont montré que bien que cette télé consultation soit jugée satisfaisante, elle reste globalement moins bien perçue que la consultation hospitalière classique.
Les points positifs relevés sont : un accès plus facile aux professionnels de santé dans certaines situations avec une utilité toute particulière en zone rurale ou quand l’accès à l’hôpital est difficile. Elle est tout à fait compatible avec une première évaluation basée sur un interrogatoire structuré et des questionnaires cliniques. Cependant, la compréhension des consignes est parfois plus difficile en téléconsultation qu’en présentiel, notamment pour l’usage de la PPC ou des dispositifs de test. Les consultations semblent moins standardisées sans trame structurée, avec l’absence d’examen clinique et une difficulté à percevoir certains signes cliniques. La téléconsultation doit donc être structurée et homogénéisée, mais ne doit pas être généralisée à tous les patients

Enregistrement du sommeil

La télétransmission concerne l’envoi à distance des données d’une polygraphie ou polysomnographie réalisée à domicile. En cas de suspicion de SAHOS, il est possible d’orienter le patient vers une poly(somno)graphie par télétransmission. La confirmation du diagnostic sera suivie d’une (télé)consultation. Cependant, la télémédecine ne doit pas être vue comme un remplacement universel du parcours de soin « classique » mais comme une solution adaptée à des contextes spécifiques. De nouveaux outils diagnostiques s’offrent à nous (bague, montre, bandeaux). Ces outils miniaturisés permettent des enregistrement multi-nuits. Ils donnent accès aux nouveaux biomarqueurs tels que la charge hypoxique, la variabilité de la fréquence cardiaque ou encore la variabilité de l’amplitude de l’onde de pouls. La polysomnographie télé monitorée reste utile pour le diagnostic, mais son développement futur paraît limité face à ces nouvelles technologies

Limites

Bien que la télémédecine ait fait ses preuves (réduction des coûts directs et indirects, limitation des hospitalisations, des déplacements, prise en charge plus centrée sur le patient), des limites persistent à ce jour. On retrouve notamment les aspects techniques, les problèmes de réglementation et de confidentialité ainsi que la question de la responsabilité du médecin mais également du patient.
Le coût global reste encore élevé dans la majorité des pays européens.

Point de vue de l’ERS La polysomnographie à distance avec supervision est techniquement faisable et réduit les échecs des études du sommeil à domicile. La transmission des données est faisable, raccourcit le délai diagnostique et peut réduire les coûts. Les téléconsultations sont faisables, bien acceptées et associées à une bonne satisfaction des patients. Les économies proviennent notamment de l’absence d’hospitalisation, de la baisse des frais de déplacement et de la réduction de l’absentéisme professionnel.

Conclusion

La télémédecine est déjà un outil réellement intégré à la pratique de la médecine du sommeil, avec des bénéfices démontrés sur la faisabilité, l’accès aux soins et, à court terme, l’observance.
Elle reste surtout pertinente dans des parcours ciblés et encadrés.


D’après la session : Hot topics: Advanced telemedicine for obstructive sleep apnoea
Application of telemedicine for diagnostic purposes in obstructive sleep apnoea. Marie Bruyneel (Brussels, Belgium)
ERS statement on advanced telemedicine in obstructive sleep apnoea. Johan Verbraecken (Edegem (Antwerp), Belgium)

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