Profils de dépôt pulmonaire in silico de trois triples thérapies, évalués à faible débit inspiratoire à l’imagerie fonctionnelle respiratoire

Les patients atteints de BPCO, notamment ceux présentant des obstructions bronchiques sévères ou les patients âgés, rencontrent souvent des difficultés à utiliser des inhalateurs nécessitant un débit inspiratoire élevé. Les dispositifs à poudre sèche (DPI), qui demandent une inspiration suffisamment forte pour désagréger la poudre en particules, peuvent être moins adaptés à ces patients. À l’inverse, les aérosol-doseurs pressurisés (pMDI) constituent une alternative plus accessible grâce à leur fonctionnement indépendant du débit inspiratoire.

Une étude précédente avait montré qu’à un débit inspiratoire élevé (69 L/min), le dépôt pulmonaire in silico était supérieur avec le budésonide/glycopyrronium/formotérol (BGF) par rapport au furoate de fluticasone/umeclidinium/vilanterol (FF/UMEC/VI).

Les caractéristiques de dépôt pulmonaire, tant total que régional, varient selon les formulations médicamenteuses, même lorsqu’elles sont administrées via des dispositifs similaires. Ces différences peuvent influencer l’efficacité clinique et justifient l’évaluation comparative des dispositifs et des médicaments.

Comparaison du dépôt pulmonaire de 3 triples thérapies à faible débit inspiratoire

L’étude présentée au CPLF visait à comparer les profils de dépôt pulmonaire de trois triples thérapies fixes administrées via deux pMDI et un DPI :

  • BGF (budésonide/glycopyrronium/formotérol) – pMDI,
  • BDP/G/F (béclométasone/glycopyrronium/formotérol extrafin) – pMDI,
  • FLU/UMEC/VI (fluticasone/uméclidinium/vilanterol) – DPI.

L’imagerie fonctionnelle respiratoire (IFR), méthode in silico basée sur la dynamique des fluides appliquée à l’anatomie des voies aériennes, a été utilisée pour modéliser le dépôt pulmonaire à un débit inspiratoire de 30 L/min. Des modélisations tridimensionnelles des voies aériennes ont été construites à partir des données tomodensitométriques de 20 patients atteints de BPCO (9 femmes, 11 hommes ; âge moyen : 64,89 ans ; VEMS moyen : 47,36 % de la valeur théorique).

Le dépôt pulmonaire total, ainsi que les dépôts dans les voies aériennes proximales et distales, ont été évalués pour chaque composant des trois triples thérapies. Ces résultats ont été exprimés en pourcentage de la dose délivrée correspondant à :

  • 2 inhalations de BGF pMDI (160/7,2/5 μg),
  • 2 inhalations de BDP/G/F pMDI (87/9/5 μg),
  • 1 inhalation de FLU/UMEC/VI DPI (92/55/22 μg).

Des simulations de dépôt pulmonaire ont été réalisées en tenant compte de la distribution aérodynamique de la taille des particules in vitro pour chaque dispositif, à un débit inspiratoire moyen de 30 L/min.

Des dépôts plus élevés avec l’association budésonide/glycopyrronium/formotérol par pMDI

Le dépôt pulmonaire total était significativement plus élevé pour la triple thérapie BGF (54,8 % – 57,7 %) que pour BDP/G/F (38,6 % – 40,5 %) et FLU/UMEC/VI (24,0 % – 36,1 %).Dans les voies aériennes proximales, BGF a montré un dépôt supérieur pour ses trois composants (23,3 %-24,8 %) comparé à BDP/G/F (12,8 %-13,4 %) et FLU/UMEC/VI (13,4 %-18,1 %).

Dans les voies aériennes distales, les deux pMDI ont présenté un dépôt plus important pour les corticostéroïdes inhalés par rapport au DPI. Parmi les dispositifs étudiés, BGF a obtenu le dépôt distal le plus élevé (31,2 %), suivi de BDP/G/F (26,5 %) et FLU/UMEC/VI (10,6 %).

Dépôts de corticoïdes (ICS), de β2-mimétiques à longue durée d’action (LABA) et d’anticholinergique de longue durée d’action (LAMA) à l’imagerie fonctionnelle respiratoire pour 3 triples thérapies fixes : fluticasone/uméclidinium/vilanterol (FLU/UMEC/VI) par DPI, budésonide/glycopyrronium/formotérol (BGF) par pMDI, et béclométasone/glycopyrronium/formotérol extrafin (BDP/G/F) par pMDI
 

Conclusion

À un débit inspiratoire faible, BGF a démontré un dépôt pulmonaire total, proximal et distal supérieur par rapport à FLU/UMEC/VI et BDP/G/F, suggérant un avantage potentiel des pMDI, en particulier pour les patients ayant une capacité inspiratoire réduite.

Le dépôt pulmonaire total de BGF était environ 1,8 fois supérieur à celui de FLU/UMEC/VI et 40 % supérieur à celui de BDP/G/F. Concernant les voies aériennes distales, le dépôt de BGF était environ 2 fois plus élevé que celui de FLU/UMEC/VI et 20 % plus élevé que celui de BDP/G/F, avec une différence marquée pour les corticostéroïdes inhalés (3 fois plus pour BGF comparé à FLU/UMEC/VI).

Cependant, des études cliniques supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si ces différences de dépôt pulmonaire influencent les résultats cliniques, tels que la réduction des exacerbations et l’amélioration de l’efficacité thérapeutique.


D’après le poster 434 « Profils de dépôt pulmonaire in silico de trois triples thérapies à inhalateur unique évalués à l’aide de l’imagerie fonctionnelle respiratoire (IFR) à un faible débit inspiratoire » présenté par Nicolas Roche et coll., session de poster PO18 « BPCO : traitement, biologie » du dimanche 26 janvier 2025

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