
Ces sessions infirmières ont mis l’accent sur l’éducation thérapeutique, la plus-value de l’infirmier.ère en pratique avancée, la place des outils connectés, et le positionnement des soignants.
L’éducation thérapeutique partout et pour tous
Plus-value de l’IPA dans l’éducation thérapeutique du patient
Dans cette session orale, le rôle et les missions de l’infirmier.ère en pratique avancée (IPA) ont été rappelés. Ces missions valorisent l’éducation thérapeutique du patient (ETP) en proposant une prise en charge holistique, globale, intégrant des conseils éducatifs dans la consultation. L’évaluation clinique et l’évaluation des besoins pendant la consultation appuient la dispensation des conseils éducatifs adaptés en direct. Le leadership de l’IPA peut permettre d’accompagner les équipes pour enrichir les pratiques. De plus, la collaboration et la coordination favorisent l’éducation, en équipe, car l’exercice IPA n’est pas un exercice isolé. Et la formation approfondie en recherche permet d’accompagner la pratique infirmière fondée sur les données probantes. Il est à noter que l’IPA est responsable des actes qu’il réalise (L4301-1 du code de la santé publique).
Place des objets connectés dans l’ETP
Il en existe différents types : ceux que l’on peut porter (les montres, les anneaux…) et les appareils connectés (PPC, VNI, spiromètre…).
Les objets connectés apportent une information ciblée aux professionnels de santé et aux personnes soignées par différentes interfaces : mail, courrier, interface Internet, application… Les applications peuvent aussi permettre de recueillir des informations au travers de questionnaires, notamment de questionnaires validés. Attention cependant à la fréquence d’envoi de ces questionnaires pour ne pas épuiser la participation des personnes. Ces informations aux patients sont des leviers d’auto-éducation et peuvent être un outil pour illustrer et personnaliser les actions éducatives.
Les objets connectés devraient permettre de personnaliser la prise en soins, le suivi, et l’éducation thérapeutique dans une approche globale, mais aussi de réduire la charge pour le patient en diminuant le besoin de se déplacer en consultation.
L’étude contrôlée randomisée Telvent a évalué l’impact de l’association ETP et objets connectés sur la PtCO2 chez les patients vivant avec une BPCO et traités par VNI. Aucun effet n’a pu être démontré sur ce critère. Néanmoins cette association a permis d’améliorer l’observance et la capnie : 83% de patients sans hypercapnie dans le groupe interventionnel versus 27% dans le groupe contrôle.
En conclusion les objets connectés participent à l’ETP, notamment en la personnalisant. Il faut développer des stratégies complexes pour intégrer de nombreux outils.
Éducation thérapeutique : comment faire a minima
Il a été rappelé que les personnes vivant avec une maladie chronique peuvent éprouver une sorte de paralysie, avec un sentiment de perte de pouvoir. Il est possible, notamment au travers de l’ETP, d’accompagner ces personnes afin de leur redonner du pouvoir et leur donner les moyens de la mise en mouvement. L’objectif est ici de conduire la personne vers l’autogestion en adaptant et personnalisant la prise en charge dans la transdisciplinarité. Ces notions nécessitent de construire une relation de confiance et une alliance thérapeutique.
De plus, les modes d’échange doivent être développés au travers d’une communication adaptée et motivationnelle personnalisée. Pour cela, il est nécessaire d’identifier les comportements communicationnels pour s’adapter au patient.
Pour accompagner la motivation de la personne, il faut d’abord qu’elle en ait envie, qu’elle se sente capable, et qu’elle soit prête. Pour évaluer ces éléments, on utilise en ETP des questions ouvertes, une écoute réflective par des reformulations, la valorisation et un résumé, une synthèse. Enfin les aidants doivent être intégrés dans le parcours de soins et le parcours éducatif.
Pierre-Yves BLANCHARD, infirmier en pratique avancée, service de pneumologie et oncologie thoracique, hôpital Tenon
D’après la session A20 « Éducation thérapeutique partout et pour tous » et les communications » du samedi 25 janvier 2025 :
Education thérapeutique : comment faire à minima ?
« Apport d’une IPA dans l’éducation thérapeutique des maladies respiratoires chroniques » de Susy Gonsseaume (Paris)
« Les outils connectés : quelle place dans l’éducation thérapeutique ? » de Arnaud Prigent (Rennes)



