

La session consacrée aux infections pulmonaires à mycobactéries non tuberculeuses (MNT) a abordé plusieurs questions essentielles pour la pratique clinique : quand initier un traitement, comment suivre la réponse et la progression de la maladie, et enfin combien de temps doit durer la thérapie.
Les débats ont dépassé les recommandations internationales publiées en 2020, en intégrant les avancées récentes en matière de biomarqueurs, d’immunologie et de stratégies thérapeutiques.
Les données actuelles confirment que l’initiation précoce ne doit pas être systématique : une surveillance attentive peut être préférable en cas de maladie paucisymptomatique, afin d’éviter les effets indésirables d’une antibiothérapie. Les critères guidant la décision incluent l’aggravation radiologique, la persistance de la charge bactérienne dans les expectorations et surtout l’impact clinique. La littérature récente insiste sur l’importance d’une approche individualisée tenant compte du profil du patient et du risque d’évolution irréversible de la maladie.
Les recherches récentes souligfnent l’influence de facteurs immunogénétiques et environnementaux : anomalies de l’immunité (défauts de l’interféron gamma ou de l’IL-12) et même le rôle du microbiote respiratoire. Ces données ouvrent la voie à des approches dites « host-directed therapies » visant à renforcer la réponse immunitaire de l’hôte, à moduler l’inflammation excessive ou à restaurer un équilibre microbien protecteur.
Au-delà des critères cliniques classiques et des examens d’imagerie, de nouveaux biomarqueurs sont en cours d’évaluation. Parmi eux, la quantification de l’ADN mycobactéries circulant, les profils transcriptomiques sanguins ainsi que des signatures inflammatoires spécifiques semblent prometteuses pour évaluer l’activité de la maladie et prédire la réponse au traitement. Ces outils pourraient permettre à l’avenir d’ajuster plus finement les schéma thérapeutiques.
Enfin, les recommandations préconisent encore une antibiothérapie prolongée d’au moins 12 mois après négativation des cultures. Cependant des données récentes suggèrent que, dans certains cas, une durée de traitement plus courte pourrait être efficace, mais ces données ne sont pas généralisables.
Louise Bondeelle, service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse
D’après la session 83 de dimanche 28 septembre : Treatment decisions in non-tuberculous mycobacteria lung disease: when to start, when to (de)escalate and when to stop?
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