
La qualité du sommeil en réanimation est un facteur associé à une augmentation de la morbi-mortalité, avec notamment difficultés de sevrage ventilatoire, survenue de délirium et augmentation de la consommation de médicaments, en particulier sédatifs. Si certains facteurs perturbateurs sont difficiles à éviter, d’autres sont facilement modifiables comme le bruit, la lumière, mais aussi les soins prodigués au patient.
L’équipe de Poitiers a réalisé une étude prospective évaluant l’impact d’un monitoring du sommeil en temps réel chez des patients de réanimation non sédatés, en comparant une période « avant » (pas de monitoring du sommeil, soins planifiés toutes les 4 heures) et « après » (monitoring en continu avec périodes de soins respectant le sommeil du patient). Trente patients (conscients, non sédatés) ont été inclus dans chaque groupe et étaient comparables en termes d’âge, de sexe et d’index de gravité. Le motif d’hospitalisation principal était l’insuffisance respiratoire aiguë (67% dans le groupe « avant » versus 60% dans le groupe « après »). Un tiers des patients dans chaque groupe était sous ventilation non invasive. Le sommeil était enregistré en continu de 19h à 7h du matin avec un mini-polysomnographe. Le signal enregistré était envoyé sur une tablette positionnée à l’extérieur de la chambre permettant une classification simple des patients entre « patient éveillé » (pour lequel l’équipe pouvait entrer dans la chambre et réaliser les soins) et « patient endormi » (pour lequel l’équipe devait décaler les soins non urgents).
L’objectif principal (temps de sommeil continu : périodes de sommeil > 10 mn) n’était pas différent entre les 2 groupes. Néanmoins, en excluant les patients n’ayant eu aucune période de sommeil de plus de 10 mn (4 patients dans le groupe « avant » et 10 patients dans le groupe « après »), le temps total de sommeil (TTS) était significativement plus élevé dans le groupe monitoré (276 mn [214 – 345]) vs groupe standard (183 mn [142 – 243]). Le nombre d’entrées dans la chambre par le personnel était comparable dans les 2 groupes (26 [20 – 32] vs 23 [16-3]), mais se faisait plus souvent chez un patient endormi dans le groupe non monitoré (22%, [4-32]) que dans le groupe monitoré vs 6% (0-13 ; p=0,015). Le temps de sommeil profond était par ailleurs doublé dans le groupe monitoré (101 mn vs 40mn ; p = 0,0137).
Cette étude monocentrique souligne qu’une évaluation relativement simple du sommeil en continu permet d’adapter les soins et d’améliorer la qualité et la quantité de sommeil du patient en réanimation. L’évaluation de l’impact de cette action sur la durée de séjour et la consommation médicamenteuse serait intéressante.
Sandrine Pontier-Marchandise, Service de Pneumologie et unité des soins intensifs– Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, TSA 30030, 31059 Toulouse Cedex 9
D’après la communication de Drouot X, et al. Real time sleep monitoring improves sleep in critically ill. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A1060 (session A20)



