SAOS

Un risque cardiovasculaire post-anesthésique accru dans le syndrome d’apnées obstructives au cours du sommeil

Le syndrome d’apnées obstructives au cours du sommeil (SAOS) représente un facteur de risque de morbimortalité périopératoire, dont les mécanismes sont mal connus. La relation entre l’apparition d’une arythmie cardiaque et la présence de désaturations nocturnes pourrait être en cause.

 

C’est la raison pour laquelle l’équipe grenobloise a proposé la réalisation d’une étude prospective analysant les résultats d’un enregistrement ECG 12 voies effectué au cours de la première nuit et de la troisième nuit suivant une intervention urologique ou digestive sous anesthésie générale. Un enregistrement polysomnographique ainsi qu’une évaluation du score STOP-BANG étaient réalisés avant la chirurgie, ayant permis de sélectionner 120 patients avec un score ≥ 3 et un index de désaturations < 40/h (dont 24 % ne présentant pas de SAOS). Des phénomènes d’arythmie cardiaque (extrasystoles auriculaires ou ventriculaires, arythmie supraventriculaire) ont ainsi été retrouvés en relation avec des périodes d’hypoxémie nocturne au cours de la troisième nuit, par rapport à la nuit précédant l’intervention, chez tous les patients (1 [0 ; 4] vs 0 [0 ; 2], p = 0,04), mais plus particulièrement dans le groupe SAOS (1 [0 ; 4] vs 1 [0 ; 2], p = 0,02). Ces éléments sont survenus sans aggravation des troubles respiratoires au cours du sommeil.

Ainsi, la période postopératoire, et plus particulièrement au cours de la troisième nuit suivant une anesthésie générale, est marquée par une accentuation de l’influence de l’hypoxie nocturne sur la survenue de troubles de rythme cardiaque pouvant expliquer en partie la survenue, chez des patients SAOS, de complications cardiovasculaires sévères, justifiant pleinement le dépistage pré-anesthésique de ces patients à risque.

 

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Jean-Claude Meurice, service de pneumologie, CHU de Poitiers

À partir du poster (A2280) présenté dans la session A 69 « SRN, : what can we learn from clinical and epidemiological studies in sleep ? » du 19 05 19, par R Tamisier (Grenoble, France).

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Réduction de la mortalité sous PPC : enfin une étude permettant d’y croire !

Alors que les effets bénéfiques de la pression positive continue (PPC) sur la morbimortalité du syndrome d’apnées obstructives au cours du sommeil (SAOS) restent encore discutés, le caractère positif de cette analyse de Big data apporte enfin un espoir d’amélioration du pronostic de cette pathologie sous PPC.

Les résultats des études épidémiologiques récentes à large échelle ont apporté des résultats décevant concernant les effets de la PPC sur la morbimortalité du SAOS, et plus particulièrement ceux de l’étude SAVE 1  au cours de laquelle l’utilisation d’une PPC en prévention secondaire chez des patients porteurs d’un SAOS n’a pas apporté d’effet bénéfique sur la mortalité et sur la survenue de complications cardiovasculaires de ces patients. Cependant, ces résultats étaient entachés de nombreux biais tels qu’une observance très faible vis-à-vis de l’utilisation de la PPC, soulignant ainsi la difficulté de réalisation de ce type d’étude.

L’étude espagnole présentée cette année dans le cadre de ce symposium reposait sur l’analyse d’une population de 70 469 patients (74 % d’hommes) traités par PPC issus de la caisse d’assurance maladie catalane, inclus entre 2012 et 2013, et dont la mortalité a été analysée par rapport à un groupe témoin de 184 112 sujets sur une période de 5 ans. L’analyse multivariée a été menée à l’aide d’un modèle tenant compte d’un ajustement sur le genre, l’âge et les comorbidités.

Bien que les patients porteurs d’un SAOS traités par PPC présentaient une prévalence plus importante d’obésité (18 % vs 6 %), d’insuffisance cardiaque (8 % vs 2 %), d’hypertension artérielle (61 % vs 45 %) et de diabète (30 % vs 19 %) que les sujets contrôles, leur mortalité était moins importante (5,3 % vs 6,6 %). Cependant, finalement, le traitement par PPC n’a été retrouvé associé à une réduction significative de la mortalité que chez les hommes lors de l’analyse multivariée (odds ratio 0,743 ; 95 % IC 0,713-0,775).

Ces résultats, bien que nécessitant un complément d’analyse sur le plan méthodologique, permettent néanmoins de garder l’espoir d’amélioration du pronostic de nos patients dont les facteurs de risque cardiovasculaires sont importants.

Jean-Claude Meurice, service de pneumologie, CHU de Poitiers, Poitiers

À partir du poster (A4399) présenté en discussion dans la session B109 — Treatment options in sleep disordered breathing adherence and health outcomes, du 22 mai 2018, par J de Battle (Espagne).

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Obésité morbide : PSG pour tous ?

Les troubles respiratoires du sommeil et, notamment, le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) sont, comme chacun sait, fréquents chez les sujets obèses, d’autant plus que l’obésité est importante. La prévalence du syndrome obésité-hypoventilation (SOH) augmente notablement avec l’index de masse corporelle (IMC). L’hypoventilation alvéolaire associée ou non à un SAOS augmente la mortalité et la morbidité de ces patients. Le diagnostic correct de ces deux entités est fondamental.

Le but de l’étude présentée par l’équipe de la Pitié-Salpêtrière était donc de voir si la polygraphie ventilatoire associée à une gazométrie au réveil permettait un diagnostic correct du SAOS et du SOH chez des sujets présentant une obésité morbide (IMC > 40 kg/m2).

Quarante sujets ayant un IAH supérieur à 30/h sur la PV et une gazométrie normale ont bénéficié d’une PSG avec capnographie transcutanée (PtcCO2). De façon surprenante, l’IAH-PV était supérieur à l’IAH-PSG (49,5 ±19/h versus 38,8 ± 26,5/h, p = 0,005). Quarante-quatre pour cent des patients avaient un IAH-PSG inférieur à 30/h. L’index de désaturation était aussi plus élevé sur la PV (62,1 ± 23,4 versus 49,6 ± 38,4). Trente-trois pour cent avaient une hypoventilation, la moitié d’entre eux avec un IAH inférieur à 30/h.

L’attitude diagnostique classique associant PV et gazométrie au réveil est donc remise en question par ce travail qui nécessite bien sûr d’être confirmé par un nombre plus important de patients. Les auteurs n’expliquaient pas pourquoi la PV entraînait un surdiagnostic de SAOS.

Recommander la PSG pour tous les patients obèses n’est probablement pas légitime, mais ce travail a le mérite de souligner la difficulté diagnostique chez ces patients. Dans l’avenir, il faudra probablement déterminer plus précisément la place de la PtcCO2 et bien sûr intégrer ces données à la symptomatologie des patients qui n’était pas rapportée ici.

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Sandrine Pontier, service de pneumologie et unité des soins intensifs, clinique des voies respiratoires, CHU Larrey, Toulouse

D’après la session B67 ; Perger, et al. Am J Respir Crit Care Med 2018 ; 197 : A3970

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La ventilation auto-asservie « FACE » au traitement des troubles respiratoires nocturnes chez l’insuffisant cardiaque

 

À l’occasion d’une session consacrée aux complications cardiovasculaires et à la mortalité des troubles respiratoires au cours du sommeil, R. Tamisier (Grenoble, France) a présenté les résultats intermédiaires de l’étude FACE.

Il s’agit d’une étude de cohorte multicentrique française dont l’objectif est d’évaluer la morbimortalité et la qualité de vie de patients insuffisants cardiaques stables, avec fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG) altérée ou préservée, porteurs de troubles respiratoires au cours du sommeil (SAS central prédominant ou associé à un SAOS (30 % des cas), traités ou non par ventilation auto-asservie (VAA), afin d’apporter des informations complémentaires à celles issues de l’étude SERVE-HF. Le critère principal de jugement était représenté par un score composite tenant compte des hospitalisations pour aggravation de l’état cardiaque, de la mortalité et de la survenue d’une transplantation ou l’implantation d’un système d’assistance ventriculaire. Alors que la première inclusion a eu lieu en 2009, 391 patients ont pu être inclus à ce jour, répartis en deux groupes en fonction de l’utilisation ou non de la VAA. Les résultats obtenus à deux ans (moyenne de suivi de 21,3 mois) confirment le puissant facteur de risque indépendant de l’hypoxie nocturne (HR = 12,03 ; p = 0,007). Par ailleurs, ils permettent de mettre en valeur le rôle bénéfique de la VAA dont l’utilisation était associée à un meilleur pronostic dans le sous-groupe des patients hypoxémiques nocturnes mais présentant une insuffisance cardiaque à FEVG préservée ou modérément réduite (comprise entre 40 et 49 %). Enfin, ils confirment les résultats de l’étude SERVE HF en révélant un pronostic plus sévère chez les patients présentant une insuffisance cardiaque ischémique à FEVG altérée.

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Jean-Claude Meurice, service de pneumologie, CHU de Poitiers, Poitiers

À partir de la communication de R. Tamisier (Grenoble) au cours du mini-symposium Sleep disorders breathing, cardiovascular disease, and mortality lors de la session A19 du 20 mai 2018.

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Numéro 143- Février 2018

Accès abonnés

 ÉDITORIAL
La SPLF : continuité, enjeux et défis. Nicolas Roche, François Chabot

VIE DE LA SOCIÉTÉ
Naissance du groupe de travail CP2 « Circulation
pulmonaire et interactions coeur-poumons ». Bouchra Lamia, David Montani, Olivier Sanchez
Groupe ALVÉOLE : le bilan 2017, Frédéric Costes

SANTÉ AU TRAVAIL
Syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil et travail à un poste de sécurité : le médecin du travail doit être partie prenante,
Mathilde Boulanger

DROIT ET SANTÉ
Télésuivi de l’observance des dispositifs à PPC dans la prise en charge du SAOS: le retour, Nicolas Postel-Vinay

EN PRATIQUE
Une exploration de la fonction respiratoire à l’effort : le test de stepper, Jean-Marie Grosbois
Limiter les dépenses sans nuire à la qualité des soins ? La campagne Choosing Wisely émet des recommandations, Philippe Eveillard

INITIATIVES
Motivation à la marche des patients BPCO : cherchons pneumologues pour remettre un document aux patients,
Nicolas Postel-Vinay, Bruno, Housset, Daniel Piperno, Alain Bernady, Nicolas Roche

CULTURE
Cancer : dessin d’un malaise, malaise d’un dessin, Jean-Pierre Orlando

VIGILANCE
Pictogrammes « Grossesse » sur la boîte de certains médicaments antiasthmatiques : une fausse bonne mesure des autorités
de santé ? — Prise de poids sous antihistaminiques — L’oséltamivir désormais copié : mais pour quoi faire ? — Budésonide et autres corticoïdes inhalés : troubles oculaires — Association ceftazidine 1 avibactam : nouvel antibiotique pour les infections compliquées, dont les pneumonies acquises sous ventilation mécanique — La solution injectable de Nebcine ne peut être inhalée, Nicolas Postel-Vinay, Philippe Eveillard

LU POUR VOUS
L’activité physique a un effet favorable sur la santé : même pour l’exercice lié au travail et cela quel que soit le revenu des pays, Jérémy Khau
Pompes à protons : trop de mauvaises habitudes, Nicolas Postel-Vinay
Bronchiolite : les épidémies se suivent et se ressemblent, Philippe Eveillard
Quel est l’impact de la PPC sur la réduction du risque cardiovasculaire ? Aucune, selon une récente méta-analyse
L’oxygénothérapie administrée de façon routinière pendant les décennies: il est grand temps que cela change ! Dany Baud

COMMUNIQUÉS DE PRESSE ET CONGRÈS
Gibiter® Easyhaler® : nouveau traitement de l’asthme et de la BPCO – Boehringer Ingelheim France lance une page Facebook : « la BPCO et moi » – Congrès de la SPLF: regards sur la BPCO et FPI

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Les “Big data” au service du syndrome d’apnées du sommeil

 

Les possibilités actuelles d’analyse de grandes masses de données selon le principe des “Big data” représentent une opportunité forte d’évaluations épidémiologiques auxquelles les troubles respiratoires au cours du sommeil n’ont pas échappé.

Au cours d’une session dédiée plus particulièrement à l’utilisation des “Big data” dans le syndrome d’apnées du sommeil (SAS), des messages importants ont été apportés concernant des données encore non explorées ou des résultats nécessitant confirmation. C’est ainsi qu’à partir d’une cohorte américaine reposant sur les données socio-économiques de plus de 170 000 patients porteurs d’un SAS traités par pression positive continue (PPC) 1, le quartile de plus faible revenu est apparu comme un facteur indépendant de plus faible observance vis-à-vis de la PPC (B coefficient -1,16; SE 0,08; p < 0,0001) persistant en analyse multivariée après ajustement sur l’âge, le sexe, l’ancienneté du traitement ou le type d’appareil. De même, à partir d’un échantillon de 1 577 000 femmes évaluées au cours d’une grossesse 2, il a été retrouvé un risque de développement d’un SAS chez 0,1 % d’entre elles, caractérisées par un âge et un tabagisme significativement plus important, et survenant plus particulièrement en cas d’état pré gravidique d’hypertension, de diabète de pathologie coronarienne ou d’insuffisance rénale chronique, indépendamment du poids maternel. Les complications survenant en rapport avec la présence du SAS étaient avant tout de nature cardiovasculaire à type de prééclampsie ou d’œdème pulmonaire à l’origine d’un séjour en unité de soins intensifs significativement plus fréquent (OR 4,64; 4,03 ; 5,35) et plus long (5,1 ± 5,6 j vs 3,0 ± 3,0, p < 0,001). Enfin, alors que l’on ne dispose que de peu de d’informations concernant l’émergence de complications cardiovasculaires associées aux troubles respiratoires survenant plus particulièrement au cours du sommeil paradoxal, l’analyse des données issues de la Sleep Heart and Health Study portant sur plus de 6 000 sujets 3 a permis de confirmer la plus grande mortalité, toutes causes confondues, chez ces patients, plus particulièrement chez les hommes d’âge < 70 ans, et dont l’index d’apnées hypopnées au cours du sommeil paradoxal était le plus élevé.

 

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Jean-Claude Meurice, CHU de Poitiers, Poitiers

D’après  la communications Big data comes to sleep medicine – Session B20 du 22 05 17.

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SAOS : savoir évoquer l’hypothèse d’une origine médicamenteuse

La liste des médicaments exposant à des apnées du sommeil cache des surprises.
Comme le rapporte la revue Prescrire 1 au cours des 37es Journées françaises de pharmacovigilance, il a été fait mention, entre autres, des notifications
d’effets indésirables médicamenteux concernant les apnées du sommeil.2À partir de la base de données de pharmacovigilance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Centre de pharmacovigilance (CRPV) de Toulouse a analysé plus de 5 000 observations de  syndrome d’apnées du sommeil d’origine centrale ou obstructive notifiées entre 1995 et 2015, considérées comme exploitables pour 3 325 d’entre elles, concernant des patients d’âge moyen de 51 ans. Moins de dix notifications appartiennent à la base de données française de pharmacovigilance. 3
Les médicaments impliqués sont très divers ; en premier lieu viennent les neuroleptiques (152 fois), les opioïdes (91 fois), les antiépileptiques (88 fois), les antidépresseurs (85 fois) et les benzodiazépines (65 fois). En dehors de leur effet dépresseur connu sur les centres respiratoires, certaines de ces drogues, notamment les neuroleptiques, peuvent entraîner des prises de poids importantes ayant pour conséquence des apnées
obstructives au cours du sommeil.
De façon plus inattendue, viennent ensuite les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), notamment le rofécoxib (ex Viox) retiré du marché en 2004
(637 fois) et à un degré moindre les autres AINS. Le mécanisme évoqué dans la genèse des apnées obstructives est l’oedème des voies aériennes supérieures provoqué par la rétention hydrosodée imputable à cette classe médicamenteuse.
De nombreux autres médicaments ont été mis en cause sans que le mode d’action ait été élucidé. Ce sont, notamment, les diphosphonates (176 fois), les anti-TNF alpha (144 fois) dont l’étanercept (fois), les interférons (134 fois), l’ésoméprazole (89 fois), la digoxine (82 fois), le natalizumab (70 fois).
En pratique, commente Prescrire, il faut penser à évoquer plus souvent qu’une origine médicamenteuse aux syndromes d’apnées du sommeil permet de rendre service aux patients. Notifier ces notifications aux centres régionaux de pharmacovigilance est important pour y voir plus clair.

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Dany Baud, hôpital Suisse, Paris

Info-Respiration N°138 Avril 2017

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