Pneumopathies à Mycoplasma pneumoniae à l’ère post-covid

Mycoplasma pneumoniae est une bactérie à croissance intracellulaire responsable de pneumopathies le plus souvent peu sévères mais parfois hypoxémiantes. La présence au scanner de nodules en arbre en bourgeon et de verre dépoli en l’absence de bronchogramme aérien est très évocatrice mais non spécifique, et le diagnostic repose sur la PCR. La bactérie se transmet par le biais de gouttelettes et a longuement été considérée comme un pathogène fréquemment responsable de pneumopathies communautaires. Des données plus récentes ont fait état d’une prévalence autour de 5% et la pathologie se retrouve principalement chez les adultes âgés de moins de 50 ans.

Épidémiologie des infections à Mycoplasma pneumoniae

Les infections surviennent tout au long de l’année sous de nombreux climats différents dans le monde entier, avec des épidémies régulières. Plusieurs facteurs, notamment la baisse de l’immunité collective ou l’introduction de nouveaux sous-types dans la population, expliquent la survenue périodique d’épidémies. La plus récente est survenue fin 2019-début 2020 simultanément dans plusieurs pays, principalement en Europe et en Asie. En mars 2020, l’introduction d’interventions non pharmaceutiques contre la COVID-19 a entraîné une fin abrupte de ces épidémies et un déclin marqué de la détection de Mycoplasma pneumoniae dans le monde entier. Toutefois, bien qu’à des niveaux très bas, une augmentation du nombre de cas a été observée dans certains pays de janvier à mars 2023, ce qui a justifié une vigilance accrue 1 , 2. Une augmentation brutale des cas a ensuite été observée, en juillet 2023 en Chine, puis en novembre 2023 en France 3.

L’antibiorésistance doit être surveillée

Dans ce contexte, fin novembre la direction générale de la santé a publié un communiqué en rappelant que l’immense majorité des infections à Mycoplasma pneumoniae sont bénignes et guérissent spontanément. En l’absence d’augmentation de résistance aux macrolides en France (stable à 10%), ces derniers constituent toujours l’antibiothérapie probabiliste de première intention recommandée. Ils sont généralement efficaces en 48h à 72h. Au contraire et de manière inquiétante, le taux de résistance atteint plus de 95% en Chine et doit inciter à une vigilance particulière quant au risque de diffusion de ces souches en Europe. 

  1. SauteurPMM, Beeton ML,et al.Mycoplasma pneumoniae: delayed re-emergence after COVID-19 pandemic restrictions.Lancet Microbe.2023:S2666-5247(23)00344-0.doi: 10.1016/S2666-5247(23)00344-0.2.
  2. SauteurPMM,Beeton ML.Mycoplasma pneumoniae: gone forever? LancetMicrobe.2023;4(10):e763. doi: 10.1016/S2666-5247(23)00182-9.
  3. Larcher R, Boudet A, Roger C, Villa F, Loubet P. Mycoplasma pneumoniae is back! Is it the next pandemic. Anaesth Crit Care Pain Med.2023;43(1):101338. doi: 10.1016/j.accpm.2023.101338.
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