


Raphaël Hindré, service d’explorations fonctionnelles, Hôpital Avicenne, Bobigny
Le treprostinil, analogue de la prostacycline, qui présente en dehors de son action vasodilatatrice artérielle pulmonaire, une action anti fibrosante, a été évalué sous forme inhalée dans l’étude de phase III TETON-2 chez des patients atteints de fibrose pulmonaire idiopathique (FPI).
Méthodologie
Il s’agissait d’un essai international, randomisé, contrôlé contre placebo, en double aveugle. Ont été inclus des patients atteints de FPI avec une CVF ≥ 45%, pouvant être déjà sous antifibrosants. Le treprostinil inhalé (3 bouffées, soit 18 mcg, 4 fois / jour) était comparé au placebo. Le critère de jugement principal était la variation de la CVF à 52 semaines.
Population étudiée
597 patients randomisés (224/298 ont complété les 52 semaines de traitement dans le bras tréprostinil). Les groupes étaient homogènes : âge moyen de 72 ans, 80% d’hommes, 4 ans de durée moyenne d’évolution de la maladie, CVF à 77% et DLCO à 47% de la théorique. 75% des patients recevaient un antifibrosant.
Moins de déclin de CVF à 52 semaines dans le groupe treprostinil
A 52 semaines, le déclin de CVF était significativement moindre sous treprostinil avec une différence de +95,6 mL vs placebo (IC 95% 52-139 ; p<0,0001). L’effet apparaissait dès la 16ème semaine et persistait. Le bénéfice était aussi observé chez les patients déjà traités par antifibrosants (nintedanib : -115 vs -43 mL, p=0,0075 ; pirfenidone : -188 vs -52 mL, p=0,0003). Concernent les critères secondaires, le treprostinil inhalé réduisait de 29% la survenue d’une aggravation clinique (HR 0,71 (IC 95% : 0,53-0,95) ; p=0,02), critère composite défini par le décès, l’hospitalisation de cause respiratoire ou le déclin relatif ≥10% de la CVF prédite. En revanche, il n’y avait pas de réduction significative des exacerbations aiguës, ni de la mortalité à 52 semaines. La qualité de vie évaluée par le KBILD questionnaire diminuait significativement moins dans le groupe treprostinil (-1 vs -2,6, p=0,01), de même que la DLCO (-2,8 vs -4,1% de la valeur théorique, p=0,004). Concernant la tolérance, la toux était l’effet indésirable le plus fréquent (48% dans le groupe treprostinil vs 24% dans le groupe placebo) suivi par les céphalées.
En conclusion :
L’essai TETON-2 démontre que le tréprostinil inhalé est le premier traitement inhalé efficace dans la FPI, réduisant de façon significative le déclin de la CVF et de la qualité de vie, tout en étant bien toléré. Néanmoins, aucun bénéfice n’a été démontré sur la mortalité ou la prévention des exacerbations aiguës.
D’après la session ID 108, Emerging clinical trials in pulmonary fibrosis Presentation ID 1254 : TETON phase 3 clinical trials of inhaled treprostinil in the treatment of idiopathic pulmonary fibrosis



