Cigarette électronique, effets respiratoires du cannabis, mise au point

Cette session avait pour but de faire un état des lieux sur la situation actuelle du sevrage tabagique dans l’espace francophone et sur la cigarette électronique

Sevrage tabagique et cigarette électronique: où en est-on ?

Arrêter de fumer a plusieurs avantages notamment la diminution du risque de maladies cancéreuses et non cancéreuses. L’intérêt de l’utilisation des cigarettes électroniques dans le sevrage tabagique reste débattu.

Certaines études ont montré un taux élevé d’arrêt de tabac après utilisation de la cigarette électronique avec nicotine versus substituts nicotiniques seuls. Il est important de noter que les cigarettes électroniques sans nicotine ont un faible taux d’efficacité.

Le problème est que 45% des utilisateurs de cigarettes électroniques deviennent des vapofumeurs. Les études montrent aussi que ces patients suivis à long terme rechutent.

Est-ce que le fait de diminuer la consommation de tabac avec l’utilisation de cigarette électronique réduirait le risque de développer des maladies? Il semble que les risques de l’association cigarette électronique-tabac demeurent les mêmes que la consommation exclusive de tabac. Plusieurs études montrent des risques de maladies vasculaires et respiratoires liés à l’utilisation exclusive de cigarettes électroniques. Il n’existe donc pas de certitudes formelles sur le bénéfice des cigarettes électroniques dans le sevrage tabagique. Proposer à la population générale l’usage de la cigarette électronique pour arrêter de fumer présente le risque d’induire un usage double chez nombre de fumeurs.

D’après la session Tabac et toxiques inhalés : Sevrage tabagique et cigarette électronique: où en est-on ? Yves MARTINET, France

Cannabis et impact respiratoire, que faut-il savoir ?

Le cannabis est la substance psychoactive la plus consommée après le tabac et la substance illicite la plus consommée dans le monde.

La technique d’inhalation d’un joint de cannabis diffère d’une cigarette de tabac dans le sens qu’avec le joint, le fumeur augmente le volume des bouffées, l’inhalation est plus rapide et plus profonde, l’apnée est plus fréquente en fin d’inhalation. La conséquence est l’augmentation du temps de contact entre la fumée de cannabis et la muqueuse bronchique. Les composants issus de la combustion du cannabis sont plus irritants que le tabac et augmentent le risque de développer une bronchite chronique. La consommation de cannabis présente également des facteurs de risque d’infections pulmonaires. Les résultats des études épidémiologiques sont par contre discordants sur les liens entre consommation de cannabis et cancer bronchique mais elle serait fortement suspectée en raison des composants de la fumée inhalée. Le réel problème est la co-consommation tabac-cannabis qui rend difficile la mise en évidence du risque spécifique au cannabis.

Dans tous les cas le repérage d’une consommation de cannabis doit être systématique à l’interrogatoire et il ne faut pas hésiter à informer les patients des risques encourus et leur recommander l’arrêt.

D’après la session Tabac et toxiques inhalés : Cannabis et impact respiratoire, que faut-il savoir ? Hicham AFIF,Maroc  Session 12

Edem Kunakey, Service de Pneumologie, CHU de la Guadeloupe


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