sommeil

Souriez si vous ronflez ! c’est pour une photo de détection de SAOS !

 

Si la reconnaissance faciale est de plus en plus utilisée dans des contextes judiciaires et/ou sécuritaires, elle peut aussi être mise à profit dans certaines situations pathologiques pour aider le diagnostic de maladies telles que le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS), selon la communication de Rong et collaborateurs (A1383).

Quel que soit le contexte, la reconnaissance faciale utilise deux concepts à la mode : les données massives (Big Data) et l’apprentissage profond (Deep Learning), pièce angulaire de l’intelligence artificielle. À partir d’un très grand nombre d’images enregistrant les données biométriques, notamment cranio-faciales, de 400 malades souffrant de ronflements nocturnes, Rong et coll. ont construit les algorithmes reliant les caractéristiques morphologiques des patients (rétroprognatisme, forme du cou) (figure) et l’existence d’un SAOS selon les critères polysomnographiques (PSG). Ces auteurs ont trouvé que 80 % des ronfleurs ont un SAOS confirmé par PSG. L’utilisation de l’algorithme basée sur la reconnaissance faciale par intelligence artificielle est fortement corrélée aux résultats de la PSG avec une sensibilité de 80 % et une spécificité de 91 %. Ces auteurs proposent donc cette nouvelle approche comme moyen non invasif et rapide pour détecter un SAOS.

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Anh Tuan Dinh-Xuan, service de physiologie-explorations fonctionnelles, hôpital Cochin, Paris

D’après la communication A1383 de Rong et coll. A screening test on the diagnosis of obstructive sleep apnea hypopnea syndrome (OSAHS) using facial recognition technology.

 

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Un risque cardiovasculaire post-anesthésique accru dans le syndrome d’apnées obstructives au cours du sommeil

Le syndrome d’apnées obstructives au cours du sommeil (SAOS) représente un facteur de risque de morbimortalité périopératoire, dont les mécanismes sont mal connus. La relation entre l’apparition d’une arythmie cardiaque et la présence de désaturations nocturnes pourrait être en cause.

 

C’est la raison pour laquelle l’équipe grenobloise a proposé la réalisation d’une étude prospective analysant les résultats d’un enregistrement ECG 12 voies effectué au cours de la première nuit et de la troisième nuit suivant une intervention urologique ou digestive sous anesthésie générale. Un enregistrement polysomnographique ainsi qu’une évaluation du score STOP-BANG étaient réalisés avant la chirurgie, ayant permis de sélectionner 120 patients avec un score ≥ 3 et un index de désaturations < 40/h (dont 24 % ne présentant pas de SAOS). Des phénomènes d’arythmie cardiaque (extrasystoles auriculaires ou ventriculaires, arythmie supraventriculaire) ont ainsi été retrouvés en relation avec des périodes d’hypoxémie nocturne au cours de la troisième nuit, par rapport à la nuit précédant l’intervention, chez tous les patients (1 [0 ; 4] vs 0 [0 ; 2], p = 0,04), mais plus particulièrement dans le groupe SAOS (1 [0 ; 4] vs 1 [0 ; 2], p = 0,02). Ces éléments sont survenus sans aggravation des troubles respiratoires au cours du sommeil.

Ainsi, la période postopératoire, et plus particulièrement au cours de la troisième nuit suivant une anesthésie générale, est marquée par une accentuation de l’influence de l’hypoxie nocturne sur la survenue de troubles de rythme cardiaque pouvant expliquer en partie la survenue, chez des patients SAOS, de complications cardiovasculaires sévères, justifiant pleinement le dépistage pré-anesthésique de ces patients à risque.

 

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Jean-Claude Meurice, service de pneumologie, CHU de Poitiers

À partir du poster (A2280) présenté dans la session A 69 « SRN, : what can we learn from clinical and epidemiological studies in sleep ? » du 19 05 19, par R Tamisier (Grenoble, France).

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Obésité morbide : PSG pour tous ?

Les troubles respiratoires du sommeil et, notamment, le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) sont, comme chacun sait, fréquents chez les sujets obèses, d’autant plus que l’obésité est importante. La prévalence du syndrome obésité-hypoventilation (SOH) augmente notablement avec l’index de masse corporelle (IMC). L’hypoventilation alvéolaire associée ou non à un SAOS augmente la mortalité et la morbidité de ces patients. Le diagnostic correct de ces deux entités est fondamental.

Le but de l’étude présentée par l’équipe de la Pitié-Salpêtrière était donc de voir si la polygraphie ventilatoire associée à une gazométrie au réveil permettait un diagnostic correct du SAOS et du SOH chez des sujets présentant une obésité morbide (IMC > 40 kg/m2).

Quarante sujets ayant un IAH supérieur à 30/h sur la PV et une gazométrie normale ont bénéficié d’une PSG avec capnographie transcutanée (PtcCO2). De façon surprenante, l’IAH-PV était supérieur à l’IAH-PSG (49,5 ±19/h versus 38,8 ± 26,5/h, p = 0,005). Quarante-quatre pour cent des patients avaient un IAH-PSG inférieur à 30/h. L’index de désaturation était aussi plus élevé sur la PV (62,1 ± 23,4 versus 49,6 ± 38,4). Trente-trois pour cent avaient une hypoventilation, la moitié d’entre eux avec un IAH inférieur à 30/h.

L’attitude diagnostique classique associant PV et gazométrie au réveil est donc remise en question par ce travail qui nécessite bien sûr d’être confirmé par un nombre plus important de patients. Les auteurs n’expliquaient pas pourquoi la PV entraînait un surdiagnostic de SAOS.

Recommander la PSG pour tous les patients obèses n’est probablement pas légitime, mais ce travail a le mérite de souligner la difficulté diagnostique chez ces patients. Dans l’avenir, il faudra probablement déterminer plus précisément la place de la PtcCO2 et bien sûr intégrer ces données à la symptomatologie des patients qui n’était pas rapportée ici.

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Sandrine Pontier, service de pneumologie et unité des soins intensifs, clinique des voies respiratoires, CHU Larrey, Toulouse

D’après la session B67 ; Perger, et al. Am J Respir Crit Care Med 2018 ; 197 : A3970

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La ventilation auto-asservie « FACE » au traitement des troubles respiratoires nocturnes chez l’insuffisant cardiaque

 

À l’occasion d’une session consacrée aux complications cardiovasculaires et à la mortalité des troubles respiratoires au cours du sommeil, R. Tamisier (Grenoble, France) a présenté les résultats intermédiaires de l’étude FACE.

Il s’agit d’une étude de cohorte multicentrique française dont l’objectif est d’évaluer la morbimortalité et la qualité de vie de patients insuffisants cardiaques stables, avec fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG) altérée ou préservée, porteurs de troubles respiratoires au cours du sommeil (SAS central prédominant ou associé à un SAOS (30 % des cas), traités ou non par ventilation auto-asservie (VAA), afin d’apporter des informations complémentaires à celles issues de l’étude SERVE-HF. Le critère principal de jugement était représenté par un score composite tenant compte des hospitalisations pour aggravation de l’état cardiaque, de la mortalité et de la survenue d’une transplantation ou l’implantation d’un système d’assistance ventriculaire. Alors que la première inclusion a eu lieu en 2009, 391 patients ont pu être inclus à ce jour, répartis en deux groupes en fonction de l’utilisation ou non de la VAA. Les résultats obtenus à deux ans (moyenne de suivi de 21,3 mois) confirment le puissant facteur de risque indépendant de l’hypoxie nocturne (HR = 12,03 ; p = 0,007). Par ailleurs, ils permettent de mettre en valeur le rôle bénéfique de la VAA dont l’utilisation était associée à un meilleur pronostic dans le sous-groupe des patients hypoxémiques nocturnes mais présentant une insuffisance cardiaque à FEVG préservée ou modérément réduite (comprise entre 40 et 49 %). Enfin, ils confirment les résultats de l’étude SERVE HF en révélant un pronostic plus sévère chez les patients présentant une insuffisance cardiaque ischémique à FEVG altérée.

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Jean-Claude Meurice, service de pneumologie, CHU de Poitiers, Poitiers

À partir de la communication de R. Tamisier (Grenoble) au cours du mini-symposium Sleep disorders breathing, cardiovascular disease, and mortality lors de la session A19 du 20 mai 2018.

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Numéro 139 – juin 2017

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ÉDITORIAL
Le nudging : une nouvelle façon de penser l santé publique ? Daniel Piperno

VIE DE LA SOCIÉTÉ
Rapports d’activité 2016 des groupes de travail : Groupe Alvéole, Sandrine Steliadines ; GREPI, Anne Bergeron ; GTK, Olivier Contal ; G-ÉCHO, Gilles Mangiapan

ENSEIGNEMENT
Réforme du troisième cycle des études médicales : un progrès certain mais des difficultés prévisibles dans la mise en oeuvre, Thierry Chinet
L’allergologie ? Désormais une spécialité médicale universitaire, Pascal Demoly

E-SANTÉ/TÉLÉMÉDECINE
Analyser son sommeil avec son smartphone et un traceur d’activité : une initiative à dormir debout ? Nicolas Postel-Vinay, Marie Pia D’ortho
Télésuivi des maladies chroniques : vers une recommandation d’un seuil minimal d’utilisation des dispositifs médicaux ? Nicolas Postel-Vinay
Recruter les patients dans les essais cliniques : s’aider du numérique via le « e-recrutement », Philippe Eveillard

NTIC
ADEL Santé et Somrespir : une expérimentation de télémédecine soutenue par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, Daniel Piperno,
Marie-Laure Pallier
La révolution de la e-santé, Nicolas Postel-Vinay

EN PRATIQUE
Déficit en alpha-1 antitrypsine : nouvelles recommandations plus adaptées à la pratique, Fabrice Piegay

CULTURE
Le printemps, cette saison qu’on a parfois dans le nez, Jean-Pierre Orlando
Les chercheurs sont des artistes : quand les images donnent à penser. Et inversement, Étienne Lemarié

VIGILANCE
Traitement du cancer pulmonaire non à petites cellules métastatiques : le pembrolizumab en première ligne, — Mydriase et dispositifs transdermiques de
scopolamine : un effet secondaire qu’il faut avoir à l’oeil, Dany Baud
Auto-injecteur d’adrénaline Auvi-Q à nouveau disponible aux États-Unis, — Tuberculose pulmonaire multirésistante, savoir parfois jouer la carte du delamanide avec une surveillance cardiaque, — Selexipag : une mortalité supérieure au placebo ? Oui ? Non ? Nicolas Postel-Vinay

 LA FRANCOPHONIE
Québec 2017 : la grande transatlantique de la pneumologie francophone…, Louis-Philippe Boulet, Bernard Pigearias, Elyse Bissonnette, Ali Benkheder,
Claude Poirier

LU POUR VOUS
ACOS or not ACOS ?, Daniel Piperno
Analyse de la mortalité par cause, et si la pondération redistribuait les cartes ?,
Alexis Ferre

 

ENCADRES

Mission du congrès de l’ATS
Les petites annonces
Un lit de malade, six pieds de long

COMMUNIQUÉS DE PRESSE
Asthm’Activ, nouvelle application mobile gratuite pour aider les patients asthmatiques et leur médecin à mieux gérer leur maladie – Vaincre la mucoviscidose lance Cap 2020 pour « faire gagner la vie ». – Coup d’envoi de la 33e édition des Virades de l’espoir, dimanche 24 septembre 2017 – Un nouveau souffle pour bpco.org – De l’asthme difficile à l’asthmesévère, dans la pratique clinique n Allergies – 3,2,1, prévention ! – Transplantation e médecine connectée : un accord entre Chiesi et Molecular Warehouse dans le suivi du risque de rejet – Traitement Trimbow® : premier inhalateur triple association dans la BPCO

 

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Étude Serve-HF : vers une explication des résultats négatifs de la ventilation auto-asservie ?

Un sous-groupe de patients ayant participé à l’étude Serve-HF a fait l’objet d’une analyse rétrospective des caractéristiques initiales de la respiration de Cheyne-Stokes (RCS), lors de l’enregistrement polysomnographique d’inclusion dans l’étude.

L’objectif principal de cette étude rétrospective était d’évaluer les possibilités d’utiliser une méthode automatisée d’analyse de la longueur du cycle, du délai circulatoire et du délai d’apparition du pic ventilatoire de la RCS chez les patients ayant présenté une complication entrant dans le cadre du critère principal d’évaluation de l’étude Serve-HF (critère composite associant le décès toute cause confondue, une intervention de sauvetage cardiovasculaire ou une hospitalisation non programmée pour aggravation de l’insuffisance cardiaque).

Deux cent quatre-vingt patients ont été intégrés dans cette analyse (139 contrôles ; 141 sous ventilation auto-asservie [VAA]), sans différence initialement entre les deux groupes en termes de caractéristiques de la RCS. En revanche, indépendamment du groupe de randomisation initiale, la longueur des cycles de RCS a été retrouvée significativement plus importante chez les patients ayant présenté un des évènements composant le critère principal de jugement (n = 129), par rapport aux patients indemnes vis-à-vis de ce critère (n = 151) (60,1 ± 20,4 sec vs 52,8 ± 16,3 sec [p < 0.001]).

Ces résultats permettraient d’envisager les résultats de l’étude Serve-HF sous un angle nouveau avec l’objectif de rechercher des éléments prédictifs d’une mauvaise réponse à la VAA en fonction de données (biomarqueurs, données échographiques…) associées à ces caractéristiques de RCS pouvant faire évoquer une moins bonne tolérance vis-à-vis de cette ventilation.

 

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Jean-Claude Meurice, CHU de Poitiers, Poitiers

À partir de la communication : Cheyne-Stokes respiration characteristics in systolic heart failure patients experiencing a primary endpoint event. A Serve-HF substudy analysis, présentée par F. Javed, et al. Am J Respir Crit Care Med 2017 ; 195 : A4672.

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Les “Big data” au service du syndrome d’apnées du sommeil

 

Les possibilités actuelles d’analyse de grandes masses de données selon le principe des “Big data” représentent une opportunité forte d’évaluations épidémiologiques auxquelles les troubles respiratoires au cours du sommeil n’ont pas échappé.

Au cours d’une session dédiée plus particulièrement à l’utilisation des “Big data” dans le syndrome d’apnées du sommeil (SAS), des messages importants ont été apportés concernant des données encore non explorées ou des résultats nécessitant confirmation. C’est ainsi qu’à partir d’une cohorte américaine reposant sur les données socio-économiques de plus de 170 000 patients porteurs d’un SAS traités par pression positive continue (PPC) 1, le quartile de plus faible revenu est apparu comme un facteur indépendant de plus faible observance vis-à-vis de la PPC (B coefficient -1,16; SE 0,08; p < 0,0001) persistant en analyse multivariée après ajustement sur l’âge, le sexe, l’ancienneté du traitement ou le type d’appareil. De même, à partir d’un échantillon de 1 577 000 femmes évaluées au cours d’une grossesse 2, il a été retrouvé un risque de développement d’un SAS chez 0,1 % d’entre elles, caractérisées par un âge et un tabagisme significativement plus important, et survenant plus particulièrement en cas d’état pré gravidique d’hypertension, de diabète de pathologie coronarienne ou d’insuffisance rénale chronique, indépendamment du poids maternel. Les complications survenant en rapport avec la présence du SAS étaient avant tout de nature cardiovasculaire à type de prééclampsie ou d’œdème pulmonaire à l’origine d’un séjour en unité de soins intensifs significativement plus fréquent (OR 4,64; 4,03 ; 5,35) et plus long (5,1 ± 5,6 j vs 3,0 ± 3,0, p < 0,001). Enfin, alors que l’on ne dispose que de peu de d’informations concernant l’émergence de complications cardiovasculaires associées aux troubles respiratoires survenant plus particulièrement au cours du sommeil paradoxal, l’analyse des données issues de la Sleep Heart and Health Study portant sur plus de 6 000 sujets 3 a permis de confirmer la plus grande mortalité, toutes causes confondues, chez ces patients, plus particulièrement chez les hommes d’âge < 70 ans, et dont l’index d’apnées hypopnées au cours du sommeil paradoxal était le plus élevé.

 

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Jean-Claude Meurice, CHU de Poitiers, Poitiers

D’après  la communications Big data comes to sleep medicine – Session B20 du 22 05 17.

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SAOS : savoir évoquer l’hypothèse d’une origine médicamenteuse

La liste des médicaments exposant à des apnées du sommeil cache des surprises.
Comme le rapporte la revue Prescrire 1 au cours des 37es Journées françaises de pharmacovigilance, il a été fait mention, entre autres, des notifications
d’effets indésirables médicamenteux concernant les apnées du sommeil.2À partir de la base de données de pharmacovigilance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Centre de pharmacovigilance (CRPV) de Toulouse a analysé plus de 5 000 observations de  syndrome d’apnées du sommeil d’origine centrale ou obstructive notifiées entre 1995 et 2015, considérées comme exploitables pour 3 325 d’entre elles, concernant des patients d’âge moyen de 51 ans. Moins de dix notifications appartiennent à la base de données française de pharmacovigilance. 3
Les médicaments impliqués sont très divers ; en premier lieu viennent les neuroleptiques (152 fois), les opioïdes (91 fois), les antiépileptiques (88 fois), les antidépresseurs (85 fois) et les benzodiazépines (65 fois). En dehors de leur effet dépresseur connu sur les centres respiratoires, certaines de ces drogues, notamment les neuroleptiques, peuvent entraîner des prises de poids importantes ayant pour conséquence des apnées
obstructives au cours du sommeil.
De façon plus inattendue, viennent ensuite les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), notamment le rofécoxib (ex Viox) retiré du marché en 2004
(637 fois) et à un degré moindre les autres AINS. Le mécanisme évoqué dans la genèse des apnées obstructives est l’oedème des voies aériennes supérieures provoqué par la rétention hydrosodée imputable à cette classe médicamenteuse.
De nombreux autres médicaments ont été mis en cause sans que le mode d’action ait été élucidé. Ce sont, notamment, les diphosphonates (176 fois), les anti-TNF alpha (144 fois) dont l’étanercept (fois), les interférons (134 fois), l’ésoméprazole (89 fois), la digoxine (82 fois), le natalizumab (70 fois).
En pratique, commente Prescrire, il faut penser à évoquer plus souvent qu’une origine médicamenteuse aux syndromes d’apnées du sommeil permet de rendre service aux patients. Notifier ces notifications aux centres régionaux de pharmacovigilance est important pour y voir plus clair.

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Dany Baud, hôpital Suisse, Paris

Info-Respiration N°138 Avril 2017

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