
La session Asthme du dimanche 26 janvier a discuté les données d’utilisation du benralizumab en vie réelle, chez des patients asthmatiques sévères suivis dans la cohorte RAMSES. Camille Tailé a présenté une analyse spécifique de l’évolution de 272 patients ayant initié un traitement par benralizumab entre l’initiation et 12 mois .
Profil des patients et résultats du suivi sous benralizumab dans la cohorte RAMSES
La cohorte RAMSES avait inclus 2043 patients atteints d’asthme sévère. Les patients ayant initié un traitement par benralizumab dans cette cohorte (272 patients) présentaient des caractéristiques classiques des populations asthmatiques sévères. L’âge médian était de 53 ans, avec une légère prédominance féminine. La majorité des cas concernait des asthmes de l’adulte, avec une proportion notable d’anciens fumeurs. Les comorbidités étaient fréquentes, notamment l’obésité (29 %), le reflux gastro-œsophagien (31 %) et le syndrome d’apnées du sommeil. Une particularité importante était l’atteinte ORL : 74,2 % des patients présentaient une rhinosinusite chronique et 54,1 % une polypose nasosinusienne associée, ce qui reflète probablement un biais de prescription en faveur du benralizumab. Par ailleurs, 24% des patients étaient sous traitement par corticostéroïdes oraux (CSO), dose moyenne 20mg/j.
Parmi ces patients, 37,5 % ont arrêté le traitement, principalement en raison d’un « échec » thérapeutique tel qu’évalué par les investigateurs. Le taux de maintien était de 86,8 % des patients à six mois, et de 71,3 % à douze mois
Efficacité globale
Le nombre moyen d’exacerbations annuelles est passé de 3,3 avant l’initiation du traitement (T0) à 0,7 après 12 mois (T12). À cette même échéance, la proportion de patients sans aucune exacerbation a augmenté de 23,7 % à 69,1 %. De même, les visites aux urgences pour asthme ont diminué de manière significative, passant de 28,9 % des patients à T0 à 7,2 % à T12. L’amélioration du contrôle de l’asthme a également été notable : le score ACT moyen a progressé de 14 à 19, et la proportion de patients avec un asthme bien contrôlé (ACT ≥20) a triplé, passant de 16,3 % à 48,1 %.
Les fonctions respiratoires se sont également améliorées de manière significative. Le VEMS pré-bronchodilatateur moyen est passé de 2068,1 mL à T0 à 2288,1 mL à T12, représentant une augmentation notable. Par ailleurs, une amélioration du VEMS d’au moins 10 % a été observée chez 49,3 % des patients, et d’au moins 20 % chez 29 % des patients.
Résultats dans le sous-groupe ORL
Les patients présentant des comorbidités ORL, telles que la rhinosinusite chronique ou la polypose naso-sinusienne, ont également tiré des bénéfices du benralizumab. Une réduction significative des symptômes ORL a été observée, avec une diminution de plus de 9 points du score SNOT-22 chez 52,6 % des patients. Chez les patients cortico-dépendants, une réduction des doses de corticostéroïdes oraux a également été notée.
Tolérance
Le profil de tolérance du benralizumab s’est révélé bon, sans signal de sécurité inattendu au cours des 12 mois de suivi, confirmant les données des essais cliniques précédents.
À retenir
Les résultats de la cohorte RAMSES confirment l’efficacité du benralizumab en vie réelle après 12 mois de traitement, avec une réduction marquée des exacerbations, une amélioration du contrôle de l’asthme et des fonctions respiratoires, et des bénéfices spécifiques chez les patients avec comorbidités ORL, tout en mettant en évidence son bon profil de tolérance.
Camille ROLLAND DEBORD, service de pneumologie, CHU de Clermont-Ferrand
D’après l’affiche discussion 104 « Efficacité de benralizumab dans l’asthme sévère en vie réelle : mise à jour des données de suivi à 12 mois en France dans la cohorte d’asthme sévère RAMSES » présentée par Camille Taillé et coll., session « AD05 – Asthme » du dimanche 26 janvier 2025



